Petite anecdote, on ne trouve pas cette locution dans le Code de la route. Dans le jargon, on parle de feux et plus précisément de l’emploi court et alterné des feux de route et des feux de croisement. Belle circonvolution. La réglementation nous dit quand utiliser ses feux, ses indicateurs de directions, son klaxon… mais rien sur l’appel de phares. On peut néanmoins trouver des traces.

  • la nuit, en remplacement au klaxon afin d’éviter un accident ou avertir d’un dépassement hors agglo (cf. CdR, art. 33.3)
  • annoncer au conducteur d’en face qu’il vous éblouit avec ses feux de route (indirectement à l’art 30.1.1°.a) du CdR)

On pourrait ajouter le fait d’annoncer son arrivée dans un virage de nuit. Cela permet de signaler sa présence à un véhicule éventuel venant en sens inverse. Une habitude pro-active qui vise avant tout la sécurité routière.

En dehors de ces cas réglementés, de nombreux conducteurs utilisent l’appel de phare comme bon leur semble. Que ce soit pour faire réagir le conducteur peu réactif à un feu passé au vert ou pour laisser la priorité à un autre automobiliste. Plus fâcheux, ils ont pris l’habitude de prévenir les conducteurs venant en sens inverse de la présence d’un radar ou d’un contrôle routier. La personne de mauvaise foi peut toujours prétendre que cette pratique n’est pas interdite. De jour, on PEUT utiliser ses feux de croisement ou de route. De nuit, on DOIT. Dans certaines circonstances clairement définies dans le Code de la route (usager éblouit venant en sens inverse, suivre un autre véhicule à moins de 50 m, éclairage de la chaussée continu suffisant), les feux de route doivent être éteints et remplacés par les feux de croisement en référence à l’article 30.1. La police peut donc imposer une PI de 116 € en raison de l’éblouissement des conducteurs venant en sens inverse. J’avoue que c’est un peu tiré par les cheveux. Un appel de phare est bien différent d’un passage de feux de route aux feux de croisement.

Au-delà de ce détail théorique, vous ne rendez pas service à la société ! La répression ne sert pas uniquement à faire rentrer de l’argent dans les poches de l’État mais aussi à faire face à des dangers potentiels. Peut-être pensez-vous faire un acte de bravoure, mais connaissez-vous seulement les autres conducteurs et leurs intentions ? Sans tomber dans la paranoïa, les autres ne sont pas tous des saints. Imaginez un conducteur complètement ivre ou sous l’effet de drogues faire demi-tour grâce à votre avertissement. Que dire du fou de la vitesse qui roule sans assurance ou sans permis suite à une déchéance. Ça vous dirait de le croiser, histoire de faire connaissance ? On peut encore citer les personnes recherchées par la police comme les prisonniers en fuite ou les rapts d’enfants. Les contrôles servent aussi à sauver des vies. Ne l’oubliez pas !