On me demande à quel endroit faut-il s’arrêter pour respecter le signal STOP?

Avant toute chose, il est important de rappeler que ce signal est unique en son genre. Le rouge vif attire l’attention et la forme octogonale lui confère une reconnaissance en toutes circonstances, notamment sous la neige. Le non respect du signal est une infraction du deuxième degré sanctionné par une perception immédiate de 116 €. Cela dit, les contrôles restent exceptionnels. Il n’en demeure pas moins un critère d’exclusion lors de l’examen pour le permis pratique.

❖ Ne plus bouger du tout !

Le STOP est un signal de priorité et oblige le conducteur à s’arrêter et à céder le passage à tous les usagers. Il ne s’agit pas simplement de réduire fortement sa vitesse mais de marquer clairement son arrêt même s’il n’y a personne à des kilomètres. La réglementation ne précise pas le délai. Cela peut être très bref s’il n’y a personne. Et c’est bien là le piège. Souvent, les élèves pensent être arrêtés alors que le véhicule continue à avancer tout doucement. Ils font un stop glissé. Pour ne pas se faire avoir, il y a une technique: on s’avance jusqu’à la ligne d’arrêt sans se soucier du trafic. Une fois immobilisé, et seulement à ce moment, on regarde de part et d’autre. Cet instant est suffisamment long que pour avoir le temps de dire « Je suis arrêté ».

❖ S’immobiliser à la ligne

Le signal B5 (STOP) est placé à proximité immédiate de l’endroit où les conducteurs doivent marquer l’arrêt ET céder le passage. Si ce signal ne peut être placé à la jonction même, une ligne d’arrêt est dessinée à la limite du carrefour (cf. art. 76.1). Ce marquage évite aux conducteurs de s’arrêter une première fois inutilement et une seconde fois pour céder le passage. Cependant, en fonction des situations, le gestionnaire n’a pas toujours le choix. La ligne d’arrêt est placée à un endroit où le regard est masqué par un obstacle (des maisons, des arbres). Même si ça peut sembler absurde, le conducteur est obligé de s’immobiliser à hauteur de la ligne. Ensuite, il s’avance prudemment et engage un contrôle visuel des deux côtés. S’il le faut, il s’arrête une deuxième fois pour laisser passer les automobilistes. Dans d’autres situations, le signal est placé légèrement en amont, notamment dans les courbes.

stop sans ligne d'arrêt
signal STOP placé avant la ligne d’arrêt

La ligne d’arrêt se trouve parfois après le passage pour piétons. C’est gênant car le Code de la route interdit aux conducteurs de s’immobiliser dessus. Or, dans ce cas, il s’agit bien d’un problème d’aménagement! Si au moment d’arriver, il n’y a personne sur et en approche du passage pour piétons, il est légitime de s’arrêter dessus pour respecter le signal STOP. Et si entre-temps des piétons arrivent, ils trouveront bien un moyen pour passer devant, derrière ou d’attendre.

Dans le cas où un véhicule vous précède et marque l’arrêt, cela ne compte pas pour vous! Il faut à son tour s’immobiliser à hauteur du marquage blanc.

❖ Absence de ligne d’arrêt

Là où ça se complique c’est quand le marquage est absent. Il peut être effacé avec le temps, couvert de terre ou de neige ou tout simplement ne pas exister. Bon nombre d’élèves sont hésitants et ne savent pas où se positionner. Comme dit plus haut, à quoi bon s’immobiliser à hauteur du signal si la visibilité est nulle ou quasi nulle ? En l’absence de la ligne d’arrêt, il faut placer son véhicule de manière à voir des deux côtés sans gêner les usagers. Bien entendu, dans le cas repris en illustration ci-dessous, il convient au préalable de modérer son allure à l’approche du passage pour piétons et de leur céder la priorité le cas échéant.

signal B STOP
signal STOP, absence de ligne d’arrêt

Le placement du signal est placé en amont pour être bien visible et ne pas être découvert au dernier moment. Certains manuels, comme l’appli du Feu vert, conseillent aux jeunes conducteurs de s’arrêter à hauteur du signal et à nouveau à la limite du carrefour. Cela n’a aucun sens et je doute que ce soit valide à l’examen pratique.