Une plaque minéralogique personnalisée est une plaque dont le propriétaire a choisi les caractères. Il y a une contrainte de maximum 8 caractères et la nouvelle dénomination doit être disponible. Ensuite à chacun de trouver la plaque qui lui ressemble le plus: ZORRO, MICKEY, ROUCHES, JOHNNY, JESUS, ZUT, PISCINE… En 2020, il y a eu pas moins de 8.00 immatriculations de ce genre et plus de 11.000 en 2021.

❖ Plaques personnalisées avec le préfixe 9

Il y a bien longtemps, on pouvait choisir la combinaison de sa plaque. Cela ne coûtait pas un rond, si ce n’est le coût de la plaque en elle-même. De nombreuses personnes m’ont confirmé que c’était bien gratuit à l’époque. Elles ne se souviennent plus s’il y avait des règles spécifiques. Ensuite, le gouvernement a imposé le format avec un chiffre index « 9 » suivi de trois lettres et trois chiffres de son choix. Par exemple: 9-ABC-123. Cette configuration était évidemment limitée puisqu’à un moment toutes les combinaisons ont été épuisées.

Depuis le 31 mars 2014, le Secrétaire d’État à la mobilité de l’époque (M. Wathelet) a assoupli les règles et permet désormais plus de liberté. Pratiquement tout est autorisé pour autant que cela ne dépasse pas les 8 caractères. Et les conducteurs ne manquent pas d’imagination ! Les propriétaires d’anciennes plaques personnalisées peuvent demander l’adaptation au nouveau format gratuitement. Par exemple, une plaque de type 9-ROL-001 peut devenir ROL-001 si toutefois elle est encore disponible¹. Elle peut aussi faire le choix d’une nouvelle plaque adaptée comme ROLAND.

Pour la petite anecdote, au début du lancement des nouvelles plaques personnalisées, certains policiers de la route pas très au fait de l’actualité ont vite fait de suspecter ces plaques d’un nouveau genre alors qu’elles sont parfaitement légales.


¹ Le principe d’enchères a été rejeté au profit du premier arrivé, premier servi. Il est possible de connaître la disponibilité d’une suite sur le site officiel de la Mobilité: « Perso Plate » (après identification par eID). Attention, le site vous signale la disponibilité d’une plaque. Elle peut être disponible et être refusée par le service pour différents motifs (lire plus bas).

❖ Tarif: 1.000 € la plaque

Les anciennes plaques “9” n’ont pas été une franche réussite. En revanche, l’idée d’un nouveau format a très vite trouvé preneur. Fallait-il encore s’accorder sur un tarif. À titre de comparaison, une plaque personnalisée coûte 25 $ aux États-Unis. Finalement, le cabinet du ministre ose un prix fixé à 1.000 €. Bingo, c’est le jackpot. On peut néanmoins s’interroger sur ce montant prohibitif et discriminatoire. Ce n’est pas tout. En janvier 2016, la nouvelle ministre de l’époque (J. Galant) a doublé le prix des plaques personnalisées ! La patronne de la Mobilité invoque une adaptation des tarifs d’envoi via bPost et une « dérive commerciale » consistant à acheter des plaques populaires pour les revendre ensuite bien plus cher. Cette mesure a été fortement critiquée et les ventes ont véritablement chuté passant de 550 à 150 par mois ! En décembre 2017, le nouveau ministre (F. Bellot) rabaisse le tarif à 1.000 €. Comptez 30 € supplémentaires pour la livraison par bPost.

Depuis le lancement jusqu’à mars 2021, ce sont près de 40.000 plaques customisées vendues. À chaque changement de véhicule, le propriétaire garde sa plaque (encore heureux !). Il doit néanmoins être vigilant à ne pas dépasser le délai de 4 mois sans être immatriculé. C’est le cas par exemple quand on revend son ancienne voiture pour une nouvelle mais que la commande prend du retard. Au-delà de ce délai, la plaque est radiée. Autre cas de radiation: le vol. Dès la déclaration de vol, la plaque est radiée. Même si on retrouve rapidement la plaque, il n’est plus possible de la récupérer. Cela évite les fausses déclarations de vol pour obtenir une nouvelle plaque perso.

❖ Tout n’est pas autorisé

Le site web du SPF Mobilité permet de vérifier si une plaque personnalisée est disponible. Ensuite, c’est au tour des agents de la DIV de valider ou non la demande. L’utilisation exclusive de chiffres est réservée à la famille royale, à l’exception des plaques ancêtre immatriculées avant 1954. Les caractères isolés comme “CD” (corps diplomatique), “TX” (taxi), “TL” (limousine), “Z” (garage)… sont proscrites. Certaines combinaisons offensantes, racistes ou qui rappellent des heures sombres sont interdites: HITLER, GOERING. Les plaques SS ou DUTROUX ne sont pas interdites mais n’ont pas trouvé preneur… on peut le comprendre. Certains politiques ne peuvent être réservés (CDH) alors que d’autres le sont (NVA). Les insultes sont sur liste noire: CONNARD, FUCK, ENCULE… Il en va de même pour d’autres combinaisons comme GAY, CUL, ZIZI… On se souvient de ces Roumains et leur plaque 1-JOS-PSD pour marquer leur mécontentement envers le parti socialiste démocrate roumain.

❖ Lisibilité

Cette liberté de choisir la suite de caractères de sa plaque personnalisée entraîne parfois une difficulté de lisibilité et d’identification. C’est surtout vrai avec des caractères très ressemblants comme le 1 et le I (India) ou 0 (zéro) et le O (Oscar).

plaque 000
plaque 0-O-0

Que lisez-vous de premier abord ? Difficile à dire pour le quidam. Dans l’exemple ci-dessus, c’est encore simple car il y a seulement trois caractères douteux. Imaginez une plaque avec une suite de caractères ambigus ou sept “I” en enfilade ! Une telle confusion ne devrait pas être possible. Que se passera-t-il si vous êtes témoin d’un accident et l’auteur du délit prend la fuite ? Vous n’avez que quelques secondes pour mémoriser la plaque… et ne pas vous tromper.

plaque composée de chiffres romains
plaque composée de chiffres romains

❖ Quid des radars ?

Pour les radars mobiles, la présence d’un policier à bord est obligatoire. En cas d’infraction, l’agent reçoit la photo de la plaque et la vitesse. Ensuite, il doit encoder manuellement les données dans un logiciel. Concernant les radars équipés du système ANPR (lecture et reconnaissance automatique des plaques) et les radars fixes, tout est automatisé et envoyé au centre de gestion. Là, des individus vérifient les données avant de les transmettre au contrevenant. Il peut donc y avoir un problème au niveau de la performance de reconnaissance des caractères par le logiciel ou par les agents. En principe, la typographie spécifique du format européen belge ne devrait pas poser de problème. Pourtant, les erreurs existent. C’est arrivé dernièrement en janvier 2018 au ministre des Pensions D. Bacquelaine. Sa plaque du gouvernement fédéral A-10 a été confondue avec l’immatriculation A-I0.

Pour plus d’info, consultez les “Plaques d’immatriculation personnalisées” du SPF Mobilité.

Émission TV

Pour dynamiser les ventes, la chaîne flamande VTM a produit et diffusé l’émission « Vanity Plates ». La Flandre possède 3/4 des plaques personnalisées. Plus tard, la chaîne francophone RTL-TVI a sorti plusieurs émissions « C’est ma plaque ». La parole est donnée aux propriétaires de ces plaques originales, insolites, décalées… pour en connaître leur histoire.