Bon nombre d’apprenants partent de zéro et n’ont jamais touché un volant de leur vie. L’instructeur met en place sa pédagogie pour permettre à l’élève de voler par ses propres ailes, ou du moins, avoir toutes les notions d’une conduite responsable et sécurisante. Pour s’aider, le pédagogue dispose d’un double pédalier et du boîtier de commandes. Il peut également agir directement sur le volant. Il est le garant de la sécurité de tous. Le moniteur est responsable (dans une certaine mesure) de ce que fait son élève. Si ce dernier dépasse les limitations de vitesses et se fait verbaliser, le PV ira in fine chez l’instructeur. Idem pour toutes les infractions routières: franchissement de ligne blanche, vitesse trop faible sur autoroute, dépassement d’un cycliste dans une rue cyclable, circulation dans une desserte locale, etc. En cas de contrôle par les forces de l’ordre, la police vérifie que l’élève est sobre mais également le moniteur. C’est la moindre des choses. On peut donc considérer le formateur comme étant celui qui assure la direction du véhicule au sens juridique.

L’instructeur d’auto-école est responsable lorsque son élève commet une infraction. Ce dernier conduit le véhicule, mais l’instructeur dispose des pédales nécessaires pour accélérer, freiner ou s’arrêter. En réalité, c’est donc lui qui est responsable de la conduite du véhicule et il est dès lors l’auteur de l’infraction — { Cass., 4 juin 1973, 2e Ch. }

Il doit également entretenir le véhicule en bon père de famille. Veiller à ce que celui soit en parfait état de marche. Une ampoule grillée ou des balais d’essuie-glace endommagés, des pneus usés… à lui de s’arranger pour que le véhicule soit réparé au plus vite. Il doit également faire en sorte que les documents de bord (comme l’assurance, le contrôle technique) soient valides, à jour et à bord du véhicule. De plus, en tant que conducteur, il ne peut pas non plus utiliser son téléphone, à la main à moins d’être à l’arrêt ou en stationnement. Pourtant, on en voit des moniteurs en pleine discussion téléphonique ou de pianoter sur une application ludique le temps d’un embouteillage ou d’un feu rouge trop long. En cas d’accident, c’est aussi le moniteur qui doit être mentionné sur le constat à l’amiable.

Màj (novembre 2021): suite à une interpellation par le député Eric Thiébaut au ministre de l’Intérieur sur l’utilisation de caméras pour détecter l’usage de GSM au volant, le Code de la route et son article 8.4 devrait être adapté. L’interdiction sera étendue. Il sera interdit de le tenir en mains mais aussi à le coincer entre la tête et l’épaule. Interdiction également de l’utiliser s’il est posé sur une partie du corps ou sur une partie du véhicule. Tout cela contribue à diminuer la distraction au volant. En plus de ça, seront visés les GSM mais aussi les appareils de navigation mobiles, les tablettes, les laptops, les appareils photo et caméra vidéo numériques, les liseuses électroniques, les télévisions mobiles et les lecteurs multimédias avec fonction vidéo ou audio. En gros, l’utilisation concernerait tout appareil de communication qui n’est pas incorporé au véhicule ou n’est pas solidement fixé à l’intérieur du véhicule ainsi que les documents papier que l’on tient en main (journal, carte, livre). Toutes ces interdictions seront applicables également aux personnes qui accompagnent un conducteur en vue de l’apprentissage à la conduite puisque leur attention doit être orientée avant tout vers la circulation.