L’article 75 aborde les marques longitudinales indiquant le bord de la chaussée. Ce marquage peut prendre deux formes. Le premier est un ligne blanche continue (LBC) située sur le bord réel de la chaussée, la bordure d’un trottoir ou la bordure d’un accotement en saillie. Il n’a d’autre fonction que de rendre cette limitation plus apparent. Le Code du gestionnaire et son art. 17 précise que sa largeur est de 15 cm sur les routes ordinaires et 30 cm sur les autoroutes.

Le deuxième marquage concerne le bord fictif de la chaussée. La partie située au-delà de cette ligne est réservée à l’arrêt et au stationnement sauf sur autoroutes et routes pour automobiles. Pour la différencier de la première ligne, il s’agit d’une large ligne blanche continue (LLBC). Selon le Code du gestionnaire, la largeur est identique sur autoroute à savoir 30 cm. Cela ne nous intéresse pas trop puisque la circulation sur la bande d’arrêt d’urgence est interdite. En revanche, la largeur de cette ligne est de 25 cm sur les routes avec bandes de circulation et 20 cm pour les routes sans bandes de circulation.

Prise de mesure sur le terrain

Je me suis amusé à mesurer ces lignes dans plusieurs communes bruxelloises. Muni d’un mètre, je n’ai calculé que les lignes blanches indiquant le bord fictif. Un marquage tient en moyenne deux ans. Les services de voirie sont chargés de les repeindre. On peut donc s’attendre à ce qu’elles soient en léger embonpoint en raison des multiples passages. Fort est de constater qu’elles ont plutôt une taille de guêpe. Certaines font à peine 11 cm et les plus épaisses 18 cm. En moyenne, la LARGE ligne blanche fait 16 cm. On est loin des 25 cm comme annoncé.

Large ligne blanche continue mesurée
une épaisseur de ligne de 15 cm

En se tenant aux recommandations du Code du gestionnaire, une ligne de 15 cm équivaut au bord réel et une large ligne de 20 ou 25 cm devient le bord fictif. Pourtant, la réalité du terrain nous montre que ce n’est pas du tout respecter. Certaines routes peinturées avec des fines bandes représentent le bord fictif. Il y a là une contradiction entre une recommandation et la réalité.

Dépassement et croisement

Selon certains spécialistes, les LBC doivent mesurer 15 cm. Elles sont franchissables dans les cas de nécessité. Par exemple, elles permettent aux conducteurs d’emprunter la zone de stationnement (ou ce qui devient un accotement de plain-pied) en cas de dépassement (art. 16.5) ou de croisement difficile (art. 15.3) , pour autant que l’espace soit libre bien entendu et sans mettre en danger les usagers qui s’y trouvent.

En revanche, une LLBC est infranchissable (source ?!), même dans les deux cas cités précédemment. On se demande alors ce que l’automobiliste est censé faire face à un véhicule imposant s’il ne peut se déporter ?! C’est à se couper les cheveux en quatre. Je suppose que l’idée est de différencier ce qu’on peut considérer comme un accotement de plain-pied et les longues zones de stationnement sur les voies plus rapides. En effet, autoriser le dépassement par la droite à 90 km/h n’est pas sans danger.

Que fait le service voirie ?

Les automobilistes n’ont pas de supers pouvoirs capables de distinguer la largueur d’une ligne blanche. Alors comment faire ? J’ai contacté la voirie de deux administrations communales. Elles estiment ne plus faire la différence entre les deux tailles. Dans tous les cas, on considère la ligne continue comme étant franchissable. Ouf !

rue des trois burettes
rue des Trois Burettes, Mt-St-Guibert

Dans cette dernière illustration, la zone de stationnement est plus étendue. Elle est aménagée avec des potelets souples en début et à la fin. Ce dispositif n’encourage pas les conducteurs à l’emprunter. Le marquage est présent tout le long de la chaussée et interrompu aux intersections.

Boulevard de Lauzelle, Louvain-la-Neuve
bd de Lauzelle, Louvain-la-Neuve