On entend régulièrement cette critique de la part des nouveaux élèves. L’examinateur est cet odieux personnage qui saque le candidat, et ce, à la tête du client. Cela revient surtout des élèves recalés. S’ils ont raté, c’est la faute de l’examinateur trop sévère. Il pousserait même le vice à induire les élèves à commettre des fautes. Je ne connais pas tous les examinateurs mais pour ce que j’en connais, la grosse majorité font leur boulot correctement; c’est-à-dire consciencieusement et de manière objective. Il ne s’agit pas de buser pour une futilité ou parce que l’examinateur s’est levé du mauvais pied. Après, il y a plein de raisons qui mènent à l’échec. Parfois, l’élève fait un parcours exemplaire mais commet une faute éliminatoire. Cette faute a peut-être été commise dans le stress de l’épreuve et n’est pas le reflet du niveau global du candidat. Malheureusement, le format de l’épreuve ne permet pas de juger sur du long terme mais sur une courte durée.

Il est parfois bon que certains élèves se remettent en question. En tant que moniteur, on croise parfois des cas! Ils n’apprennent pas de leurs erreurs, font de grosses fautes en fin de cursus et ne se remettent pas du tout en question. Quand on leur demande d’évaluer leur prestation, ils ont le sentiment d’avoir bien conduit… même en brûlant trois feux rouges d’affilée ! « Oui mais y avait personne. C’est pas si grave. » Quand ils se voient refuser l’attestation, ils sont outrés et ne comprennent pas. Et à l’examen, ça sera du même ordre:
« Je ne comprends pas, j’ai tout bien fait… ».

Il faut bien comprendre une chose, l’examinateur n’exige pas la perfection. Il est bien conscient que les apprenants ne sont qu’à leurs débuts et il faut du temps pour maîtriser sa conduite. Son rôle est de s’assurer que le candidat ne présente pas un danger pour lui et pour les autres sur la route. L’élève doit montrer suffisamment d’assurance dans la manipulation du véhicule, prouver qu’il connaît son Code de la route et justifier d’une conduite défensive. En fin de compte, les passagers doivent avoir le sentiment d’être entre de bonnes mains et qu’ils arriveront à bon port. Pour y arriver, il faut inévitablement des heures de conduite. Plus vous en avez et plus les mécanismes de conduite vont devenir faciles et plus vous serez apte à vous concentrer sur votre environnement.

Il y a une règle immuable: tant que l’examinateur ne donne pas une nouvelle consigne de direction, l’élève continue tout droit pour autant que le Code de la route l’y autorise. Il ne va jamais demander de tourner à droite alors qu’il sait fort bien qu’il y a un sens interdit ou une desserte locale. Cela n’arrive pas ! En revanche, il peut demander de tourner à droite à la prochaine intersection dès que possible. Cela veut dire que c’est peut-être la prochaine ou la suivante. Ce qui peut arriver c’est qu’en continuant tout droit, le jeune se retrouve face à une interdiction (sens interdit, accès interdit, circulation locale, excepté bus…) et qu’il n’existe qu’UNE seule issue. Dans ce cas, c’est à l’élève à trouver la solution.

Il arrive que l’inspecteur demande de faire un stationnement en S en face d’un garage. S’il vous le demande, c’est qu’il estime que vous avez le droit de le faire. Ce n’est pas un piège. Devant un garage l’arrêt est autorisé et même s’il ne (dé)charge pas, la gêne occasionnée est très brève. Par contre, dans certains cas, il est difficile d’apprécier une remarque. Est-elle faite pour que le candidat fasse preuve d’assurance ou est-ce une perche tendue pour corriger un élément de conduite ? Par exemple, après avoir finalisé votre stationnement, il peut vous demander si vous avez terminé votre stationnement. Si vous êtes certain de vous, il suffit de répondre que oui et vous repartez. Si, vous imaginez que vous êtes totalement à côté de la plaque et que vous refaites la manoeuvre, c’est votre choix.

Quoi qu’il en soit, si vous estimez que votre échec est injustifié, vous avez la possibilité de contester. Il faut alors remplir un formulaire et apporter les arguments de votre défense. Même si c’est assez rare, il est déjà arrivé que ça vienne alourdir le dossier d’un examinateur et que des sanctions soient prises par le Ministère.