Faire le buzz sur YouTube est un art. Il est éphémère dans les médias traditionnels, mais il perdure sur la toile. Pour faire parler de soi ou de sa société, certains font preuve d’ingéniosité. Le danger est de tomber dans le burlesque et de faire un bad buzz. Pour certains, bad buzz ou pas, le principal c’est qu’on parle de la marque. Dans le cas qui nous occupe, je veux parler du compte YouTube détenu par un certain JP Fangin.

Ils sont nombreux les jeunes entrepreneurs à vous vendre du rêve, sans bouger le petit doigt. À les entendre, la recette serait d’une simplicité déconcertante. Et comme le veut la croyance idiote, si JP y arrive, pourquoi pas toi ? Il suffit de suivre le guide. Dès la première vidéo du beau gosse, on remarque assez rapidement l’insolence du personnage, le mépris pour certaines classes sociales, mais aussi les incohérences au niveau de la forme. Il a tellement les moyens de s’offrir une vie luxueuse que ses vidéos sont faites à l’arrache, avec du matériel élémentaire et sans post-production. Le poisson est tellement gros que le doute nous laisse à penser qu’il s’agit là d’une stratégie marketing pour rameuter du monde. Pour démêler le vrai du faux, il a suffi d’attendre que la justice rende son jugement sur les infractions commises.

Les médias s’emparent de l’affaire. L’homme attaché aux grosses cylindrées a été condamné pour diverses infractions enregistrées et diffusées publiquement. On apprend que JP le millionnaire est sans profession et ne possède pas de permis de conduire. La belle Mercedes-Benz C200 appartient… à sa maman. La même plaque de la Mercedes se retrouve sur une majestueuse Ferrari. Une façon de masquer la location dudit véhicule. Allez, encore une nouvelle infraction. Contrairement à la Belgique, la Suisse ajuste le montant des amendes en fonction des revenus du conducteur. Pour le coup, la note était plutôt faible, ce qui laisse à penser que ce qu’il prétend ne correspond pas vraiment à la réalité.

Pourquoi tant de raffut autour de cette vidéo ? Au-delà du bad buzz et de l’attrape-nigaud basé sur de la vente pyramidale, l’artiste Jean-Pierre a marqué les esprits par sa tournure de phrase originale: « La question elle est vite répondue ». On comprend l’intention, mais on sent que quelque chose cloche dans la formulation. Quoi qu’on en dise, je trouve qu’il y a là une forme de liberté. Il fallait la trouver celle-là ! Il s’affranchit des expressions françaises toutes faites et invente de nouvelles formules. Ce n’est évidemment pas un cas isolé. Il suffit de suivre les émissions de téléréalité pour découvrir de maximes revisitées. Mettre de l’eau dans son vase (JLC Family) ou casser une patte à un canard (Les reines du shopping) font les gros choux des chaînes du divertissement. Cela me rappelle les propos de l’ex-cycliste professionnel Richard Virenque tournés en dérision par les Guignols de l’info: à l’insu de mon plein gré. Bref.