La N25  a fait parler d’elle au courant de l’année 2019. Le ministre wallon de la Sécurité routière de l’époque (Carlo Di Antonio) avait annoncé l’interdiction des véhicules lents (dont les convois agricoles) sur cette nationale à partir de 2020. Selon les statistiques, la route présentait un nombre trop élevé d’accidents en raison de la forte différence de vitesse entre les tracteurs (limités à 40 km/h) et les autres véhicules. En octobre 2019, la nouvelle ministre De Bue casse l’arrêté. Les tracteurs pourront toujours circuler sur cette route et des aménagements seront pris.

À l’époque, il y a près de trente ans, les agriculteurs ne voulaient pas de cette nationale. Un accord tacite avait été conclu: la N25 passe à travers champs et en échange les tracteurs sont autorisés à emprunter la voie rapide.  Volte face du gouvernement. Ce dernier a fait de la sécurité routière une priorité et des objectifs chiffrés sont attendus, notamment le nombre de morts sur les routes. Dans un premier temps, il avait été envisagé de faire passer la voie rapide en “route pour automobilistes” pour permettre de diminuer la vitesse. En fin de compte, le ministre veut interdire les convois agricoles.

Selon les agriculteurs, la traversée de la campagne et des villages a plusieurs effets négatifs. Ces mastodontes, toujours plus imposants, doivent traverser des routes peu adaptées à leur gabarit. La voirie est souvent faite de chicanes, ronds-points et rétrécissements pour limiter la vitesse des véhicules ordinaires. La traversée de tracteurs n’est pas sécurisante pour  les habitants, les enfants,  les cyclistes. Sans compter les nombreux ralentissements. Ces véhicules occuperont toute la place et il sera difficile de les dépasser. Quid d’un croisement entre deux tracteurs ? Quid des dégâts occasionnés dans les habitations à cause des vibrations ?