Contrairement à ce que beaucoup d’élèves pensent, la courbe de progression n’est pas en constante progression. Au début, tout est neuf et tout est à découvrir. La progression ne peut être qu’ascendante. Au fur et à mesure, le moniteur ajoute de la technique, des difficultés, l’élève doit progressivement intégrer ces notions. L’assimilation peut prendre plus ou moins de temps et elle s’acquiert notamment grâce à la répétition. Certains jours, l’apprenant aura le sentiment de rouler mal. Ce n’est pas forcément la réalité. La répétition entraîne une plus grande rapidité d’exécution mais aussi une diminution de la qualité de la technique. Tout cela donne parfois le sentiment d’être contre-productif et de ne pas évoluer. Il y a donc des jours où vous allez stagner et parfois même régresser. C’est tout à fait normal et cela fait partie du processus de progression. Pour ceux qui sont proches de l’examen, le moniteur vous assiste moins et vous drille sur les parcours plus complexes. Enfin de compte, vous avez l’impression de ne pas être aussi bon que l’aviez pensé. Pourtant, on peut comparer ça à un jeu vidéo que vous connaissez bien. Vous voilà confronté à un très bon joueur. Il est fort probable que la moindre petite erreur sera exploité par votre adversaire. Vous avez l’impression de tout rater, d’être lent, d’être mauvais. Il y a deux façons de réagir. Soit on se dévalorise, on se décourage et on baisse les bras. On va à l’examen en mode « ça passe ou ça casse ». Soit on profite de cette expérience pour s’améliorer.

Les zones de stagnation et de contre-performance sont normales. Ce qu’on savait faire devient un problème. Le plus bel exemple est le démarrage. Il y a une procédure technique précise. Au début, dans un environnement calme et sans trafic, les élèves y arrivent facilement. Une fois dans la circulation, c’est la panique. Ensuite, avec le temps et la répétition, ils apprennent à gérer tout ça et prennent en confiance. Puis, après plusieurs heures de vol, certains commencent à bâcler la technique et calent. Avant de faire vite et bien il faut maîtriser la base et comprendre ce que l’on fait. En voulant démarrer rapidement, l’élève embraye trop vite et finit par caler. Au pire, il se trouve au milieu d’un carrefour sous le regard de tous les autres automobilistes.

❖ Sortir de sa zone de confort

Pour progresser rapidement, il faut un mental (la volonté sincère d’atteindre un objectif), de l’entraînement régulier (rouler tous les jours ou au moins 3 fois par semaine) et travailler ces points faibles. Il faut éviter de rester dans sa zone de confort et de répéter les mêmes choses. Vous n’apprenez rien à faire toujours les mêmes parcours. Il faut vous lancer des petits objectifs à la hauteur de votre niveau. Arrêtez de trouver des excuses et pratiquez. Le but ultime est d’arriver à conduire partout, en toutes circonstances. Vous êtes capable de rouler de nuit, par temps de pluie, dans le trafic aux heures de pointe, sur autoroute, dans des lieux inconnus, avec différents véhicules… Tout ça contribue à vous rendre meilleur conducteur. Saisissez toutes les difficultés de terrain pour les transformer en opportunités. C’est avec ce mental que vous arriverez à vous améliorer.

❖ Avant et pendant l’examen

Un autre élément perturbateur de la progression, c’est le stress. Au début, avant même de monter dans la voiture, l’élève est anxieux. Progressivement, il prend confiance au fur et à mesure de son apprentissage. Une fois proche de sa date d’examen pratique, c’est la panique. Il remet tout en question, il doute de ses capacités, de son savoir-faire. Il se crée de schémas mentaux négatifs qui peuvent nuire à sa prestation. Il faut alors travailler sur le mental et sur les objectifs.

Le stress perturbe le comportement et peut avoir des effets indésirables. Sous la pression, certains roulent complètement différemment à l’examen et commettent des erreurs qu’ils ne feraient pas en temps normal. La logique et le raisonnement sont parfois figés et ils ont du mal à prendre du recul pour faire retomber la pression. Aussi, l’élève est dans un nouveau cadre, accompagné d’une tierce personne dont l’objectif est d’évaluer ses capacités. Le moniteur change de rôle et doit assurer la sécurité. Il n’est plus l’accompagnateur, le guide, ou celui qui tolère des écarts… C’est parfois très déstabilisant. Raison pour laquelle, certains font des examens blancs avec un moniteur qu’ils ne connaissent pas. Le moniteur joue le rôle de l’examinateur et se comporte de la même façon. Il se contente de donner les consignes, les directions et de faire quelques remarques. Cette simulation est profitable pour se mettre dans le bain. Ensuite, il est bon de faire un débriefing sur ce qui n’a pas été mais aussi sur les points positifs.