Depuis le 1er octobre 2022, les places de parking publiques avec bornes de recharge sont réservées aux véhicules électriques ou hybrides électriques connectés aux bornes. La Région bruxelloise a pris l’initiative d’installer des bornes de recharge un peu partout sur le territoire bruxellois. Le rythme s’est intensifié. Actuellement, on compte environ 300 points de charge actifs dans la capitale. L’objectif du gouvernement actuel est d’installer 22.000 points de recharge d’ici 2035.

❖ Borne, marquage, signal routier

La Région bruxelloise, en accord avec la commune pour les axes communaux, décident des emplacements. Un prestataire privé (EnergyDrive) se charge du placement de la borne électrique. Ensuite, Bruxelles Mobilité intervient pour le marquage et la pose du signal E9. La signalisation est harmonisée sur tout le territoire.

capture Electrify Brussels
capture Electrify Brussels

D’autres bornes seront installées en liaison avec des lampadaires et géré par Sibelga (gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel à Bruxelles).

Il existe trois types de borne:

  • bornes publiques: situées en rue et accessibles en permanence
  • bornes semi-publiques: situées dans des parkings publics gratuits (ex: Colruyt) ou payants, les bâtiments ouverts au public et accessible durant le stationnement du véhicule
  • bornes semi-privées: situées dans des parkings de bâtiments accessibles uniquement à la clientèle (hôtel, bureaux)
Pour plus d’infos: Electrify.brussels.

❖ Puissance, tarifs de recharge

Le prix moyen du kWh est de 0,24 euro. Ce tarif réduit fait suite à des investissements du gouvernement. Il faut donc s’attendre que ça prenne fin à un moment. À titre d’exemple, chez Dats24, le coût est de 0,64 € pour les charges lentes et 0,83 € pour les bornes au-dessus de 22 kW. Les tarifs sont indiqués, en principe, sur la borne publique ou semi-publique. Il existe plusieurs puissances maximales :6 kW, 7, 11, 22, 43… Théoriquement, on peut atteindre cette puissance mais cela va dépendre du moment, de la demande, du type de borne, du véhicule, etc. Il existe des bornes dites lentes (en-dessous de 22 kW et qui servent à être rechargées sur une longue période), des charges rapides et des charges ultrarapides. La charge Combo CCS est devenu un standard européen et permet des charges théoriques jusqu’à 400 kW. À titre de comparaison, les bornes privées de Tesla fournissent entre 120 et 150 kW et les superchargeurs plafonnent à 250 kW. À cela peut s’ajouter le prix de la durée de charge.

❖ Arrêt et stationnement

La recharge n’est pas considérée comme du chargement au sens juridique. Ces véhicules rangés dans les emplacements de recharge électrique sont donc en stationnement. Dès lors, il faut pouvoir les contrôler. C’est notamment le rôle des stewards.

Le signal E9a avec l’additionnel « payant » concerne le stationnement. L’arrêt est donc autorisé. Même si ces emplacements ont vocation à la recharge, je ne vois pas pourquoi on autoriserait un véhicule électrique à s’arrêter et pas un véhicule thermique. C’est tout de même risqué car le passage de la scancar ne permet pas de différencier un arrêt d’un stationnement comme pourrait le faire un humain. Un forfait de 50 euros est prévu pour une période 4,5 h. C’est une redevance déguisée: « vous pouvez vous stationner mais vous acceptez alors de payer le tarif demandé ». Ce n’est donc pas une infraction routière.

Aussi, certaines bornes sont défectueuses. Difficile de connaître la réactivité du service technique. Si cela prend plusieurs jours, plusieurs semaines, les véhicules thermiques ne sont pas admis au stationnement. Un comble quand on sait que toutes ces places viennent grignoter des emplacements de voirie et que le parc automobile de l’électrique reste très faible.

borne électrique en panne
borne en panne

❖ Contrôle

Dans les communes où le stationnement a été légué à la Région, la scancar effectue ce contrôle. Ce véhicule capte plusieurs photos pour permettre de vérifier si ledit véhicule est bien en charge. Dans un second temps, d’autres stewards, issus du Desk (un espace avec des ordinateurs), vérifient les différents clichés pris par la scan-car. Cela me semble un peu léger comme contrôle. Il ne s’agit pas uniquement de voir si la voiture est reliée à la borne. Il y a d’autres vérifications: la personne est peut-être à l’arrêt ? Le conducteur respecte-t-il le délai de charge ? Des petites lampes leds colorées sur la borne sont visibles par un humain mais pas par une voiture de passage. Aussi, des petits malins ont installé des faux câbles pour leurrer le contrôle. Raison pour laquelle, d’autres communes attribuent cette vérification à des équipes pédestres. Seul un humain est en mesure de détecter des abus.

L’ordonnance régional sur ces emplacements de stationnement prévoit que la DIV transmette à la scancar le type de motorisation pour chaque demande d’identification d’un véhicule. Seules les full électriques et les hybrides sont autorisées à stationner et utiliser la borne sans craindre de redevance. Quid si la borne est hors service ? Devra-t-on laisser cet emplacement libre au risque de payer la redevance forfaitaire ?

❖ Avis personnel

Je ne suis pas du tout convaincu par ce basculement de motorisation. Des comparatifs montrent qu’il faut environ 8 ans pour amortir le surcoût d’un modèle électrique par rapport à un moteur thermique. Actuellement, le prix de l’essence se situe aux alentours de 1,70 €/l. Le tarif du kWh avoisine les 0,55 €. Rien ne garanti une diminution de prix de l’électricité, bien au contraire. Dans le meilleur des scénarios, la voiture électrique devient majoritaire. Il y aura inévitablement un basculement des taxes et accises. Et avec tout ça, on n’a toujours pas réglé la pollution des particules fines engendrées par l’usure des plaquettes de freins.