J’ai du me séparer de mon bon vieux VTT. Ensuite, j’ai utilisé pendant plusieurs années les vélos partagés Villo. C’est toujours mieux ça que rien. Pousser 22 kg d’acier c’est parfois galère. En attendant mon nouveau vélo, j’ai voulu essayer Swapfiets, le cycle à la roue bleue. L’inscription est simple. Elle se fait en ligne. En quelques clics c’est réglé. Il faut ensuite choisir une date pour récupérer le vélo. J’ai opté pour la livraison dans une antenne plutôt qu’à domicile. Le jour J, j’ai reçu la bécane. Ce n’est pas la dernière génération, il n’est pas non plus flambant neuf mais il est correct. Ce n’est pas non plus la version électrique. La vendeuse scanne le vélo, me donne les explications, je signe le document numérique et en avant la musique. Le principe est simple: vous recevez un vélo en prêt et vous payez un abonnement mensuel.

❖ Les atouts

Honnêtement, 15 euros par mois¹ pour le modèle de base c’est vraiment accessible. Le forfait comprend la location et les éventuelles réparations: un pneu dégonflé, une lampe brisée, une chaîne distendue… On ne doit pas s’occuper de ramener le vélo ou de le déposer dans un périmètre. On le garde chez soi comme pour son propre vélo. Dès qu’on n’en n’a plus l’utilité, on le rend et l’abonnement s’arrête à la fin du mois.

Le look rétro et typé hollandais est plutôt agréable. On est très bien dessus surtout grâce à un cintre un arc pour une posture bien droite. Le modèle appelé autrefois “modèle femme” est désormais une version unisexe. Autre avantage, le cadenas est attaché au vélo. Pas besoin de le transporter séparément. Il est équipé de garde boue, idéal par temps de pluie. Les vitesses se passent sans soucis, même à l’arrêt. Les lumières sont fixées sur le vélo et fonctionnent en permanence.

❖ Les points noirs

Pour le prix, vous ne choisissez pas votre vélo: ni le modèle, ni sa couleur. Il peut être noir, bleu ou crème. Concernant la boîte de vitesses, elle ne convient pas à la topographie de nos contrées vallonnées. Le vélo sur le plat est un vrai plaisir. En légère montée ce n’est pas gênant. Par contre, il faudra du muscle pour les plus fortes inclinaisons ou si le vent frontal est plutôt fort.  La selle est assez rigide, mais ça c’est le propre de toutes les selles. J’ai parlé du prix attractif dans les avantages mais la version électrique est à 75 euros par mois ! Il faut pouvoir le rentabiliser et pas juste faire une balade par semaine. Aussi, après 2 ou trois années d’utilisation ça fait une coquette somme et aurait pu servir à financer l’achat de son propre vélo électrique.

Le plus gros inconvénient est sans nul doute le freinage par rétropédalage. Je sais que c’est très courant en Hollande mais c’est très déstabilisant. Au fur et à mesure on s’y fait mais ça reste très désagréable. Clairement, on n’a pas la même maîtrise avec des freins à portée des mains. Il y a donc un stress dû à cette insécurité de ne pas pouvoir s’arrêter à temps ni de contrôler son freinage. Remonter une file de voiture à faible allure et devoir rétropédaler à tout moment c’est très déstabilisant. Dans les fortes descentes, ce n’est même pas la peine de parler de freinage d’urgence. Une fois immobilisé, c’est très frustrant de ne pas pouvoir remonter la pédale pour se donner de l’élan. Il existe bien un “frein de stationnement” mais il ne sert qu’à immobiliser le vélo à très faible allure.

❖ Conclusion

Pour les budgets serrés c’est une très bonne alternative même si vous roulez tous les jours avec. Il est confortable et parfaitement équipé. Le seul gros défaut reste son système de freinage.


¹ À cela s’ajoute les 17 euros de frais lors de l’inscription.