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Comment devenir moniteur auto-école ?

À vrai dire, la situation est un peu confuse. À présent, il n’y a aucune obligation de suivre de formation. Il suffit à quiconque de s’inscrire aux examens. Jadis la matière était fédérale et organisée par le SPF Mobilité. Depuis la réforme, cette compétence a été régionalisée. Il faut donc se tourner vers une des trois régions.

Il vous faudra un extrait du casier judiciaire vierge et le permis depuis au moins 4 ans. On vous demandera aussi le diplôme de l’enseignement secondaire supérieur (CESS). Après, à chacun de se débrouiller pour se former. Honnêtement, à moins d’avoir de nombreux contacts dans le métier, il est extrêmement difficile de se former seul en partant de rien. Même l’autorité en charge de la matière censée orienter les futurs moniteurs, est très laconique sur le contenu et ne vous sera pas d’une grande utilité.

Formation en auto-école

Une autre solution consiste à suivre une formation organisée par une auto-école ou la Fédération des auto-écoles agréées (FAA). Ces formations n’ont pas de succès, et pour cause, elles sont très onéreuses pour un contenu relativement pauvre. Cela peut être démotivant pour un demandeur d’emploi d’avoir investit beaucoup d’argent pour un résultat incertain. Je rappelle que le taux de réussite aux examens est de 10 % au premier passage.

À titre d’information, voici les tarifs de la FAA:

  • code de la route: 195 € + 50 € pour le syllabus
  • mécanique automobile 195 € + 50 € pour le syllabus
  • 4 jours de stage: 600 €
  • préparation à la leçon modèle: 120 €
  • mise à disposition du véhicule pour l’examen final de pratique: 125 €
  • inscription aux examens: 26 €

Formation pour demandeurs d’emploi

Certains organismes proposent des formations complètes pour les demandeurs d’emploi et ce gratuitement. Pour ma part, je faisais partie du premier groupe lancé sur Bruxelles en collaboration avec Mobil’aid et la Maison de l’emploi et de la formation de Bruxelles. Trois mois de formation intensive avec trois axes principaux: le Code de la route, les lois coordonnées et la mécanique automobile. Une très belle opportunité que je ne regrette pas du tout.

Tout est pris en charge: les cours, les syllabus, les activités extra-scolaire, les ateliers pratiques et même les examens avec la possibilité de les repasser en cas d’un premier échec. En tant que demandeur d’emploi, vous touchez également 1 € de l’heure et la dispense de recherche d’emploi. En revanche, tous les frais post-examen sont à votre charge: sélection médicale (± 135 €) et le changement du permis de conduire (2 X 25 €: sélection médicale et code 103).

Formation agréée

À ce jour, la formation (agréée ou pas) pour devenir moniteur auto-école n’est pas obligatoire. C’est assez inquiétant de voir que des futurs instructeurs ne doivent même pas justifier d’un apprentissage de base. Certes, ils ont réussi les tests et effectués un stage de 300 h minimum, mais cela est-il suffisant ? Quid de la maîtrise de la conduite automobile, des aptitudes pédagogiques, de l’intérêt pour le métier ? Cet état de fait risque de changer puisqu’une formation agréée obligatoire est en train de prendre forme. Reste à définir le public cible et qui supportera les coûts.

À ma connaissance, il existe un seul centre de formation agréé pour le brevet 2: l’IFAPME. Elle vous permet de prester au minimum 225 h au lieu des 300 h. La FAA dispense également un enseignement reconnu mais uniquement pour les motos et les camions. Je n’ai pas testé ces organismes pour donner mon avis. Les retours que j’ai eus sont assez mitigés. Le contenu de la formation officielle est reprise dans l’arrêté ministérielle du 30/01/2006 dispensé en 120 h de cours théoriques.

  • les lois coordonnées
  • le code de la route
  • les degrés d’infraction
  • le permis de conduire
  • la technique de la conduite automobile
  • la mécanique
  • la pédagogie théorique et pratique
  • la psychopédagogie de la conduite
  • la didactique
  • la sécurité routière
  • la protection de l’environnement et la mobilité
  • les mesures pour venir en aide aux victimes d’accidents de la route

Limites de la formation

Les modules proposés s’articulent autour de deux grands axes principaux: le Code de la route (+ les lois coordonnées) et la mécanique automobile.  Ajoutons à cela, quelques heures sur l’organisation judiciaire et un survol de la pédagogie pratique.  À aucun moment, les élèves sont amenés à prendre le volant. On peut très bien imaginer un prétendant moniteur possédant le permis de conduire depuis 10 ans mais avec très peu d’heures de conduite. Ou un autre, complètement formaté dans ses mauvaises habitudes de roulage. Sans parler des comportements totalement inadaptés à une conduite préventive. Cela ne serait pas si gênant dans la mesure où une formation pratique était dispensée comme c’est le cas en France. Des cours de méthodologie et de pédagogie pratique où on nous apprend les techniques pas à pas.

Bien sûr il y a le stage de 300 heures dont 150 obligatoires à l’arrière en observateur. Ce rôle complètement passif est intéressant pour le début mais insuffisant à mes yeux. Et bien souvent, l’apprentissage de notre métier va dépendre de la “qualité” de notre maître de stage. Est-il un bon pédagogue, a-t-il l’amour du métier, peut-on se fier à son expérience de la conduite, etc. D’où l’intérêt pour un prétendant moniteur de bien réfléchir avant de choisir son lieu et son maître de stage. Et là, on nous donne aucune indication pour en choisir un. À chacun de se débrouiller pour sentir l’ambiance de travail, évaluer en une ou deux rencontres si la relation passe bien avec son futur employeur. Heureusement, le monde du monitorat est petit et les choses se diffusent assez vite.