Autrefois, pour augmenter la puissance de son moteur, on ajoutait des puces. Actuellement, la reprogrammation est une simple intervention logicielle et/ou le changement de pièces pour les véhicules de grosses cylindrées. Il faut savoir que les constructeurs automobiles ne fabriquent plus différents moteurs pour chaque modèle. Un seul modèle peut couvrir toute une gamme. Ensuite, en fonction du modèle, un bridage électronique module la puissance. On appelle ça la cartographie ou reprogrammation du moteur. Il n’y aucune manipulation physique sur le moteur, mais plutôt des adaptations du logiciel de bord pour augmenter le couple et la puissance. Concrètement, le véhicule augmente le nombre de chevaux. Les changements sont invisibles à l’œil nu. Pas de crainte vis-à-vis du contrôle technique puisqu’il n’est pas équipé pour déceler ce type de modification.

Évidemment, une petite cylindrée ne pourra jamais concurrencer une voiture de sport simplement avec une reprogrammation. Dans mon cas, le gain de puissance sur mon véhicule d’1,2 l n’aura pratiquement pas d’effet. En revanche, la différence va commencer à se faire sentir à partir des moteurs d’1,6 l. En Belgique, il existe plusieurs sociétés dont BR-Performance.

❖ La cartographie est-elle légale ?

Il n’est pas très difficile de trouver un garage qui pratique ces modifications. On trouve des personnes qui le font illégalement. Ils se font payer au noir et utilisent simplement un ordinateur. Il existe aussi des spécialistes officiels équipés de bancs de puissance pour assurer que les modifications ne nuisent aux autres pièces du moteur. Cette pratique n’est pas illégale. Quoique… Ce n’est pas illégal si le véhicule est destiné à une utilisation sur circuit privé par exemple. Avouons-le, c’est rarement le cas. L’autre façon de procéder en bonne et due forme est de déclarer la modification au fisc et à son assureur. Et là, fort est de constater que c’est rarement le cas. Le débridage sert justement à booster les performances du véhicule sans avoir à supporter les coûts de la taxe de circulation et de sa police d’assurance.

❖ Les différents niveaux d’intervention

Il existe plusieurs niveaux — appelés stage — dans la reprogrammation.  Pour les premiers stages, l’intérêt est avant tout d’optimiser le moteur. Il y a alors un léger gain de puissance, mais surtout une meilleure combustion et une baisse de consommation qui peut aller de 0,2 à 1 l au 100 km sur certains véhicules. Le stage 1 est le niveau d’intervention le plus bas. Il intervient uniquement sur une reprogrammation du moteur sans changer de pièces mécaniques. Les changements sont limités aux normes de sécurité prescrites par le constructeur. Aucune déclaration ne doit être faite si les performances ne dépassent pas 10 %. Pour le stage 2, il y a une cartographie du moteur et des pièces de la voiture doivent être adaptées ou remplacées. Le minimum nécessaire est de modifier la ligne d’échappement et l’admission. Parfois, certaines pièces doivent être renforcées comme l’embrayage, l’échangeur d’air, les durites d’admission, le turbo. Au stage 3, on vise essentiellement la puissance. Il faut impérativement changer des pièces moteur comme le turbo, les injecteurs, la pompe à essence, etc. Le banc d’essai permet de garantir une fiabilité sur le moteur. Pas question d’overbooster le moteur pour le mettre en miettes. Dernier palier, le stage 4. À ce stade, on essaye d’extraire le maximum de puissance. Le moteur peut être changé pour augmenter la cylindrée. Il n’y a plus de limite si ce n’est le budget alloué à cette amélioration.

❖ Taxe de mise en circulation

Dans le mois qui suit l’immatriculation du véhicule, le Service public des finances envoie une invitation à payer la taxe de mise en circulation (ou TMC). Elle s’applique à tous les véhicules à moteur neufs ou d’occasion et destinés à rouler sur la voie publique. Le montant de la taxe va dépendre de l’âge du véhicule, mais surtout de sa puissance. Cette dernière s’exprime en chevaux fiscaux (CV) ou en kilowatts (kW). Plus le véhicule est puissant, plus cette taxe est élevée. À noter que cette taxe a été régionalisée avec la 6e réforme de l’État et les tarifs ne sont pas identiques. Contrairement à la taxe de circulation à payer chaque année, la taxe de mise en circulation ne se paye qu’une seule fois.

Tableau de la taxe de mise en circulation

❖ Les taxes, pour quoi faire ?

Selon Touring, les taxes ont rapporté 16,5 milliards d’euros en 2015. Sont reprises: les accises sur le carburant, la taxe de mise en circulation, la taxe de circulation, les vignettes routières et la TVA imposée sur les pièces détachées. Seul 1,2 milliard est investi dans l’infrastructure routière et 5 milliards pour les transports en commun. Le reste va dans le budget général de l’État. D’où le mécontentement des automobilistes. Ces taxes devraient servir à rénover les routes plutôt qu’à combler les trous budgétaires régionaux.

❖ L’absence de déclaration fiscale peut avoir des conséquences

Les inconvénients souvent cités concernent la garantie des véhicules neufs, la sécurité, les contrôles et l’assurance en cas d’accident. Dans le premier cas, reprogrammer son moteur fait sauter la garantie constructeur. Kia propose par exemple 7 ans de garantie et 5 ans pour Toyota. La cartographie est donc plus intéressante sur un véhicule d’occasion. Pour la sécurité, il est important de se fier à un garagiste qui est en mesure d’apporter les changements dans les limites suffisantes de sécurité. Les ateliers sérieux sont conscients de ces limites et ils n’ont pas intérêt de les dépasser. Pour la partie des contrôles routiers, il faut bien reconnaître qu’ils sont plutôt rares. Dans le pire des cas, l’amende est de 1.250 €. Dans le cas d’un accident en tort, l’assurance peut demander une expertise du véhicule en cas de suspicions. Et si la fraude est avérée, l’assurance se retournera vers son affilié pour le remboursement de tous les frais. À chacun de juger le pour et le contre. Les statistiques montrent que plus les autos sont puissantes plus la fréquence et la gravité des accidents sont importantes.