Rouler sous l’influence de l’alcool est à l’origine d’un quart des accidents mortels. Ce n’est pas négligeable et cela n’arrive pas qu’aux autres !

Les jeunes conducteurs particulièrement touchés

Dans les statistiques d’accidentologie, les jeunes sont surreprésentés. On parle bien de ‘jeunes conducteurs’, c’est-à-dire ceux qui apprennent à conduire. Ce n’est pas stigmatiser que d’observer les chiffres d’accidentologie. Par manque d’expérience, les novices réfléchissent encore trop souvent à leurs gestes et à leurs manœuvres lorsqu’ils sont au volant. La conduite n’est pas encore un automatisme. Les conducteurs confirmés réfléchissent et agissent plus par réflexe dans les situations à risques. Ce qui leur permet de boire plus que de raison (surtout la tranche 40-50) et de rentrer en un morceau. Bien souvent, les jeunes conducteurs ne se rendent pas compte de leur état. L’alcool leur donne un faux sentiment de maîtrise. Certains prétendent même être meilleure conducteur sous influence, c’est dire leur état de lucidité ! De surcroît, leurs inhibitions les amènent à prendre davantage de risques.

Les effets de l’alcool sur la perception

Plus la concentration d’alcool dans le sang est élevée, plus le risque d’accident de la route est important et plus les dommages sont sévères. À partir de 0,22 mg, on remarque une augmentation du temps de réaction, la perte de coordination des mouvements et un sentiment d’euphorie. À partir de 0,4 mg, les réflexes sont de plus en plus lents. À partir de 0,65 mg, la marche devient difficile et la vision est déformée. Il y a un risque élevé d’accident grave au volant. À partir de 1,3 mg, il est impossible de conduire. Après 2 mg, c’est le coma qui peut être fatal.

Vigilance amoindrie: un piéton qui traverse ou un véhicule qui débouche d’une rue latérale est perçu avec un temps de retard ou pas du tout.

Effet tunnel: l’alcool réduit notre champ de vision et notre vue périphérique est moins bonne. C’est d’ailleurs à ces endroits que surgissent les piétons et cyclistes. La vue longue distance est également fortement réduite et nous n’évaluons plus les distances correctement.

Temps de réaction allongé: il nous faut plus de temps pour réagir à un événement et les réflexes diminuent.

Prise de risque accru: devenu euphorique, nous surestimons nos capacités, et nous prenons plus de risques qu’à l’habitude.

Somnolence: au fil des kilomètres, nous éprouvons des difficultés à nous concentrer, à rouler en ligne droite et à ne pas somnoler.

S’organiser avant de sortir

On connait tous l’expression “boire ou conduire, il faut choisir”. Et le choix ne se fait pas après trois Chimay dans le nez. La réflexion se fait en amont. Comment je compte rentrer (en vie) ce soir ? Sur qui puis-je compter ? Quelles sont les alternatives au retour en voiture ? Il y a toujours une solution raisonnable, mais elle doit se faire dans un état qui permet la réflexion. Aussi, ne vous sentez pas obligé de monter dans la voiture du copain complètement ivre. Cela vaut-il la peine de jouer à la roulette russe avec votre vie juste par crainte de dire non ?