Lors de la première phase de mon stage, j’étais en observation à l’arrière du véhicule. L’élève conduit sous le regard et les conseils du moniteur expérimenté. La tâche n’est pas trop compliquée avec des élèves qui conduisent déjà depuis un certain temps. À ce niveau, l’instructeur intervient très peu. Il laisse le candidat aux commandes et corrige après-coup des petites erreurs récurrentes notamment les contrôles rétroviseurs/angle-mort ou l’utilisation du frein moteur. Au pire des cas, il intervient physiquement mais c’est plutôt rare.

La mission du mono est aussi de le guider en suivant un itinéraire. Chaque formateur choisit librement ses parcours. Rien n’est imposé. Naturellement, il a plutôt intérêt à bien connaître les lieux. Non seulement il faut repérer les éventuels dangers mais aussi se renseigner sur les limitations de vitesse, les priorités, les marques routières, les travaux éventuels, etc. Avec les années d’expérience, ça devient presque machinal. Et pour les élèves en préparation de l’examen pratique, on se rend sur les itinéraires régulièrement empruntés par les examinateurs. Un atout sérieux pour l’élève. D’ailleurs, selon les chiffres du Goca, 83 % des apprentis ayant majoritairement ciblé leur entraînement dans les environs des centres d’examen ont réussi l’épreuve pratique. De cette manière, le candidat découvre et apprend les trajets potentiels, repère les pièges et bénéficie des précieux conseils du moniteur.

Enregistrer ses déplacements avec une appli

Seulement voilà, moi le stagiaire, j’aurais bien aimé enregistrer les parcours pour ensuite me les approprier et les refaire avec les élèves. Dans un premier temps c’est plus simple que de partir de zéro. N’ayant pas de GPS avec une fonction d’enregistrement, j’ai cherché du côté des applications. J’ai trouvé Geo Tracker. Il fonctionne comme un magnétophone. Après avoir activé la géolocalisation, vous appuyez sur le bouton rouge d’enregistrement et l’application commence à tracer le parcours en temps réel. À tout moment, vous pouvez ajouter une annotation comme une erreur récurrente des élèves ou une particularité du parcours. À la fin du trajet, il suffit d’arrêter l’enregistrement. Cerise sur le gâteau, il est possible d’exporter le fichier dans trois formats .gpx, .kml, .kmz pour l’importer vers son GPS.

Captures Geo Tracker

Le seul défaut que je lui trouve c’est de créer de trop nombreux points de passage. Pour une leçon de deux heures, il crée pas moins de 2.000 repères. C’est beaucoup trop lourd pour des logiciels d’édition comme ITN Converter. Ce-dernier gère idéalement moins de 50 points.

Acheter des itinéraires sur le web

Sur le net, des sites proposent à la vente des itinéraires d’examen. C’est le cas de filiere-libre.be. C’est plutôt une bonne chose pour ceux qui veulent avoir un aperçu des parcours. Le site, tenu par un ex-moniteur à la retraite, vous vente les bienfaits des clichés numériques. Depuis votre canapé, vous n’avez plus qu’à vous laisser guider d’un point à un autre en utilisant Google Earth et Google Street View. Si vous ne connaissez pas ces deux outils, ils sont assez bluffants et en libre accès. Cette approche est sans doute très utile dans un premier temps, mais elle reste totalement insuffisante ! Le mieux est sans nulle doute de se confronter à la réalité, d’aller sur le terrain, de se mettre en situation réelle. Être accompagné d’une personne expérimentée va vous aider à repérer les difficultés, à trouver des alternatives à un sens interdit ou une desserte locale.

parcours dans Google Earth
parcours dans Google Earth

Le site en question fournit un fichier .kml. Selon l’auteur, il suffit d’utiliser l’application gratuite Maps.me et « mettre son GPS en mode réception ». En réalité, c’est loin d’être aussi facile. Premièrement, si vous comptez utiliser l’itinéraire sur votre téléphone, il faut disposer du fichier sur son portable. Le plus simple est d’avoir le fichier .kml sur sa messagerie et de l’ouvrir avec Maps.me ou Geo Tracker. L’itinéraire apparaît bel et bien. On peut ensuite suivre le parcours mais sans être guidé comme le ferait un GPS. Pour y arriver, il faut utiliser un véritable GPS et l’option d’importation. C’est le moment de lire le manuel utilisateur de son TomTom, Garmin ou du GPS intégré à la voiture. La plupart des GPS utilise l’extension .gpx. Il faut alors convertir le fichier .kml en .gpx via un logiciel comme ITN Converter. Waze n’est pas conçu dans cette optique d’importation, il génère indépendamment ses parcours. Bref, c’est beaucoup de chipotage pour une fonction assez basique.

Il n’existe pas d’itinéraire prédéfini

Sachez qu’il n’existe pas d’itinéraire d’examen prêt à l’emploi. L’examinateur choisit librement le chemin qu’il souhaite emprunter. Évidemment, il est limité dans un périmètre du centre d’examen puisque celui-ci dure seulement 40 minutes. La seule contrainte de l’inspecteur est celui de passer par trois points de passage. De nouveaux repères sont donnés tous les trois mois. À force de passer les examens, difficile pour lui d’improviser des itinéraires à chaque session. Il existe aussi des passages un peu plus subtiles que l’inspecteur affectionne. Du coup, on trouve des classiques mais ce n’est pas la règle. L’inspecteur reste seul maître à bord sur le choix de la direction. Autre chose, ne vous fiez pas entièrement aux clichés pris par satellite. Les images datent généralement de 2014. Des aménagements, des signaux routiers peuvent avoir changés entre temps. Enfin, les algorithmes de superposition des images donnent de temps à autre des situations inexistantes et grotesques. Le mieux reste de s’entraîner derrière un vrai volant avec son guide. Et pour ceux qui apprennent en filière libre, rien ne vous empêche de prendre 2 h de cours avec un moniteur pour faire le point. Demandez-lui de faire les parcours d’examen. Vous serez ainsi rassuré et plus à l’aise.