En Australie et dans certaines provinces du Canada, le port du casque est obligatoire. En Espagne, l’obligation est imposée aux enfants de moins de 16 ans. En France, l’obligation vaut uniquement pour les moins de 12 ans. En Belgique, le Code ne donne aucune indication sur l’équipement du cycliste. À lui de voir s’il veut rouler en short et en tongs ou s’il préfère un gilet jaune réfléchissant et un casque. La seule exception concerne les compétitions sportives cyclistes où le port du casque est obligatoire. Alors quoi, le casque est-il inutile pour ne pas l’imposer ?

❖ L’obligation dissuaderait les moins sportifs

Il est généralement admis que le casque protège les chocs engendrant un traumatisme crânien. Les dégâts sont forcément moins graves avec un casque si vous tombez la tête contre le bitume ou une bordure de trottoir. C’est surtout vrai pour les chutes à faible allure, en-dessous de 20 km/h¹, en milieu urbain. Pour information, les lésions cérébrales, elles sont présentes dans la même proportion chez les piétons accidentés (source AWSR). Et pourtant, on n’oblige pas les gens à sortir avec un casque !

Dans l’absolu, les associations cyclistes (comme le Gracq à Bruxelles) et l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) sont plutôt en faveur du port du casque et ne cessent de le communiquer tout comme la chasuble rétroréfléchissante. En revanche, le rendre obligatoire aurait des effets contre-productifs. Il faudrait aussi prévoir des contrôles. Pas certain qu’une prune de 58 € encourage les cyclistes à acheter un casque et à reprendre le vélo. L’Australie, la Nouvelle-Zélande ont d’abord imposé le port du casque pour se rendre compte d’une diminution de l’usage du vélo aussi bien chez les adultes que les jeunes.

Régulièrement, certains hommes politiques relancent le débat². Bien souvent c’est suite à un accident tragique. Ce n’est que de la récupération politique puisque la réflexion a déjà été menée depuis des années. À l’heure de la mobilité douce, il ne suffit pas de s’attarder sur un problème en particulier il faut avoir une réflexion plus globale si on souhaite encourager les personnes à pédaler. Le vélo a de nombreux bienfaits (environnementaux, économiques, de santé publique) et il faut tout faire pour l’encourager et diminuer les résistances. En Australie et au Canada, l’état prend en charge une bonne partie du coût du casque et c’est rentré dans les mœurs. Certains avancent également la théorie du grand nombre: plus il y a de cyclistes moins il y a d’accidents. En témoigne l’exemple modèle des Pays-Bas où moins d’un pour cent des cyclistes portent un casque. Il faut donc investir des moyens dans l’éducation, les aménagements, la sensibilisation, etc.

Le fait de porter un casque ne permet pas de réduire le risque d’accident. C’est pourquoi il est primordial d’investir dans le développement du vélo et de s’attaquer en priorité aux causes des accidents. Cela passe par des infrastructures sécurisantes, la réduction de la vitesse, la formation des usagers, la répression des infractions… — { Gracq }


¹ Lors du Tour de Pologne 2019, le jeune coureur professionnel Bjorg Lambrecht âgé de 22 ans chute et heurte de la tête une structure en béton. Il décède ensuite à l’hôpital d’une hémorragie importante provoquée par une déchirure du foie.
² En septembre 2015, la ministre J. Galant (MR) ressort le dossier. le et la partie répressive. En juin 2020, le député Di Mattia (PS) relance le débat de l’obligation du port du casque à vélo.

❖ Le casque augmente la prise de risque ?

Reste à savoir s’il y a une corrélation entre les équipements de sécurité et le comportement des usagers; du cycliste casqué et des autres conducteurs. D’après certaines études, les conducteurs feraient moins attention et seraient plus enclin à frôler les cyclistes qui portent un casque. Dans les pays où le casque a été rendu obligatoire comme en Finlande, en Suède, en Australie, son utilisation n’a pas fait varier les chiffres d’accidentologie de manière significative. Il aurait même l’effet inverse; à savoir que les cyclistes se sentant mieux protéger prennent plus de risques sur la route et commettent davantage d’imprudence.

❖ Le casque ça décoiffe, c’est moche et encombrant

Quelles sont les réticences à l’égard de ce couvre-chef ? Les critiques concernent la pseudo lourdeur du casque, le manque d’aération et surtout l’absence d’esthétique. Ils ne sont pas suffisamment branchés et cool pour être portés. Il faut dire que les modèles sportifs font tache sur celles et ceux qui se rendent au boulot chaque jour. Où se trouve l’harmonie entre un costume trois-pièces (ou un tailleur) et un casque ordinaire ? Raison pour laquelle on trouve de plus en plus des casques originaux. Les vendeurs espèrent toucher un large public et plus seulement les habitués de randonnées ou les cyclos du dimanche.

Casques vélos originaux

❖ Conformité

Quoi qu’il en soit, si vous choisissez un casque, assurez-vous d’avoir la mention CE et la norme “EN 1078”. Optez pour une couleur vive afin d’être parfaitement visible des autres usagers. Fermez systématiquement la jugulaire. Enfin, remplacez votre casque après un choc violent même s’il a l’air intact. Le casque se compose essentiellement de polystyrène susceptible de se rompre après des chocs importants et devenir totalement inefficace. On conseille également de le remplacer après un certains nombre d’années.