Je vais reprendre ici quelques radars présents dans la capitale. Je ne les connais pas tous, il en existe peut-être d’autres.

❖ Radars préventifs

Commençons par les plus inoffensifs: les radars dits “préventifs”. Ils n’ont d’autre fonction que d’afficher la vitesse réelle des véhicules. Certains modèles affichent une trombine triste si la vitesse réglementaire est dépassée ou une bobine souriante si la limitation est respectée. Ils sont installés un peu partout mais surtout là où la vitesse est faible comme les zones 30, les zones résidentielles, les abords d’école, etc.

Radar préventif
radar préventif

❖ Radars fixes

Ils peuvent prendre des formes différentes. Ils sont situés à proximité des feux et flashent pour obtenir la photo de la plaque arrière. Ils sont configurés pour être actifs au-dessus de la limitation de vitesse en tenant compte du seuil de tolérance (6 km/h jusqu’à 100 km/h et 6 % au-delà).

Ils sont généralement annoncés par des panneaux routiers. Ces radars sont également répertoriés sur des cartes interactives ou dans les GPS et autres appareils de type Coyote.

Radar de vitesse fixe
radar de vitesse fixe

❖ Détecteurs de franchissement de feu

J’en ai déjà parlé dans une note précédente (« Feu orange: accélérer ou freiner ? »). Grosso modo, un appareil photo est installé dans une boîte. Il se déclenche lorsqu’un véhicule franchit le feu en phase rouge.

Radar, franchissement de feu
radar, franchissement de feu

❖ Radars mobiles

Les forces de l’ordre peuvent à tout moment installer un radar mobile. Un radariste installe le dispositif et le calibre. Ensuite, il retourne à son véhicule banalisé et analyse les données transmises en temps réel. Ce type de radar peut être placé à n’importe quel endroit. Il n’est pas repris par les sites officiels ni annoncés. Il est en général discret même si les communautés des automobilistes sont très réactifs pour signaler leur présence. Il est parfois camouflé (sous un treillis, dans une poubelle, à bord d’un véhicule…). En général, les radars mobiles restent actifs 3 ou 4 heures. À l’heure d’internet, ils sont vite repérés et annoncés par les automobilistes via les applications mobiles.

Radar mobile
radar mobile NK7

❖ Lidar

Celui-ci est loin d’être discret. Il est imposant notamment en raison de son blindage. Il est considéré comme semi-mobile car il nécessite une grue pour son installation. Le Lidar est équipé d’un laser infrarouge rotatif qui balaie l’espace 75 fois par seconde. Il fonctionne en toute autonomie pendant 6 jours, 24 h / 24. Il est capable de flasher dans les deux sens: partie avant et arrière du véhicule, alors que les radars ordinaires flashent uniquement par l’arrière. Il photographie sur plusieurs bandes de circulation et il distingue les types de véhicules: camion, voiture, moto… Placé d’un côté de la chaussée, il peut donc capter les immatriculations dans les deux sens de circulation sur une route ordinaire. Évidemment, ce n’est pas possible sur des grands axes routiers à plusieurs bandes de circulation et une berme centrale (R0).  Il est actif environ une semaine puis il est déplacé.

On le trouve sur le ring, dans les zones de travaux, les tunnels, les zones 30. Bien souvent, les zones de police le louent mais certaines en font l’acquisition. En 2021, la région bruxelloise en compte 7.

lidar
lidar de la police locale

❖ Radar tronçon

Les radars tronçons permettent de contrôler la vitesse sur une portion de route et non plus à un point donné comme c’est le cas pour les radars ordinaires. Ils sont plus “justes” car ils permettent d’avoir la vitesse moyenne d’un véhicule calculé sur une longue distance. Vias annonce une réduction de 30 % des accidents et de 56 % du nombre d’accidents graves. Leur présence éviterait également le fameux coup de frein à l’approche du dispositif. D’après plusieurs sources, la limitation de vitesse avec un tel système réduirait le nombre d’accidents. Le dispositif est pensé pour automatiser tout le traitement des données depuis la capture photo jusqu’à l’envoi du procès verbal.

La Flandre s’est équipé de 55 radars tronçon. Ils prévoient d’en installer 70 autres. En Wallonie, il en existe 4 sur toute la région. Comme à chaque législature, il est prévu d’en installer d’autres. On les retrouve généralement sur les grands axes routiers (géré par la Région: SPW Mobilité, Infrastructure et la Sofico) comme les autoroutes (géré par la police fédérale). Ils sont annoncés en amont par un panneau avec la distance du tronçon.

radar tronçon
radar tronçon

Pas de flash pour les motos ? Les radars tronçons photographient uniquement la plaque avant. Vu que les motos en sont dépourvues, ils circulent à haute vitesse en toute impunité. La première caméra photographie la plaque et l’associe à une heure précise de passage. Il en est de même pour la sortie. Le temps parcouru entre les deux définit la vitesse moyenne. Selon le porte-parole de Vias, cela permet d’avoir plus facilement la plaque des semi-remorques alors que les accidents mortels dûs à la vitesse sont bien plus importants avec les motards que les conducteurs de poids lourds. Selon SecuRoad, la raison est toute autre. L’idéal aurait été de photographier les deux plaques mais c’est techniquement plus complexe à mettre enplace et cela veut dire 4 photos au lieu de deux.

Avant ou arrière, il faut faire un choix. Si on privilégie l’avant, c’est aussi pour des raisons techniques. Le fonctionnement automatique opère mieux en phase d’approche. — { SecuRoad }

Davantage d’accidents dans les tunnels En 2017, la mise en place du radar tronçon dans le tunnel Leopold II avait fait grincer des dents. Non seulement les automobilistes n’en voulaient pas mais le bourgmestre koekelbergeois Philippe Pivin avait marqué son veto tant qu’une zone de tolérance à 70 km/h n’était pas respectée. Or, le gouvernement avait décidé depuis de longue date une harmonisation des vitesses dont le 50 km/h en ville. Selon Vias, c’est le tunnel le plus dangereux en Belgique. Sur les 306 accidents par an qui ont eu lieu dans un tunnel, 58 sont survenus dans ce tunnel. Durant les grandes vacances, le tunnel a connu une rénovation en profondeur.

Mise à jour (07/18): installation d’un nouveau radar tronçon au boulevard Léopold III pour la fin de l’année. Il sera situé sur une portion comprise entre le boulevard Général Wahis et le rond-point de l’avenue des Loisirs, à cheval sur les communes de Schaerbeek et Evere. En 2019, il est prévu que le tunnel Bailli-Stéphanie soit également équipé de ce type de radar. La volonté de madame Debaets est d’en installer à tous les tunnels de la capitale.

Mise à jour (01/21): on apprend qu’en plus des trois radars tronçon (Léopold III, tunnel Stéphanie, Porte de Hal), trois autres ont été ajoutés pour faire respecter la nouvelle réglementation sur la limitation généraliée à 30km/h sur toute l’agglomération bruxelloise ou le 50 km/h sur les axes structurants. Sont concernés: quai de Mariemont sur 750 m (Anderlecht), Quai Demets également sur 750 m (Anderlecht), avenue Bordet sur 630 m (Evere).

Il existe également des radars tronçon mobiles.

❖ La zone de basses émissions

Depuis quelques mois, on peut voir apparaître de nouveaux engins surmontés les feux de signalisation. Ils sont éparpillés un peu partout sur le territoire de la capitale surtout aux axes importants. Ils permettent de lire la plaque d’immatriculation et d’identifier les véhicules “pollueurs”. En 2018, ce sont les voitures diesel avec la norme EURO 0 et Euro 1 qui sont bannis de Bruxelles. Des nouveaux signaux routiers ont préalablement fait leur apparition aux entrées des communes bruxelloises.

Radar pour la zone de basses émissions
radar pour la zone de basses émissions

❖ Détecteur de trafic

Ces petits boîtiers présents sur les feux lumineux des carrefours ne servent pas à la répression mais bien à la régulation du trafic routier. Un feu de circulation ordinaire fonctionne selon un cycle, une boucle. Vert, il passe au rouge après un certain laps de temps toujours identique peu importe l’encombrement de la chaussée. À contrario, le détecteur permet de repérer une masse en mouvement, sa vitesse ainsi que l’encombrement de la route. Lorsque le détecteur capte un nombre important de véhicules, il libère le passage en activant le feu vert. Il peut également faire passer le feu au rouge si un véhicule dépasse la limitation de vitesse.

Détecteur de flux de véhicules
détecteur de flux de véhicules
Pour plus d’info sur ces capteurs: « Icomsdetections ».