La plupart des conducteurs ont certainement vécu un dépistage à l’alcool. Il existe différentes situations où le policier peut l’imposer. Lors des campagnes ciblées, comme la campagne Bob, des barrages sont mis en place et tous les conducteurs sont contrôlés. On peut ne pas montrer des signes d’ébriété et être en imprégnation alcoolique. Voyons comment ça se passe.

L’éthylotest (test de l’haleine)

Le policier demande à chaque conducteur de se mettre sur le côté pour effectuer un dépistage. Jadis, la personne interpellée devait se soumettre à des exercices de psychomotricité¹ mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, la technologie a pris le dessus. Pour détecter une consommation d’alcool, l’agent utilise un sampling. Un petit appareil avec un embout en entonnoir. Il suffit de souffler dessus comme pour éteindre une bougie. Toutes les patrouilles ne sont pas équipées de cet appareil. Dans ce cas, le contrôleur utilise alors un éthylotest qui donne le même résultat. Un embout jetable est fixé et le conducteur doit souffler de manière régulière et continue pendant quelques secondes.  Cet appareil ne donne aucune donnée. Il indique juste s’il a détecté de l’alcool dans le souffle de la personne. Il y a trois résultats possible sous forme de lettre: « S », « A » ou « P ».

safe alert positiv
« S » pour Safe. Vous êtes négatif à l’alcool ou du moins vous n’atteignez pas les 0,22 mg. C’est une bonne nouvelle. Vous repartez libre. « A » pour Alarm. Vous êtes positif à l’alcool. Votre taux atteint 0,22 mg mais ne franchit pas la limite de 0,35 mg. « P » pour Positiv. C’est le plus mauvais résultat. Votre taux atteint ou dépasse 0,35 mg. Vous êtes bien alcoolisé.

La personne peut demander à refaire le test si elle l’estime nécessaire. Le taux le plus bas sera pris en compte. Certaines personnes alcoolisées, font mine de souffler pour se soustraire au contrôle. Soit le souffle n’est pas régulier, soit il n’est pas assez fort. Il faut alors recommencer. En cas de mauvaise foi manifeste, l’agent peut décider d’arrêter l’exercice et obliger l’intéresser à se soumettre à la prise de sang. En cas de résultat positif, les frais sont à charge du contrevenant. Il peut arriver que la personne soit de bonne composition mais n’arrive pas à souffler (asthme, trop alcoolisé). La prise de sang est également le seul moyen d’avoir un résultat.

Avant 1994, les personnes devaient “souffler dans le ballon”. Expression qu’on utilise encore actuellement en mémoire à cette époque. Le résultat obtenu après expiration n’avait pas force de loi et il fallait obligatoirement faire une prise de sang. Actuellement, le test de l’haleine a remplacé le ballon et l’analyse de l’haleine a remplacé la prise de sang.


¹ Finger to nose: poser plusieurs fois l’index sur le bout du nez. One leg stand: rester 30 secondes debout sur une jambe. Test de Romberg: fermer les yeux, signaler quand 30 secondes se sont écoulées. Walk and turn: marcher et faire demi-tour sur une ligne droite tracée au sol.

L’éthylomètre (analyse de l’haleine)

En cas de résultat positif à l’éthylotest, la procédure suit son cours. Il faut alors définir le taux exact d’alcool par litre d’air expiré. L’éthylomètre fonctionne sur le même principe: l’usager souffle dans l’appareil une ou deux fois. L’engin est cette fois plus performant. Il est également équipé d’un disque dur et d’une mini imprimante. Le taux exact apparaît sur l’éthylomètre. Les résultats sont imprimés en trois exemplaires: un pour la police, un pour le contrevenant et l’original pour le Parquet.

Avant de se soumettre à l’éthylotest ou l’éthylomètre, la personne peut demander un délai d’attente de 15 minutes. Ce délai peut être imposé s’il y a consommation d’alcool récente, vomissement récent ou absorption d’un sirop à base d’alcool. Naturellement, il serait maladroit de la part du conducteur d’exiger ses 15 minutes alors qu’il est totalement ivre.

Unité de mesure: mg/l ou g/l ?

L’éthylomètre affiche un résultat chiffré en milligramme par litre d’air expiré. On parle aussi d’air alvéolaire expiré ou « AAE ». Le premier seuil se situe à 0,22 mg par litre d’air expiré. Il ne faut pas confondre ces valeurs avec celles exprimées lors d’une prise de sang par exemple. Ce ne sera plus des mg par litre d’air mais des grammes par litre de sang. Cette mesure est parfois aussi exprimée en pour mille. Il y a parfois confusion. Étant donné qu’il est assez rare de se soumettre à une prise de sang, il est préférable de parler uniquement avec les valeurs AAE. Cela dit, il n’est pas très compliqué de faire la conversion. Il suffit de multiplier le taux en mg par 2,3 pour obtenir le taux en g.

mg par l d’air expiré g par l de sang (‰)
Tableau de conversion: imprégnation alcoolique
0,22 0,50
0,23 0,53
0,24 0,55
0,25 0,57
0,26 0,59
0,27 0,62
0,28 0,64
0,29 0,66
0,30 0,69
0,31 0,71
0,32 0,73
0,33 0,75
0,34 0,78
0,35 0,80
0,36 0,82
0,37 0,85
0,38 0,87
0,39 0,89
0,40 0,91