Une question d’élève récurrente: faut-il resté en première au feu rouge ou est-il préférable d’être au point-mort ?

❖ Pour aller vite, il faut prendre le temps de bien faire

Les premières leçons en auto-école sont consacrées au passage des vitesses. Une fois que c’est plus ou moins intégré, l’élève s’entraîne sur des grands axes avec de nombreuses intersections. C’est l’occasion de s’entraîner à faire des démarrages en douceur, de passer les vitesses sans à-coups, de rétrograder au bon moment, de travailler le frein moteur et d’anticiper les freinages. Le démarrage est toujours un moment stressant, surtout si le trafic est dense. L’élève a tendance à vouloir faire vite au détriment de la technique. Résultat des courses: il cale. Du coup, ça ralentit  tout le monde et ça met un coup de pression. Le fait de rester immobilisé au feu en première permet de s’affranchir de deux mouvements (débrayer, passer la vitesse) et de gagner un peu de temps pour démarrer avec tous les autres automobilistes. On ne cale pas, on ne recule pas et on synchro avec les autres et ça… c’est rassurant. C’est donc recommandé pour les novices.

Ce qu’il ne faut pas faire, même au début, c’est de rester sur le point de patinage. Je vois même des conducteurs aguerris, tenir le point de friction pendant plusieurs minutes tout ça parce qu’ils ont peur que la voiture ne recule dans une légère côte. C’est un bon moyen d’user prématurément son embrayage! Au prix où coûte son remplacement, il faut vraiment bannir cette technique.

❖ L’embrayage ne doit pas rester enfoncé

Au fil des heures de conduite, la maîtrise de la technique est acquise et rodée. En principe, à partir de la 7e leçon, ça roule tout seul même pour le démarrage en côte. Alors, il faut commencer à prendre des bonnes habitudes. Et la bonne habitude, c’est de toujours garder le pied sur le frein et de mettre le point-mort. On ne garde pas l’embrayage enfoncé avec une vitesse. Il y a trois raisons principales. La première est mécanique: ce n’est pas bon pour l’embrayage. Il n’a pas été conçu pour rester sous tension et va s’user plus vite. La seconde est d’un point de vue du confort pour le conducteur. Ca peut vite être pénible de garder sa jambe tendue alors que ce n’est pas nécessaire. Enfin, le retour au point-mort à l’avantage de déclencher le start & stop pour les véhicules équipés. C’est un gain de consommation, c’est moins de bruit pour tout le monde et c’est plus relaxant pour le conducteur.

Se mettre au point mort a de nombreux avantages mais il faut néanmoins resté attentif à son environnement, notamment si l’apprenant se trouve en début de file. Quand le feu piéton passe au vert et quand le flux de voitures sur l’axe médian s’arrête, il est temps de se préparer à démarrer. Certains carrefours complexes ont des phases plus longues. Il n’y a que l’expérience pour les connaître et pouvoir anticiper à temps. Évidemment, si l’élève arrive au feu alors qu’il est rouge depuis un certain temps, il n’y a aucun intérêt de relâcher la pédale d’embrayage.

❖ Le mono a dit que…

En formation des moniteurs, il y a deux écoles. La première école prétend que l’enclenchement d’une vitesse – pour un véhicule immobilisé à un carrefour – est une sécurité. En cas de choc par l’arrière, le conducteur pourrait perdre les pédales. Plutôt que de partir en roue libre, il serait freiné par la vitesse. L’autre école se base sur le principe mécanique énoncé plus haut: l’embrayage n’est pas prévu pour être détaché du volant moteur en permanence. Pour éviter une usure prématurée de l’embrayage et pour s’éviter une crampe de la jambe, mieux vaut rester au point-mort. Cela dit, les jeunes conducteurs qui ne sont pas encore à l’aise à laisser leur embrayage de côté peuvent se rassurer puisque ce n’est pas pénalisant à l’examen du permis de conduire. Cela dit, il faut progressivement prendre des bonnes habitudes.

❖ Frein à main au carrefour

Certains élèves demandent si, immobilisés au feu rouge, ils peuvent mettre le frein à main plutôt que de tenir la pédale de frein ? Non ! On reste toujours pied sur le frein. Ca permet de maintenir une pression sur le freinage et d’immobiliser complètement la voiture. Aussi, les feux stop s’allument automatiquement et renseignent le véhicule suivant. Dès qu’il faudra repartir, les feux stop s’éteignent et donnent l’information aux suiveurs que la file repart. Enfin, quand on a le pied sur la pédale de frein, on ne peut pas faire autrement que de la relâcher pour accélérer et avancer. En revanche, le frein à main à tendance à diminuer la vigilance. Le conducteur discute avec son passager ou rêvasse et oublie qu’il a serré le frein à main. Résultat des courses, il force inutilement sur le frein de stationnement pour se rendre compte enfin que si le moteur gronde c’est parce qu’il est retenu. Tout cela n’arriverait pas avec le pied sur la pédale de frein.