Dans un précédent article, je parlais de la distance de sécurité et nos fameux crocodiles. C’est à présent le moment de mieux comprendre pourquoi la prévention insiste temps sur le respect des distances. Cela peut vous sauver la vie !

Temps de réaction

Un conducteur aperçoit un accident. L’information lui vient au cerveau. Il l’analyse afin d’agir en conséquence. La complexité de l’accident et l’état du conducteur (sous emprise de l’alcool, médicaments, fatigué, l’âge, l’expérience, la distraction) peuvent rendre ce temps plus ou moins long. Globalement, il se situe en moyenne un peu en-dessous de la seconde. C’est donc le temps entre la prise de conscience et le moment où le pied va appuyer sur la pédale du frein. Peu importe la vitesse, le temps sera globalement toujours le même. En revanche, la distance parcourue varie.

Pour connaître la distance parcourue chaque seconde, on peut convertir la vitesse: 50 km/h = 50.000 mètres/3.600 secondes. Cela nous donne 500 m ÷ 36 = 13,9 mètres. C’est précis mais cela demande une gymnastique cérébrale qui peut prendre un peu de temps. Il y a une solution plus simple et approximativement valable: multiplier par 3 la dizaine: 50 km/h = 5 x 3 = 15 m/s. Autrement dit, chaque seconde qui passe, je parcours 15 mètres. Et pendant cette première seconde, je n’ai pas encore réagi.

Calcul: multiplier par 3 la dizaine de la vitesse: 50 km/h = 5 x 3 = 15 mètres.

Le cerveau prend un certain temps avant de passer à l’action. Pour s’en convaincre, je vous invite a effectuer une petite expérience simple. Prenez une latte graduée à la verticale entre le pouce et l’index. Une autre personne placée en face de vous, va tenter d’attraper l’outil dès l’instant où vous choisissez de le lâcher. Vous pourrez alors mesurer très exactement le temps entre la prise de décision et l’action directe. Voir l’expérience en vidéo.

Distance de freinage

Distance parcourue par le véhicule à partir de l’instant où le conducteur appuie sur la pédale de frein, et celui où la voiture s’arrête complètement. Plus la vitesse est élevée, plus la distance sera longue. Rappelons que c’est plus d’une tonne à mettre à l’arrêt. L’énergie cinétique est importante et s’évacue par le freinage… ou la collision. Naturellement, cette distance de freinage est allongée par temps de pluie.

Calcul: dizaine de la vitesse au carré divisé par deux. 50 km/h = 5 x 5 = 25 ÷ 2 = 12,5 mètres.

Distance d’arrêt

La distance d’arrêt est la notion la plus importante. C’est la somme de la distance parcourue lors du temps de réaction et la distance de freinage. Si on reprend mes petits calculs; à la vitesse de 50 km/h cela donne 15 + 12,5 = 27,5 mètres. Cette méthode de calcul est précise mais manque cruellement de simplicité pour un conducteur en mouvement. Les élèves doivent malheureusement retenir les formules pour l’examen théorique.

Distances de freinage
© AWSR

Toutes ces notions sont très théoriques et ne doivent pas vous effrayer. Vous trouverez ailleurs d’autres méthodes de calcul. L’objectif est de démontrer que tout cela n’est autre que de la physique. Les associations de sécurité routière n’inventent pas des chiffres au hasard pour effrayer les conducteurs. Chacun est à même de les comprendre, faire des simulations et surtout interpréter les résultats. Plus la vitesse est grande, plus la distance de sécurité est importante.

Au début, le jeune conducteur tentera de se rendre compte des distances avec l’aide de son guide ou de son moniteur. Il peut également se donner des points de repère. Avec le temps et l’expérience, il va naturellement adapter sa distance en fonction des différents paramètres: la vitesse, l’environnement, la qualité de revêtement au sol (le macadam est une combinaison de gravier plus ou moins fin aggloméré avec du goudron), l’état de la voiture, les pneus, le chargement, les conditions climatiques, etc.

En plus de la vitesse, il faut ajouter d’autres variables qui allongent plus ou moins les distances. La nature de l’asphalte, les conditions climatiques, la masse du véhicule, l’adhérence des pneumatiques en prenant en compte l’usure des pneus, l’état des freins mais aussi des amortisseurs qui influent sur le freinage. Et contrairement aux idées reçues, l’ABS ne permet pas de réduire la distance de freinage mais évite que les roues ne se bloquent. Grâce à cette aide, le conducteur reste maître de sa trajectoire afin d’éviter un obstacle tout en freinant à bloc. Reste encore à savoir si tout le monde freine correctement lors d’un danger inattendu.