Régulièrement, les élèves évoquent des pièges tendus par l’examinateur lors du passage de l’examen pratique pour le permis de conduire. La croyance populaire prétend que l’inspecteur aurait orienté l’élève vers un sens interdit. Pourtant, la réalité est tout autre. L’inspecteur n’est pas dans une logique de buser les élèves. Il tient juste à s’assurer que le candidat maîtrise suffisamment son véhicule et qu’il est capable de se déplacer en toute sécurité. Il sera jugé sur sa connaissance du Code de la route, son application et sa technique de conduite. Pour permettre au conducteur de se concentrer dans sa tâche, l’inspecteur se limite aux consignes. Ce comportement peut paraître distant et assez froid mais c’est une manière de rester neutre avec tous les candidats.

Ce qui est considéré comme des pièges ne sont que des endroits techniques qui permettent de vérifier si l’élève est capable d’exploiter tout ce que le moniteur/guide lui a appris, notamment la vision au loin, l’anticipation. Ce n’est pas toujours évident surtout si le trafic est saturé. D’où l’intérêt de rouler suffisamment avant de se présenter. Rouler, ce n’est pas faire toujours le même trajet. Ca c’est resté dans sa zone de confort et stagner. C’est la meilleure façon pour être perdu dans de nouvelles situations. Quand on se prépare pour l’examen, il faut saisir toutes les opportunités pour rouler et travailler surtout sur ce qu’on maîtrise moins bien. Vous ne maîtrisez pas les créneaux ? alors faites et refaites des créneaux. Vous transpirez à grandes gouttes si vous deviez être immobilisé en côte ? alors faites et refaites des démarrages en côte.

❖ Regarder son environnement

Avant de prendre la route, l’examinateur vous dira que tant qu’il ne vous donne pas de consigne d’indication, vous devez — si possible — suivre la route. Concrètement, à un carrefour vous prenez la sortie d’en face. À un rond-point, vous prenez la sortie d’en face. Évidemment, il existe des intersections où la rue d’en face est interdite aux conducteurs. Idem pour la desserte locale où le candidat n’est pas autorisé à l’emprunter même si – par le plus grand des hasards – il habite vraiment dans la rue. Attention au C3 où cela ne concerne que les véhicules d’un certain tonnage. Parfois, la voirie d’en face débouche sur un site spécial ou un site propre réservé aux transports en commun. Il faut donc bien observer la signalisation, le marquage au sol. Suivre les autres ça peut parfois vous sauver mais un conducteur lambda est loin d’être un modèle de conduite. Un bon exercice à faire pendant ses heures de pratique est la conduite commentée. En roulant, vous énoncez ce que vous voyez et en particulier les signaux routiers de priorité, de danger et d’obligation.

carrefour
interdiction d’aller à droite, C3 tout droit

❖ Bien se placer sur une chaussée à sens unique

Il est très important de repérer le signal d’une voie publique à sens unique (F19), à défaut de la repérer. Cela permet notamment de bien se positionner notamment en cas de changement de direction à gauche. En situation normale, on se place à droite comme sur une chaussée à deux sens de circulation. Pour tourner à gauche, il faut se placer le plus à gauche de la chaussée. Cela permet de dégager la chaussée qu’on s’apprête à quitter et donner l’opportunité aux conducteurs suiveurs de vous dépasser par la droite. Bien souvent, les élèves restent à droite.

Petit bémol, je ne conseille pas de rester trop près du bord gauche car il existe de nombreux SUL à Bruxelles et des cyclistes peuvent surgir. Certaines fins de rues sont marquées par la présence du pictogramme vélo pour rappeler la présence potentielle de cyclistes en contre-sens.

SUL, symbole vélo
fin de rue à sens unique avec picto vélo

❖ Ne pas monter sur le trottoir lors d’une manoeuvre

Lors du stationnement en S en marche arrière ou du demi-tour, l’élève doit pouvoir maîtriser son véhicule et être attentif à ne pas monter sur la bordure du trottoir. Il est autorisé de la toucher mais surtout pas de monter dessus ou de carrément rouler sur le trottoir. C’est une faute rédhibitoire. Attention aux entrées de garage où le niveau est rabaissé ou biseauté. De l’intérieur du véhicule et à faible allure, un débutant ne ressent pas forcément la différence de niveau. Mieux vaut ne pas tenter le diable et laisser une petite marge.

❖ S’immobiliser au STOP

Les apprenants connaissent les obligations liées à signal STOP (B5). Du moins en théorie. En pratique, c’est moins évident. Ils ralentissent jusqu’à la ligne d’arrêt. Ils sont pratiquement immobilisés et regardent déjà s’ils peuvent s’engager dans la voie. Et ils commettent la faute ! Ils ont l’impression de s’être arrêté alors que la voiture avançait légèrement. Ce n’est pas une faute éliminatoire si l’élève a pris toutes les mesures de sécurité mais ça fera l’objet d’une observation négative. Pour éviter ce souci, il y a un technique efficace. Au lieu de regarder en direction de la voie transversale, on regarde devant soi et on s’immobilise complètement. Ensuite seulement on regarde si la voie est libre.

❖ Tourner à gauche dans les règles de l’art

Le changement de direction n’est pas une manoeuvre mais un mouvement. C’est-à-dire que l’article 19 du Code de la route détaille toutes les étapes. Pour tourner à droite c’est assez simple, on demande au candidat de bien serrer le bord droit pour éviter de se retrouver à contre-sens. Pour le changement de direction à gauche, il faut au contraire prendre le plus large possible de manière à se positionner le plus près possible du bord droit de la chaussée. Dans un carrefour ordinaire, on demande à l’élève d’aller le plus loin possible puis de tourner en formant un angle droit. Cela permet notamment aux conducteurs venant en sens inverse d’effectuer un croisement par la droite et de changer de direction. Bien souvent, les élèves coupent les trajectoires.

❖ Connaître la priorité à chaque intersection

On le voit tout de suite ceux qui ne connaissent pas leurs priorités. Aux intersections, ça chipote, ça hésite, c’est brouillon. Ce n’est pas simple au début car le cerveau est constamment sollicité. Quand la technique de conduite est maîtrisée, on peut passer aux priorités. Le système belge est assez basique. Elle repose sur la pyramide des prescriptions. Tout en haut, il y a le chef, c’est-à-dire l’agent qualifié. Il prévaut sur tout. Ensuite vient la signalisation routière. En tout dernier, il y a la règles de circulation c’est-à-dire les règles générales du Code (ex: la priorité de droite). Donc, s’il n’y a pas d’agent, ni de signal routier relatif à la priorité, c’est de facto une priorité de droite. C’est valable également pour une rue en cul-de-sac ou qui se termine par un trottoir traversant. La conduite commentée du candidat est un bon exercice pour tester ses connaissances et ne pas s’en remettre au petit bonheur la chance.

Pour les rues à priorité, il y a deux signaux. Le signal B15 (priorité de passage) est placé avant le carrefour tandis que le B9 (voie prioritaire) se trouve après le carrefour. Si vous avez loupé le signal, rechercher des dents de requin sur la rue à droite.

❖ Ne pas négliger ses contrôles internes

C’est tout bête mais des élèves ne savent toujours pas comment mettre les feux de route ou le feu de brouillard arrière après 20 h ! Ce sont des points bêtement perdus. J’ai vu une élève rater car elle ne savait pas où se trouvait le klaxon. L’examinateur l’a recalé puisqu’elle n’était pas en mesure d’éviter un danger. Mon conseil: avant de passer l’examen, prenez deux heures de perfectionnement en auto-école. Vous (re)verrez tous les contrôles. Il arrive parfois que le candidat change de voiture pour l’examen. Il faut rapidement faire un check-up car les commandes peuvent se situer à des endroits différents en fonction des marques et des modèles. Celui qui est le moins connu des candidats et le plus souvent demandé: le désembuage du parebrise. Il y a trois façons de faire.

  1. méthode classique: on met au plus chaud¹, ventillation à fond, position désembuage
  2. on appuie sur le bouton prévu à cet effet et qui fait la même chose qu’au point 1
  3. on active la climatisation qui va assécher l’air et déshumidifier l’habitacle
désembuage du parebrise
désembuage du parebrise

¹ Il semblerait que la température n’ait aucune incidence sur le désambuage. Le plus important est la circulation de l’air. Inutile donc de chauffer au maximum alors que la température extérieure est au beau fixe. Faites-le juste lors de la demande des contrôles lors de l’examen pratique.

❖ Regarder dans l’angle mort

L’angle mort c’est pas pour les castors ! Cette notion fait partie de la toute première leçon. On a beau l’expliquer, l’exiger… trop de débutants sous-estiment son danger. Ce ne sont pas les seuls, beaucoup d’automobilistes réguliers ne prennent plus la peine de tourner la tête. Alors oui, dans 99% des cas il n’y a personne. Il suffit pourtant d’une fois pour emboutir un cycliste, un motard et c’est le drame. Cligno – rétro – angle-mort. Pour que ça devienne un automatisme (puisque ce n’est pas un réflexe), il faut comprendre le pourquoi plutôt que faire docilement ce que le mono dit: « cligno – rétro – angle-mort ». Et si c’est toujours pas clair, remplacez « angle mort » par « je vérifie qu’une moto n’est pas en train de me dépasser ».

❖ Le feu prévaut sur le STOP

Dans l’étude du Code de la route, l’agent de police se trouve au sommet de la pyramide. Sa présence prévaut sur tout le reste: feux, panneaux, marquage… Ensuite vient la signalisation routière puis les règles de circulation. Dans la signalisation routière, on retrouve les feux, les signaux routiers et le marquage. Contrairement à ce qu’on peut lire dans certains manuels, les feux ne priment pas sur les panneaux sauf pour les signaux de priorité. Un C43 avec une vitesse limitée à 50 km/h placé sur un feu vous oblige de respecter le feu et la vitesse maximale. Un D1b monté sur un feu vous oblige à tourner à droite. Vous respecter bien le feu et le panneau. Ce sont deux informations différentes à prendre en compte et l’un ne surplombe pas l’autre. En revanche, l’article 6 précise que les signaux de priorité sont sans effet s’ils sont placés sur les feux. Autrement dit, si vous avez le feu vert et un B1 (céder le passage), vous êtes autorisé à franchir le feu. Même chose si un B5 vous demande de marquer l’arrêt et de céder le passage. Et pourtant, on voit parfois des élèves hésiter et s’immobilisent à la ligne d’arrêt alors que le feu est vert. Rappelez-vous que les feux prévalent sur les signaux de priorité.

STOP au feu
STOP au feu

❖ Respecter les limitation de vitesse

Tout proche du centre d’examen de Schaerbeek, il y a une sortie vers la E40. Pour commencer, il faut céder le passage ensuite la vitesse est de 70 km/h. Peu de temps après, le signal F5 du début d’autoroute apparaît. On pourrait être tenté d’appuyer sur le champignon et monter à plus de 100 km/h. Sauf que bien souvent le candidat sort à la première sortie (Meiser). Un C43 à 70 km/h se trouve en bordure d’autoroute puis rapidement un autre C43 à 50 km/h. Il ne suffit pas de lever le pied et attendre que la voiture perde de la vitesse mais il faut freiner pour être à la bonne vitesse à hauteur du signal. Avant de freiner, toujours bien contrôler ceux qui suivent dans le rétro intérieur.

70 km/h sur autoroute
70 km/h sur autoroute, puis 50 km/h