L’appel de phares est le fait d’utiliser brièvement ses feux de route (les grands feux) par une ou deux impulsions. C’est un moyen rapide et efficace de communiquer avec les autres. Le Code de la route n’utilise pas cette expression courante mais on le retrouve sous une autre forme: l’emploi court et alterné des feux de route et des feux de croisement.

❖ Les cas autorisés

Il y a deux références au Code de la route:

  • la nuit, en remplacement au klaxon afin d’éviter un accident ou avertir d’un dépassement hors agglo (cf. CdR, art. 33.3)
  • annoncer au conducteur d’en face qu’il vous éblouit avec ses feux de route (indirectement à l’art 30.1.1°.a) du CdR)

❖ Les cas pratiques

En dehors de ces cas réglementés, de nombreux conducteurs utilisent l’appel de phare comme bon leur semble. Que ce soit pour faire réagir le conducteur peu réactif à un feu passé au vert ou pour laisser la priorité à un autre automobiliste par courtoisie. Les gens pressés ont souvent la gâchette facile. Sur autoroute, placé sur la bande rapide, ils n’hésitent pas à faire un appel de phare au conducteur de devant, pour lui faire comprendre qu’il gêne, même si celui-ci roule à la vitesse maximale autorisée. Autrefois, on se limitait à mettre son clignotant gauche pour manifester son intention de rouler plus vite.

On pourrait ajouter le fait d’annoncer son arrivée dans un carrefour serré ou un virage de nuit. Cela permet de signaler sa présence à un véhicule éventuel venant en sens inverse. Une habitude pro-active qui vise avant tout la sécurité routière. Enfin, un cas fréquent est de faire un appel de phare à un conducteur qui roule tous feux éteints. Si les autres vous font un appel, c’est sans doute que vous n’avez pas activé vos feux de nuit.

❖ Avertir d’un contrôle de police

Dans le passé, il était assez courant d’être alerté d’un barrage policier proche ou d’un radar. Une personne de mauvaise foi pouvait toujours prétendre que cette pratique n’est pas interdite. De jour, on PEUT utiliser ses feux de croisement ou de route. De nuit, on DOIT. Dans certaines circonstances clairement définies dans le Code de la route (usager éblouit venant en sens inverse, suivre un autre véhicule à moins de 50 m, éclairage de la chaussée continu suffisant), les feux de route doivent être éteints et remplacés par les feux de croisement en référence à l’article 30.1. C’est tiré par les cheveux, d’autant plus que les contrôles ont souvent lieu dans des endroits éclairés où l’usage de grands feux n’est pas autorisé. Au-delà de l’anecdote, vous ne rendez pas service à la société ! La répression ne sert pas uniquement à faire rentrer de l’argent dans les poches de l’État mais aussi à faire face à des dangers potentiels. Peut-être pensez-vous aider votre prochain en lui épargnant une prune, mais connaissez-vous seulement les autres conducteurs et leurs intentions ? Sans tomber dans la paranoïa, les autres ne sont pas tous des moutons blancs. Imaginez un conducteur complètement ivre ou sous l’effet de drogues faire demi-tour grâce à votre avertissement. Que dire du fou de la vitesse qui roule sans assurance ou sans permis suite à une déchéance. Ça vous dirait de le croiser, histoire de faire connaissance ? On peut encore citer les personnes recherchées par la police comme les prisonniers en fuite ou les rapts d’enfants. Les contrôles servent aussi à sauver des vies. Ne l’oubliez pas !