ANPR pour Automatic Number Plate Recognition ou reconnaissance automatique de plaques d’immatriculation. Selon les derniers chiffres, 536 caméras sont connectées par cette technologie et le Ministre de l’Intérieur Pieter De Crem souhaite en installer près de 3.500 sur l’ensemble du pays. La plupart seront installées en Flandre. Ces caméras fixes actuelles sont connectées aux polices locales mais devront être centralisées à la banque centrale des données de la police fédérale.

❖ Défaut d’assurance, amende impayée, plaque volée…

Les premiers modèles de caméras ANPR relevaient seulement la plaque d’immatriculation et une série d’autres informations. Dès 2015, le gouvernement a décidé d’intensifier ces systèmes d’appareillage pour lutter contre le terrorisme. Les modèles récents sont capables de photographier la plaque, la voiture, l’environnement et le conducteur. Le tout est stocké dans la banque de données de la police locale ou fédérale. La police, le parquet, les douanes, le SPF Mobilité, mais aussi l’Organe de contrôle de l’information policière (COC). Les données sont stockées pour une durée d’un an. Les ANPR peuvent être adaptées en fonction des demandes. La reconnaissance de plaque peut servir à croiser une banque de données des voitures volées. Elle peut avoir aussi d’autres applications comme la détection du défaut de contrôle technique, du défaut d’immatriculation, d’une assurance expirée. Elles peuvent également détecter les personnes soumises à une déchéance, à un retrait de permis ou en délit de fuite. Il est aussi possible de retrouver des conducteurs qui ne se sont pas acquittés de leurs amendes ou plus grave des personnes en recherche judiciaire (banditisme, terrorisme, délinquance sexuelle). Il est aussi prévu de s’en servir pour la verbalisation du téléphone portable au volant ainsi que le non port de la ceinture de sécurité.

Depuis juillet 2019, un arrêté royal permet aux caméras ANPR d’établir des constatations d’infraction sans la présence d’un agent qualifié.

  • La conduite en contresens.
  • Tous les dépassements interdits et le non-respect des règles de dépassement.
  • Le fait de continuer à rouler sur la bande de gauche ou centrale de l’autoroute après un dépassement.
  • L’engagement dans un carrefour alors que l’encombrement de la circulation était tel qu’il allait y être immobilisé, gênant ou empêchant ainsi la circulation dans les directions transversales.
  • Le blocage d’un sens giratoire.
  • L’utilisation d’une bande de circulation bloquée par un croix rouge lumineuse.
  • Le franchissement des panneaux interdisant de tourner à droite ou de faire demi-tour ou vous obligeant à suivre une direction.

Cela s’ajoute à ce que ces caméras peuvent déjà constater :

  • Le fait de ne pas suivre la direction indiquée par un signal ou des flèches au sol.
  • La circulation sur la bande d’arrêt d’urgence.
  • Le non-respect des feux de circulation.
  • Le franchissement d’une ligne blanche continue.
  • La conduite sur une voie réservée à certains types d’usagers (bande de bus).
  • Le non-respect d’une hauteur maximale.
  • Les contrôles de la vitesse.
  • L’accès dans une LEZ avec un véhicule non autorisé ou des immatriculations étrangères non enregistré.

❖ Caméra fixe, mobiles temporaires ou mobiles

À côté des systèmes fixes installés sur les autoroutes ou les routes ordinaires, il existe des caméras mobiles temporaires (on les installe à un endroit pour les déplacer ensuite) ou mobiles (elles sont embarquées sur un véhicule par exemple). L’intérêt de ces dernières est de pouvoir interpeller les contrevenants et de confirmer en temps réel les données fournies par les caméras.

radar tronçon
radar tronçon

❖ Le fonctionnement d’une caméra ANPR

l’ANPR fonctionne avec une double caméra: l’une couleur et l’autre à infra-rouge. La première enregistre l’environnement global du sujet. L’infra-rouge saisit les numéros de plaque. Le mode infra-rouge permet d’éliminer toute interférence à la capture d’image et obtient une identification nette et précise en toutes circonstances: projections d’eau par mauvais temps, brume, pluie, neige, obscurité totale, éblouissement du trafic circulant en sens inverse, etc. Ce système est très performant car il permet de saisir jusqu’à 3.600 immatriculations par heure et de capter jusqu’à une vitesse différentielle de 250 km/h.

❖ La police, les villes, le gestionnaire de réseau…

Il n’y a pas que la police pour gérer ces caméras. La ville de Namur utilise en partie les ANPR pour calculer le temps de parcours des véhicules sur les routes grâce à un système de transport intelligent. Elle permet de réguler le trafic et de décider des déviations en cas de saturation. Certaines caméras ont également un rôle répressif. Elles vérifient que les usagers respectent bien le sens de circulation. La Sofico, gestionnaire du réseau routier wallon utilise aussi ces caméras. Elles servent pour le comptage des voitures. Cela permet d’avoir une vue globale du trafic routier en temps réel et de transmettre ces informations aux usagers. Certaines servent de radar tronçon ou du contrôle du nombre de passagers dans les bandes réservées au covoiturage. ViaPass se sert aussi des caméras pour vérifier que les conducteurs de poids lourds s’acquittent bien de la redevance kilométrique.