Pour un conducteur expérimenté, plus besoin de savoir quand changer les vitesses. Ca se fait spontanément. C’est de l’automatisme. Pour les élèves qui débutent, ce n’est pas évident de connaître le moment où il faut monter ou descendre dans les vitesses. Il y a plusieurs techniques et chaque apprenant choisira ce qui lui convient.

❖ Le compteur de vitesse

Pour faire simple, en situation normale et lors d’une phase d’accélération, on passe la deuxième à 20 km/h, la troisième à 40 km/h, la quatrième à 60 km/h et la cinquième à partir de 70 km/h. Le passage est plus tardif si on a besoin de plus de couple (montée, dépassement): 30 km/h en deuxième, 50 km/h en troisième, 80 km/h en quatrième et 100 km/h en cinquième mais tout cela est très théorique. En tenant compte des valeurs basses (20, 40, 60 et 70) je sais que je suis à la limite de la vitesse pour rétrograder. Donc, si je suis en 5e et en phase de freinage, je sais que je vais pouvoir passer la vitesse inférieure à partir de 70 km/h. Le passage de la quatrième à la troisième se trouve aux alentours de 50 km/h et de 30 km/h pour le rétrogradage de la troisième à la deuxième. On ne rétrograde jamais en première. Cette technique est pratique et concrète mais elle demande de l’anticipation et déconnecte le regard de la route. Les valeurs dépendent aussi de chaque voiture et l’élève doit pouvoir s’adapter à tout type de voiture.

À l’approche d’un feu rouge ou d’un obstacle fixe, les élèves anticipent mais une fois arrivé en deuxième, ils débrayent trop tôt. Du coup, il se retrouvent en roue libre ce qui est évidemment déconseillé. Pour connaître les limites de la voiture, il suffit de faire l’exercice suivant: rouler doucement en première puis relâcher l’accélérateur. Ne pas freiner. La voiture va atteindre sa vitesse minimale sans caler. C’est ce qu’on appelle le ralenti moteur. Il est bon de faire le même exercice en deuxième pour se rendre compte que tant qu’on ne freine pas, la voiture ne va jamais caler. Chaque voiture à son ralenti moteur. Par exemple, sur mon véhicule, la première roule jusqu’à 5 km/h et la deuxième jusqu’à 12 km/h.

ralenti moteur, première
ralenti moteur, première vitesse
ralenti moteur, deuxième
ralenti moteur, deuxième

❖ Le compte-tours (régime moteur)

La valeur est exprimée en tours par minute. Au ralenti-moteur, la voiture tourne à 800 tours/minute. Chaque accélération augmente cette valeur. Le compte-tours se trouve généralement sur toutes les voitures, anciennes ou récentes. Le passage va dépendre du type de carburant (essence/diesel) et du type de véhicule. Grosso-modo, on dit que le passage des vitesse se fait à 2.500 tours pour une essence et 2.000 tours pour une diesel.

❖ Le son du moteur

La troisième technique ne fait plus appel à la vue mais à l’ouïe. Grâce au ronronnement du moteur, on peut comprendre qu’il est temps de passer de vitesse. Ce n’est pas toujours évident car les voitures récentes sont fort insonorisées et les moteurs sont silencieux. De plus, dans un environnement bruyant comme la ville, on l’entend beaucoup moins bien. Souvent, les néophytes hésitent à passer de vitesse et se trouvent en sur-régime alors qu’il n’y a pas de raison. Les papis du dimanche, sont plutôt en sous-régime: ils ne roulent pas vite mais passent les vitesses rapidement. À titre d’exemple, ils sont en cinquième à partir de 50 km/h. Une façon d’avoir une vitesse de croisière et de consommer un minimum. Malheureusement, les conditions ne sont pas toujours favorables et si le conducteur a besoin d’un peu de puissance, la voiture mettra une plombe à réagir.

Le moteur des anciennes voiture peut être encrassé par une habitude de conduite trop lente (sous régime) qui encrasse le moteur. Du coup, la voiture n’a plus la pêche pour passer correctement les rapports et réclame un changement de vitesse plus tôt que prévu. Pour la décrasser, il faut forcer le moteur à passer les vitesses plus tard.

Certains moniteurs comparent les vitesses à des animaux. La première est puissante à l’image d’un éléphant. Elle est aussi très limitée dans sa plage de vitesse. Son rôle est de déplacer une masse inerte de plus d’une tonne. On dit souvent que la première est la vitesse de démarrage. Évidemment, on s’en sert dans d’autres conditions: se stationner, se déplacer dans les bouchons, changer de direction quand la visibilité est masquée, monter une forte inclinaison (sortie de parking), etc. La cinquième vitesse est moins puissante mais elle a un très large étendue sur la vitesse de pointe. Elle peut se mettre à 50 km/h jusqu’à 130 km/h sans problème. On l’utilise essentiellement sur les voies rapides.

❖ L’expérience

Plus besoin de regarder son compte-tours ou d’écouter son moteur. Tout ce fait spontanément. Cela demande de la pratique encore et toujours.