Les piétons au service de la commune

Depuis un certain temps, la commune a bien compris qu’il était dans son intérêt de faire participer le citoyen pour l’amélioration de la voirie. En tant que responsable, elle a l’obligation d’entretenir les routes et son environnement. Il peut s’agir d’un signal routier illisible, un potelet penché, un marquage au sol effacé, un problème d’éclairage public, un nid-de-poule sur la chaussée, un tag, un dépôt clandestin… La ville ne peut avoir les yeux partout, raison pour laquelle il est utile de la prévenir des incidents. Une fois avisée, la responsabilité de la commune ou du gestionnaire de voirie pourra être engagée en cas de litige ou d’accident. Raison pour laquelle, il vaut mieux les contacter par écrit. La difficulté c’est de trouver le bon interlocuteur au risque de voir sa plainte s’égarer.

potelet déchaussé

Identifier le problème

En général, le citoyen ne sait pas qu’il peut intervenir pour signaler un souci. Il aura tendance à penser que cette charge incombe à la commune. D’ailleurs, il a vite fait de se plaindre auprès de ses voisins. Pourtant, cette énergie négative pourrait être constructive s’il prenait le temps de s’adresser au bon service. Aussi, comment savoir si le problème n’a pas déjà été enregistré, signalé ou en cours de traitement ? Ensuite, faut-il encore avoir le contact du bon service dans une administration toujours plus complexe. Sans compter la complexité du système routier belge où certaines voiries dépendent de la commune, d’autres de la Région et d’autres encore du fédéral. Le quidam aura vite fait de se décourager. Essayons d’y voir plus clair.

Première chose à faire, définir la problématique. Des poubelles sorties le mauvais jour, un frigo abandonné le coin d’un rue, des corbeilles fracassées, un canisite mal entretenu, une bulle à verre débordée, des objets encombrants sur le trottoir… Tout cela concerne la propreté publique. Des lampadaires allumés en plein jour, des tags sur les bâtiments, des avaloirs bouchés, des pavés de trottoir déchaussés, un panneau routier bancal, un pottelet à terre… Ces exemples concernent le service voirie.

La deuxième chose à faire, définir qui est compétent à l’endroit concerné. Pour faire simple; le fédéral est compétent pour les autoroutes, la Région pour les grands axes et la commune pour les petites rues. Pour ne pas trop compliquer les choses, prenons uniquement ce qui relève de la Région de Bruxelles-Capitale et des 19 communes. Pour savoir de qui des deux gère une voirie, on peut consulter le listing* des voiries gérées par BXL-Capitale. L’autre truc est de regarder la couleur des poteaux sur lesquels sont apposés les panneaux routiers. La Région a opté pour la couleur champagne tandis qu’ils sont argentés pour la commune.

Nous voilà avec 2 X 2 paramètres: propreté vs voirie et Région vs commune. Pour un souci de propreté à la Région, il faut contacter Bruxelles propreté au numéro gratuit 0800/981.81. Pour un problème de propreté à la commune, il faut joindre le service Propreté de la commune (via leur site web par exemple ou l’application mobile si elle existe). Le délai d’intervention est plus ou moins rapide. Pour un souci de voirie à la Région, Bruxelles-Mobilité (0800/94.001) est responsable. Pour le même tracas au niveau communale, c’est le service Voirie. Tout cela est assez complexe pour le quidam et on n’a même pas parlé de la Région flamande ou wallonne.


* Le lien vers cette ressource n’existe plus.

L’application FixMyStreet

Heureusement, il existe une alternative accessible qui épargne l’utilisateur de toutes ces complications : FixMyStreet. Ce système est valable sur l’ensemble du territoire bruxellois. L’outil en ligne est totalement gratuit et ouvert à tous. Pas besoin de vous enregistrer ou de créer un compte, à moins d’être un professionnel. Le type d’incident est classé dans des catégories: pavé déchaussé, affaissement du revêtement, feu défectueux, panneau abîmé, luminaire éteint… Après avoir localisé l’incident sur la carte interactive, vous pouvez joindre une photo et un commentaire. C’est assez simple, surtout avec l’application qui vous permet de répertorier un défaut en moins d’une minute. Ensuite, le système redirige le problème vers le service ad hoc.

capture FixMyStreet

L’utilisateur reçoit ensuite le suivi de la demande grâce à un numéro unique. Pour avoir testé l’application pendant 6 mois, mon constat est assez mitigé. Dans un premier temps, le système fonctionne plutôt bien puisque les autorités compétentes sont rapidement mises au courant des incidents déclarés. Malheureusement, dans certains cas, a priori anodin, le temps d’intervention peut être long, très long. Des pavés décelés, un feu lumineux occulté, un marquage routier erroné, un panneau additionnel manquant, une voirie dégradée, un potelet à terre… tant d’exemples qui n’ont pas donné suite. Pire, certains sont annoncés comme “clôturés” alors qu’ils ne le sont pas.

Une meilleure communication avec le citoyen permettrait une meilleure expérience avec l’outil. On imagine que le temps d’intervention peut dépendre de nombreux facteurs: importance de l’incident, complexité du réseau, mauvaise communication entre les services, aménagements futurs de la voirie, etc. Par exemple, il ne sert à rien de refaire le revêtement d’un trottoir s’il doit être éventré deux semaines plus tard par la compagnie des eaux. Bref, j’ai abandonné l’outil car je le trouve très peu performant sur le terrain.

Fix My Street a pour objectif de faciliter la communication entre les citoyens et les différents gestionnaires de l’espace public. Les informations fournies par les citoyens doivent être considérées comme des documents de travail qui aideront les autorités compétentes à organiser leur action. En aucun cas, cela n’engage les communes bruxelloises, Bruxelles Mobilité ou les autres gestionnaires de l’espace public à intervenir dans un délai donné.