J’ai déjà eu l’occasion de croiser un véhicule avec ce gros autocollant placardé en plein milieu de la vitre conducteur: « Je suis garé comme une merde ». Je pensais le phénomène très isolé mais visiblement, l’équipe de choc à tout un arsenal pour sévir. Le site web GCUM met en avant ces stickers aux différentes variantes. Bien souvent, il s’agit d’une exaspération des cyclistes à l’égard du stationnement sauvage des automobilistes: en plein milieu d’une piste cyclable, sur un emplacements PMR alors que la personne ne dispose pas de la carte spéciale, à cheval ou sur le trottoir, au milieu de plusieurs emplacements de stationnement, etc.

Tous ces cas sont intolérables et je comprends l’agacement des usagers vulnérables à vouloir agir alors que visiblement les autorités françaises ne font pas grand-chose. Pourtant, je trouve la méthode totalement inefficace et contreproductive. Comment peut-on espérer un changement de comportement en pratiquant le dénigrement et l’insulte ? Dans le lot de tous ces gens mal garés il y a sans doute des imbéciles égoïstes et hermétiques à la critique. Il y a également tout un panel d’autres personnes qui ont des raisons justifiées ou non. Le cas le plus commun est le stationnement éphémère, le fameux « j’en ai que pour 2 minutes » et qui finit par durer une demi-heure. D’autres n’ont tout simplement pas remarqué qu’elles se trouvent sur un stationnement interdit ou réservé à une catégorie de conducteurs. Il y a encore les maladroits ou les personnes d’un certain âge qui font ce qu’elles peuvent. De plus, nous sommes humains et nous commettons tous des erreurs de manière involontaire ou non. Tous les cyclistes sont loin d’être exemplaires au niveau du respect des règles de circulation. Alors arrêtons d’opposés les uns contre les autres. Malheureusement le phénomène de dénonciation et de dénigrement s’accentue avec les rageux anonymes des réseaux sociaux qui ne se privent pas pour pointer le travers des autres.

Soyons adultes et constructifs. Même si ces comportement réguliers nous agacent, il faut essayer de relativiser. Cela vaut-il la peine de dénigrer à ce point un comportement ? Que connaissez-vous de la situation ou des intentions de la personne mal garée ? Si la réponse est: « Rien et j’en ai rien à faire » c’est qu’il y a encore du chemin à faire au niveau du vivre ensemble. Je ne prône pas un laisser-faire mais il existe dans ce pays des instances dont le travail est la répression mais aussi en assurant des missions préventives. Pour certains, la répression est devenue insupportable et pour d’autres il faudrait un policier à chaque coin de rue.

À sa décharge, le collectif dispose d’autres messages moins agressifs et c’est une bonne chose. Le but de la manœuvre c’est de sensibiliser la personne sur son comportement gênant ou dangereux, pas de la traiter comme une moins que rien.