Annoncé depuis 2015, le projet Mercurius est développé par le SPF Justice et  Mobilité. Il permettra aux policiers de vérifier en temps réel si un automobiliste est sous le coup d’une déchéance, un retrait temporaire de permis. Il sera aussi possible de savoir si le déchu a remis son permis à la commune, s’il doit passer des examens de réintégration ou s’il doit rouler avec un alcolock. Plusieurs banques de données sont croisées. Jusqu’à présent, le policier ne pouvait pas avoir ces informations à moins de contrôler deux fois la même personne ou de se renseigner auprès du Parquet. Début 2021, le projet n’est toujours pas abouti.

Ce manque de partage d’information permet par exemple à un contrevenant sous le coup d’une déchéance de ne pas rendre son permis de conduire au greffe et de le présenter en cas de contrôle routier sans aucun problème. À moins que le policier se souvienne des anciennes condamnations ou si l’infraction est trop grave, il n’y a aucun moyen de connaître le profil routier du conducteur. Idem pour un retrait de permis en cours, l’obligation de rouler avec un éthylotest antidémarrage, de passer des examens de réintégration… Il est aussi intéressant pour le verbalisant de savoir si la personne interceptée est une habituée ou c’est tout à fait exceptionnel. Actuellement, la plupart des auteurs interceptés d’infraction pour alcoolémie prétendent que c’est la première fois alors qu’ils ont un lourd parcours judiciaire.