La priorité de droite s’applique en respectant le signal B17 avec le symbole de la croix de St-André. Elle intervient également dès qu’il n’y a plus d’autres règles en vigueur. Le cas le plus fréquent est celui des carrefours. C’est une règle de base dans la pyramide des prescriptions bien connue mais pas toujours appliquée. Elle ne se limite pas à ces cas. Elle intervient notamment quand une signalisation identique vaut pour deux conducteurs. Le cas le plus clair est celui d’un carrefour où le STOP est placé des deux côtés. Si les automobilistes de chaque côté vont dans la même direction, on appliquera la priorité de droite. Que nous dit le Code de la route ?

Tout conducteur doit céder le passage à celui qui vient à sa droite, sauf s’il circule dans un rond-point ou si le conducteur qui vient de droite vient d’un sens interdit. — { CdR, art. 12.3.1 }

❖ Priorité à droite, pas seulement dans les carrefours

Il existe d’autres cas comme celui de la place où la circulation est admise dans tous les sens. En cas de rétrécissement de chaussée, les véhicules qui suivent le bord droit de la chaussée sont prioritaires par rapport aux autres. Idem pour le carrefour à deux bandes d’un côté qui se prolonge en une seule bande de l’autre côté. Le conducteur de gauche doit céder la priorité à celui de droite. Dans le cas où deux conducteurs effectuent une manoeuvre (l’un change de bande à droite et l’autre s’insère sur la première bande d’une autoroute), la Justice applique à nouveau le principe de la priorité de droite.

❖ Les cas où la priorité de droite n’est pas applicable

Citons quelques cas où la priorité de droite ne s’applique pas:

  • dans un rond-point
  • envers les véhicules sur rails
  • vis-à-vis des conducteurs qui viennent d’un sens interdit alors qu’ils n’y sont pas autorisés
  • dans l’application de la tirette
  • les conducteurs qui quittent un sentier ou un chemin de terre
  • ceux qui effectuent une manoeuvre comme quitter un emplacement de stationnement
  • vis-à-vis des véhicules prioritaires en mission urgente

Ceux qui sortent d’un terrain public ne peuvent exiger cette priorité. En revanche, sur le parking d’un supermarché, même si le Code de la route ne s’applique pas, les cours et tribunaux suivent les grands principes pour rendre leur jugement.

❖ « Priorité n’est pas sécurité ! »

Un slogan de moniteur est de rappeler que ce n’est pas parce que la théorie nous donne un droit qu’il faut le prendre coûte que coûte. Il vaut mieux céder le passage à une personne qui fonce à toute allure que de s’imposer et risquer l’accident. La sécurité avant tout. Même si l’accident ne fait pas de blessé, c’est du temps perdu pour tous, des démarches administratives, un véhicule sinistré… sans compter que le conducteur en face peut être en défaut d’assurance, de permis de conduire, insolvable, etc. Cela dit, il ne faut pas tomber dans l’extrême et renoncer à sa priorité dès qu’un conducteur pressé pointe son nez. Il faut pouvoir s’imposer tout en étant prêt à s’arrêter si nécessaire. Dans tous les cas, vous êtes tenu à un devoir de prudence pour assurer votre sécurité, celle de vos passagers et celle des autres. Aucune priorité n’est absolue.

❖ Périmètre d’action

La priorité de droite s’applique sur toute la largeur de la voie publique. Un carrefour est la rencontre entre deux ou plusieurs voies publiques. Il peut être complexe avec plusieurs embranchements. Dans ce cas, le carrefour s’étend de façade à façade.

❖ Situation inextricable

Dans certains cas, notamment lorsque plusieurs conducteurs arrivent en même temps dans un carrefour sans signalisation, la priorité n’arrange les affaires de personne puisque chacun doit céder la priorité à l’autre. Il faut alors que tous les protagonistes s’entendent et que l’un d’entre eux cède sa priorité par courtoisie. Ainsi, cela permet de libérer le carrefour.

❖ Fin de priorité de droite

Il y a quelques années, ceux qui renonçaient à leur priorité, ne pouvaient plus la réclamer ensuite. Cela a entraîné de nombreux conflits. Certains profitaient clairement de la situation pour faire porter le chapeau à l’autre conducteur. Difficile pour un tribunal de savoir qui disait vrai et qui était de mauvaise foi. C’était la parole de l’un contre l’autre. Depuis mars 2007, celui qui s’arrête ne perd plus sa priorité même s’il marque l’arrêt.

❖ Chaque intersection sa priorité

En avril 2019, des communes flamandes ont décidé d’indiquer systématiquement le régime de priorité pour chaque carrefour. Cela évite les situations où les conducteurs hésitent ou refusent la priorité plus ou moins de manière involontaire. Selon les communes concernées, l’annonce claire de priorité permet une réduction des accidents de l’ordre de 50%. Il est vrai qu’en rase campagne, la priorité dépend souvent de l’importance de la taille et du trafic des rues. D’autres pays font appel à la priorité de droite uniquement pour les voiries de gabarit similaire et établissent une hiérarchie de voirie.