Plaques personnalisées avec le préfixe 9

Autrefois, les plaques personnalisées étaient précédées du chiffre index « 9 » imposé suivi de trois lettres et trois chiffres de son choix. Par exemple: 9-ABC-123. Cette configuration était limitée puisqu’on était obligé de choisir une suite de trois lettres suivie de trois chiffres.

Depuis le 31 mars 2014, le Secrétaire d’État à la mobilité de l’époque (M. Wathelet) a assoupli les règles et permet désormais plus de liberté. Pratiquement tout est autorisé pour autant que cela ne dépasse pas les 8 caractères. Et les conducteurs ne manquent pas d’imagination ! Les propriétaires d’anciennes plaques personnalisées peuvent demander l’adaptation au nouveau format gratuitement. Par exemple, une plaque de type 9-NIC-001 peut devenir NIC-001 si toutefois elle est encore disponible¹. Pas certain que ça intéresse beaucoup de monde. L’intéressé préférera certainement d’avoir plaque entièrement adaptée comme NICOLAS.

Pour la petite anecdote, au début du lancement des nouvelles plaques personnalisées, certains policiers de la route pas très au fait de l’actualité ont vite fait de suspecter ces plaques d’un nouveau genre alors qu’elles sont parfaitement légales.


¹ Le principe d’enchères a été rejeté au profit du premier arrivé, premier servi. Il est possible de connaître la disponibilité d’une suite sur le site officiel de la Mobilité: « Perso Plate » (après identification par eID). Attention, le site vous signale la disponibilité d’une plaque. Elle peut être disponible et être refusée par le service pour différents motifs (lire plus bas).

Tarifs

Les anciennes plaques “9” n’ont pas été une franche réussite. En revanche, l’idée d’un nouveau format a très vite trouvé preneur. Fallait-il encore s’accorder sur un tarif. À titre de comparaison, une plaque personnalisée coûte 25 $ aux États-Unis. Finalement, le cabinet du ministre ose un prix fixé à 1.000 €¹. Bingo, c’est le jackpot. On peut néanmoins s’interroger sur ce montant prohibitif et discriminatoire. Ce n’est pas tout. En janvier 2016, la nouvelle ministre de l’époque (J. Galant) a doublé le prix des plaques personnalisées ! La patronne de la Mobilité invoque une adaptation des tarifs d’envoi via bPost et une « dérive commerciale » consistant à acheter des plaques populaires pour les revendre ensuite bien plus cher. Cette mesure a été fortement critiquée et les ventes ont véritablement chuté passant de 550 à 150 par mois ! En décembre 2017, le nouveau ministre (F. Bellot) rabaisse le tarif à 1.000 €. Comptez 30 € supplémentaires pour la livraison par bPost.


¹ Après pratiquement un an d’existence, le journal La Capitale nous apprend que les plaques personnalisées ont rapporté 8 millions d’euros à l’État. Les combinaisons les plus courantes sont le nom ou le prénom du propriétaire ou de l’entreprise, la marque du véhicule. Les onomatopées ont eux aussi la cote: GRRRRR, BZZZZZ, HIHIHI. Toutes les combinaisons ne sont pas autorisées

Le site web du SPF Mobilité permet de vérifier si une plaque personnalisée est disponible. Ensuite, c’est au tour des agents de la DIV de valider ou non la demande. L’utilisation exclusive de chiffres est réservée à la famille royale, à l’exception des plaques ancêtre immatriculées avant 1954. Les caractères isolés comme “CD” (corps diplomatique), “TX” (taxi), “TL” (limousine), “Z” (garage)… sont proscrites. Certaines combinaisons offensantes, racistes sont interdites. Il en va de même pour les initiales de certains partis politiques ou d’autres combinaisons comme FUC, GAY, CUL… et d’autres règles. Reste évidemment une zone grise où il est difficile de trancher. Faut-il interdire SS ou le nom de famille DUTROUX ? Aussi, on se souvient de ces Roumains et leur plaque 1-JOS-PSD pour marquer leur mécontentement envers le parti socialiste démocrate roumain.

Lisibilité

Cette liberté de choisir la suite de caractères de sa plaque personnalisée entraîne parfois une difficulté de lisibilité et d’identification. C’est surtout vrai avec des caractères très ressemblants comme le 1 et le I (India) ou 0 (zéro) et le O (Oscar).

plaque 000

Que lisez-vous de premier abord ? Difficile à dire pour le quidam. Dans l’exemple ci-dessus, c’est encore simple car il y a seulement trois caractères douteux. Imaginez une plaque avec une suite de caractères ambigus ou sept “I” en enfilade ! Une telle confusion ne devrait pas être possible. Que se passera-t-il si vous êtes témoin d’un accident et l’auteur du délit prend la fuite ? Vous n’avez que quelques secondes pour mémoriser la plaque… et ne pas vous tromper.

Quid des radars ? Pour les radars mobiles, la présence d’un policier à bord est obligatoire. En cas d’infraction, l’agent reçoit la photo de la plaque et la vitesse. Ensuite, il doit encoder manuellement les données dans un logiciel. Concernant les radars équipés du système ANPR (lecture et reconnaissance automatique des plaques) et les radars fixes, tout est automatisé et envoyé au centre de gestion. Là, des individus vérifient les données avant de les transmettre au contrevenant. Il peut donc y avoir un problème au niveau de la performance de reconnaissance des caractères par le logiciel ou par les agents. En principe, la typographie spécifique du format européen belge ne devrait pas poser de problème. Pourtant, les erreurs existent. C’est arrivé dernièrement en janvier 2018 au ministre des Pensions D. Bacquelaine. Sa plaque du gouvernement fédéral A-10 a été confondue avec l’immatriculation A-I0.

Pour plus d’info, consultez les “Plaques d’immatriculation personnalisées” du SPF Mobilité.