Elles ne savent pas conduire, ne savent pas se garer, et n’ont pas le sens de l’orientation. Ne dit-on pas aussi “Femme au volant, mort au tournant” ? Voilà le genre d’idées reçues qui se propagent dans les conversations de comptoir et même dans les salles de cours pour apprendre le permis de conduire. Évidemment, ces clichés ne sont prononcés que par des hommes. La femme, cet être inférieur, ne pourrait rivaliser avec l’habilité des hommes. Le moteur à combustion serait chasse gardée de la gente masculine. En poussant un peu la discussion, certains machistes déclarent même qu’elles ne sont pas faites pour ça. Leur rôle se limiterait aux tâches du foyer familial. On croit rêver ! Et si j’en parle, c’est pour avoir entendu ces propos prononcés par des jeunes venus en salle de cours !

Pourtant, il suffit de s’en tenir aux statistiques d’accidentologie. Alors qu’elles représentent la moitié des conducteurs, les femmes s’en sortent beaucoup mieux. Selon Vias, les femmes sont impliquées dans des accidents moins graves que les hommes. Les accidents impliquant une conductrice se soldent deux fois moins souvent par un décès. Plus prudentes et respectueuses des règles, elles font globalement moins d’accident. Parmi les conducteurs à recevoir une perception immédiate relative à une infraction routière, ce sont 2 hommes sur trois. Seul ¼ des contrevenants amenés à comparaître devant le tribunal de police sont des femmes.

En matière d’alcoolémie, la consommation avant de reprendre le volant est équivalente aussi bien chez les hommes que les femmes. Ils sont pourtant quatre fois moins à être contrôlés positif. Les femmes s’organisent davantage les soirs où elles sont susceptibles de consommer. Aussi, elles endossent plus facilement le rôle de Bob et l’assument jusqu’au bout pour une grande majorité. Elles sont également humbles et reconnaissent plus facilement leur vulnérabilité à prendre le volant. Quant aux hommes, leur fierté les pousse souvent à convaincre les autres de leur maîtrise automobile. Confier les clés de leur véhicule est perçu comme un aveu de faiblesse. Cela supposerait aussi de confier, voire abandonner, leur petit bijou à 4 roues.

Concernant l’usage du téléphone, les hommes sont trois fois plus nombreux à l’utiliser au volant.

Les statistiques ne sont guerre reluisantes en ce qui concerne la conduite responsable des hommes. Qui plus est, quand ils sont interrogés, les hommes relativisent plus volontiers ces comportements à risque. Les assureurs et les les associations prévention routière ont plutôt un avis positif sur le comportement routier des femmes: « elles sont plus prudentes et plus respectueuses du Code de la route ». On pourrait encore citer les meilleurs résultats aux examens théoriques pour le permis de conduire même si cet écart tend à s’équilibrer. Petit bémol pour le permis pratique où les hommes semblent plus à l’aise: 60 % de réussite pour les hommes vs 55 % pour les femmes (source: Goca).

Pour tes ces observations, nous (les hommes) avons beaucoup à apprendre du comportement des femmes.