Règle générale

Une bonne distance de sécurité permet de réagir rapidement à un événement soudain qui se produit à l’avant. Par exemple, le camion qui nous précède perd une partie de son chargement. Vous devez être capable de freiner complètement jusqu’à l’arrêt sans emboutir le véhicule qui vous précède. D’après les chiffres de Vias, 40 % des automobilistes ne respectent pas la distance de sécurité suffisante sur autoroute ! Le Code de la route évoque une distance de sécurité dans la section sur la vitesse mais ne donne aucune échelle à respecter.

Le conducteur doit, compte tenu de sa vitesse, maintenir entre son véhicule et celui qui le précède une distance de sécurité suffisante. — { CdR, article 10.1 }

L’article 10.1.3° précise également que le conducteur doit en toute circonstance pouvoir s’arrêter devant un obstacle prévisible.

Vitesse ÷ 2

Pas simple avec ces quelques lignes de savoir si oui ou non on a correctement maintenu la distance. La jurisprudence a donné son avis sur la question. Pour connaître la bonne marge, il suffit de diviser sa propre vitesse par deux. Par exemple, à 120 km/h, la bonne distance sera de 60 m. Par temps de pluie, il faudra ajouter la moitié de la valeur finale: 60 m + 30 m = 90 m. Dans les auto-écoles, on vous apprends même à faire des petits calculs pour obtenir la distance de freinage. Ces calculs sont très théoriques. En effet, qui peut évaluer précisément les mètres qui le séparent des autres ? Certainement pas les apprentis conducteurs. Ces chipotages arithmétiques ne sont pas adaptés en situation réelle. Il existe alors une autre solution plus adaptée à la pratique.

Deux, trois, quatre crocodiles

Cette fois, on ne va pas exprimer la valeur en mètres mais en secondes. On dira qu’il faut au minimum compter deux secondes entre son véhicule et le précédent pour avoir la bonne distance de sécurité. Cela correspond à la seconde de réaction + une seconde de sécurité. Il s’agit en effet du temps moyen qu’il faut au cerveau pour percevoir l’information et la traiter. Par temps de pluie ou sur une surface humide, il faut en compter trois. Et 4 crocodiles quand les conditions climatiques sont rudes comme par exemple des fortes chutes de neige. Cet espace vous permet de réagir à temps sur ce qui se passe à l’avant mais aussi d’éviter d’être embouti par le véhicule suiveur.

Dans les émissions de sécurité routière, on parle des deux crocodiles. Le crocodile parce qu’il faut environ une seconde pour prononcer toutes les syllabes du mot cro-co-di-le. Ca marche très bien avec les enfants afin de compter en secondes. Les anglophones disent “Mississippi”. Ensuite, le conducteur se réfère à un point fixe le long de la route (un lampadaire, un pont, un arbre) et compte ensuite « 1 crocodile, 2 crocodiles ». Pour être en sécurité, le conducteur doit avoir atteint le repère seulement après avoir articulé son deuxième crocodile. Enfin, retenez que la distance entre deux poteaux d’éclairage est de 50 mètres. À 120 km/h, il faudra respecter 2,5 poteaux de distance.

Pour info, en France, la bande d’arrêt d’urgence est composée de longs traits. Chaque trait mesure 38 m. Cette longueur égale à la distance parcourue en 1 seconde à 130 km/h (vitesse maximale autorisée par temps sec). Autrement dit, les conducteurs doivent au mieux laisser 2 traits de distance.

Distance de sécurité à l’arrêt

La “distance de sécurité” est souvent évoquée par rapport aux véhicules en mouvement. Néanmoins, il est toujours bon de garder ses distances lors d’une immobilisation. C’est le cas dans une file de voitures stoppées par un feu rouge. Il n’y a aucun risque d’accident mais coller celui qui précède n’est jamais une bonne idée. Le véhicule à l’avant pourrait très bien vouloir reculer pour une raison quelconque. En côte, l’espace entre deux permet d’avoir un peu de liberté en cas de recul. Autre cas de figure, imaginez que le véhicule n’arrive plus à redémarrer. En gardant vos distances, vous pouvez vous extraire facilement de la file. Même chose si vous suspectez une situation suspecte comme du carjacking.

En règle générale, un bon repère est celui des roues arrière du véhicule précédent: on doit pouvoir les voir sans avancer le regard. Pour les grands gabarits, il vaut mieux être assez éloigné car leur encombrement limite fortement votre visibilité. Il n’est jamais bon d’ignorer ce qui se passe à l’avant.