En 1975, une série de signaux ont été introduits alors que d’autres existaient déjà mais avec une toute autre signification. Par exemple, le E1 (stationnement interdit) portait le numéro 33 et interdisait le stationnement 20 mètres avant et 20 mètres après le signal. Le E1 actuel ne fonctionne plus sur le même principe mais se trouve complété éventuellement par une flèche de début et fin de réglementation. Ces deux systèmes ont coexisté pendant une période de transition de 1975 à 1981. Pour distinguer les deux, le législateur avait décidé de peindre les fûts et le dos des nouveaux signaux en orange. Cette mesure transitoire n’a jamais été abrogée dans les textes officiels. C’est du moins l’explication d’un spécialiste E. Calen. Raison pour laquelle on retrouve encore cette distinction de couleur dans le Code du gestionnaire (AM 11/10/76).

Les fûts ou les supports de ces signaux [E1 à E9h] et, autant que possible, le dos de ceux-ci sont de couleur orange. — { Code du gestionnaire, art. 11.4.1.1° }

De l’orange pour attirer l’attention. Le conducteur à la recherche d’une place s’attarde rarement aux panneaux de stationnement placés à l’entrée d’une rue puisque rien ne lui garanti de trouver une place libre. Une fois stationné, il peut alors se poser la question: stationnement payant, zone bleue, durée limitée, stationnement particulier ? Sauf que… tous les signaux sont de dos. Il doit alors remonter la rue pour se renseigner et rien ne lui garantit que la signalisation se réfère au stationnement. L’orange sert alors de repère visuel pour distinguer les uns des autres. Il en va de même pour les automobilistes qui font demi-tour dans une rue où la circulation est autorisée dans les deux sens.

La couleur est donc un élément distinctif. Reste que cette règle n’est nullement une obligation pour les responsables de la signalisation routière. Le Code du gestionnaire n’a pas de pouvoir contraignant, ce sont juste des recommandations. Aussi, dans les villes, les signaux sont parfois attachés aux lampadaires et on n’imagine pas de les peindre en orange. Le mieux serait alors de limiter la couleur uniquement au dos du signal. Cela a été proposé mais oublié à cause des changements de gouvernement. Au final, on se trouve avec des fûts de différents coloris: orange, vert, gris… Et c’est sans compter le non respect des couleurs où on trouve des fût orange surmontés d’un signal d’interdiction par exemple.

Signal d'interdiction avec un fût orange

À cela, vient s’ajouter le choix du matériaux propre à chaque acteur de terrain. La Région utilise une couleur champagne pour se distinguer de la commune qui favorise la couleur argent.

Zone de livraison, fût de couleur champagne

Dorénavant, la matière a été régionalisée et chaque Région est amenée à en définir les recommandations qu’elle juge utile. On pourrait par exemple avoir des poteaux verts et jaunes en Flandre ou rouges et blancs en Wallonie. Néanmoins, ça n’a pas empêché un juge de classer sans suite une redevance de stationnement en raison de la mauvaise couleur du poteau: « Pas de poteau orange, pas d’amende de stationnement ». Décision étonnante car il ne s’agit pas de règles proprement dites. Va-t-on voir les poteaux se doter d’orange ou au contraire, une loi (encore une !) pour éclaircir cette zone d’interprétation ?

Mise à jour: À partir du 1er mai 2018, la Région bruxelloise n’exige plus que les fûts et les supports sur lesquels sont fixés les signaux routiers relatifs à l’arrêt et au stationnement (E1 à E9h) soient de couleur orange. Cf. l’arrêté du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 01.02.2018.