La N25  a fait parler d’elle au courant de l’année 2019. Pour rappel, à l’origine les agriculteurs ne voulaient pas de cette nationale. Un accord tacite avait été conclu: la N25 passera à travers champs et en contrepartie les tracteurs seront autorisés d’emprunter la voie rapide.  Malheureusement, cette cohabitation ne plaide pas en faveur de la sécurité routière puisqu’il y a de nombreux accidents. Selon les statistiques, la route présente un nombre trop élevé d’accidents en raison de la forte différence de vitesse entre les tracteurs (limités à 40 km/h) et les autres véhicules. Dans un premier, l’idée était de changer le statut de l’autoroute en route automobiles afin de réduire la vitesse générale. Pour finir, le ministre wallon de la Sécurité routière de l’époque (Carlo Di Antonio) avait annoncé l’interdiction des véhicules lents (dont les convois agricoles) sur cette nationale à partir de 2020.

En octobre 2019, la nouvelle ministre Valérie De Bue casse l’arrêté. Elle veut avant tout un dialogue avec les parties concernées et souhaite la mise en place de mesures de sécurité renforcées. Dans les propositions, l’accompagnement des ces engins agricoles par des véhicules d’avertissement à l’arrière. Proposition rejetée car jugée irréaliste et peu concluante aux regards des résultats de différentes études. Autre proposition, celle des itinéraires alternatifs* pour les plus petits gabarits. Rejeté également. In fine, la ministre a insisté sur la nécessité de respecter les règles de signalisation sur le véhicule comme la présence de feu jaune-orange. Des panneaux routiers informatifs avec la mention “Différence de vitesse, tracteurs agricoles” seront disposés le long de cette voie rapide. Deux radars sont également prévus sur ce tronçon.

* Selon les agriculteurs, la traversée de la campagne et des villages a plusieurs effets négatifs. Ces mastodontes, toujours plus imposants, doivent traverser des routes peu adaptées à leur gabarit. La voirie est souvent faite de chicanes, ronds-points et rétrécissements pour limiter la vitesse des véhicules ordinaires. La traversée de tracteurs n’est pas sécurisante pour  les habitants, les enfants,  les cyclistes. Sans compter les nombreux ralentissements. Ces véhicules occuperont toute la place et il sera difficile de les dépasser. Quid d’un croisement entre deux tracteurs ? Quid des dégâts occasionnés dans les habitations à cause des vibrations ?