L’éco-conduite est une façon de rouler qui permet l’économie de carburant. L’objectif premier est donc bien économique. Indirectement, la conduite anticipative améliore la sécurité routière. Pour ce qui est de l’argument environnemental, c’est totalement dérisoire quand on connaît les effets néfastes de l’utilisation d’un moteur à combustion. Laissons cet argument de greenwashing aux constructeurs auto. Si vous tenez vraiment à faire un geste fort, le mieux est de troquer sa voiture en faveur des modes de transport non polluants comme le vélo ou les transports en commun. Dans certains cas, la voiture reste indispensable. Il est possible de faire des économies en changeant quelques mauvaises habitudes.

1. Choisir son type de véhicule

Il est évident que le modèle de voiture, l’âge, le type de carburant… ont une incidence sur la consommation. C’est d’ailleurs un des critères pris en compte lors de l’achat. Depuis quelques temps, l’Europe a imposé aux concessionnaires de fournir un étiquetage sur la consommation de carburant et les émissions de CO2 par rapport à la moyenne. Le classement est comparable à celui qu’on retrouve pour les appareils d’électroménager. Cela permet de catégoriser une voiture selon ses émissions de CO2 et sa consommation, par rapport à la moyenne.

consommation de carburant et émissions de CO2

2. Bien entretenir sa voiture

Prendre soin de sa voiture c’est déjà une première étape vers l’éco-conduite. Il ne s’agit pas simplement de passer un coup de Karcher mais c’est aussi de respecter les délais pour l’entretien, le contrôle des pièces, le changement des combustibles, corriger la géométrie si nécessaire, suivre les recommandations constructeur, etc. Un filtre à air bouché, un filtre à carburant encombré ou une fuite d’huile a une incidence sur la consommation et la durée de vie des pièces.

3. Vérifier la pression des pneus

Dans la même lignée du point précédent, le contrôle régulier de la pression des pneus est une bonne attitude à prendre. Ce sont surtout des pneus sous-gonflés qui augmentent la consommation de carburant. La surface de contact est plus grande et donc l’effort à fournir pour déplacer la berline est plus important. On devrait y penser une fois par mois mais c’est plutôt quand un pneu montre des signes de faiblesse qu’on s’en inquiète. Pour rappel, la pression se fait à froid. Elle se trouve dans le montant de la portière, le clapet à carburant ou dans le manuel utilisateur. Il faut augmenter légèrement la pression lors du transport de charges lourdes ou pour les longs trajets.

indications sur la pression des pneus
indications sur la pression des pneus

4. Éviter les charges inutiles

Tout ce qui pèse et qui n’est pas indispensable doit être retiré. C’est valable pour l’intérieur comme l’extérieur. À l’intérieur, il suffit de vider son coffre des encombrants. À l’extérieur, c’est par exemple un coffre ou une galerie de toit inutile, un porte vélo, une remorque… En plus d’être lourds, ces éléments sont des résistances à l’air. Ils freinent la voiture, diminuent l’aérodynamisme et nécessitent donc plus d’effort.

5. Passer les rapports le plus tôt possible

Les fangios du volant le savent bien, une conduite sportive ça consomme énormément. Être en sur-régime c’est grisant en termes de sensations mais c’est surtout un gouffre pour le porte-feuille. Sans parler de l’élévation de la prise de risque sur la route. En termes de consommation, le mieux est de passer ses rapports le plus tôt possible. On dit souvent que la bonne vitesse se trouve aux alentours de 2.000 tours/min. sur un moteur diesel et environ 2.500 tours/min. pour un moteur à essence. Bien évidemment, il ne faut pas tomber dans l’autre travers et se trouver en sous-régime. On connait tous ces papys qui enchaînent le passage des vitesses alors qu’ils avancent à l’allure d’un escargot. Bien que les moteurs actuels supportent la 5e à 50 km/h, je ne le conseille vraiment pas.

  • 1re: vitesse de démarrage
  • 2e: jusqu’à 30 km/h
  • 3e: jusqu’à 50 km/h
  • 4e: jusqu’à 70 km/h

Il vaut mieux aussi donner un bon coup de gaz au changement de vitesse au lieu de garder une accélération constante. Une métaphore intéressante est celle de la roue de vélo. Retournez un vélo et faites tourner la roue avant. Pour commencer à tourner, la roue demande pas mal d’énergie. Une fois arrivée à une rotation suffisante, il n’est plus utile de la solliciter régulièrement. Aussi, l’effort à fournir est faible. Il en va de même pour le déplacement d’une voiture. Une fois dans le bon rythme, plus la vitesse est stable et moins sa consommation est importante. Cela sous entend de faire appel le moins possible aux freins et aux accélérations franches. En ville c’est évidemment plus compliqué mais on peut s’y atteler en respectant notamment les distances de sécurité.

Sur les modèles récents à boîte manuelle, un indicateur sur le tableau de bord annonce le passage de vitesse idéale. Cela permet d’améliorer l’efficacité énergétique du moteur. On trouve également une information de la consommation en temps réelle et moyenne.

tableau de bord, compteurs
affichage de la consommation moyenne au 100 km

6. Conduire de manière anticipative

Un des éléments des plus efficaces pour doser sa consommation est d’agir sur sa façon de conduire. Un des meilleurs exemples est le changement de phase du feu au rouge à distance. Certains, par distraction ou par plaisir, accélèrent jusqu’au feu pour ensuite freiner. C’est contre productif et ça bouffe en consommable. En observant loin, il est possible d’agir en amont: arrêter d’accélérer lorsque le feu passe au rouge puis descendre les rapports tranquillement. Dans le meilleur des cas, il n’est pas utile de freiner.

7. Conduire de manière souple

Dans une émission télévisée, une participante doit conduire avec une baignoire remplie d’eau sur son toit. Le but étant de faire tomber le moins d’eau possible. Cela demande de démarrer en douceur et de maîtriser le freinage progressif et régressif. La conduite sera plus agréable et confortable pour tous les passagers.

Les aides à la conduite, comme le régulateur de vitesse, contribuent à une conduite souple et moins énergivore.

8. Roue libre ou frein moteur ?

C’est une question qui revient souvent et c’est d’ailleurs bien encré dans les habitudes des conducteurs. Plutôt que de rétrograder à l’approche d’un obstacle ou en descente, nombreux sont ceux qui se mettent au point mort (ou pédale d’embrayage enfoncée) pour terminer en roue libre. C’est vraiment pas à faire. Le conducteur doit constamment avoir la maîtrise de son véhicule. Aussi, solliciter le frein moteur ne coûte rien. Que du contraire puisqu’il épargne les plaquettes de frein.

9. Ne pas rester sur le point de patinage en montée

On trouve des conducteurs avec 20 ans de conduite qui retiennent leur voiture, sur le point de friction, au feu rouge dans une montée. Rappelons quelques bases. Une voiture ordinaire pèse environ 1,2 tonnes. Pour éviter qu’elle ne recule en côte, on peut utiliser le frein pédale voire le frein à main. Si la voiture n’est plus retenue de cette façon, elle dévale la pente en raison de sa masse importante. Il faut donc de la force pour la maintenir immobilisée. C’est totalement inutile! De plus, l’embrayage n’est pas prévu pour rester au point de patinage pendant plusieurs minutes.

10. Système start & stop

Les véhicules récents sont équipés du système start & stop. Cela coupe le moteur dès que le véhicule est immobilisé. Il faut bien comprendre que tout le dispositif est pensé pour agir de la sorte. Cela n’a pas de sens de le faire manuellement si la voiture n’est pas équipée de base. La batterie, le démarreur, l’alternateur ne sont pas prévus pour être sollicités à tout bout de champ. En revanche, il est bon de couper le moteur une fois que le véhicule est immobilisé un certain temps.

11. Couper la clim

Il n’y a pas de secret, la climatisation consomme pas mal d’énergie. Encore que… c’est de moins en moins vrai avec les véhicules récents. Si le véhicule est resté au soleil, le mieux est d’aérer l’habitacle pour faire échapper l’air chaud. Ensuite, on peut enclencher la climatisation (vitres fermées bien sûr!). Dès que la température est bonne, le bouton de recyclage de l’air va permettre de récupérer l’air de l’habitacle plus frais que celui à l’extérieur. Cependant, il faut éviter de le garder trop longtemps.