Lors de ma formation de moniteur, cette règle est sans doute celle qui m’a le plus interloqué. L’accès aux autoroutes était interdit aux véhicules remorquant un autre véhicule à l’aide d’une attache de fortune ou une attache secondaire. C’est toujours le cas actuellement. En revanche, si un véhicule venait à tomber en panne, on pouvait faire appel à un ami pour le dépanner avec les moyens du bord. Au mieux, on utilisait une barre de remorquage, au pire c’était un câble, une vulgaire corde, un tissu… Évidemment dans ces conditions, impossible de rouler à trop haute vitesse au risque de voir son attache se rompre. Raison pour laquelle, ces véhicules devaient circuler à 25 km/h maximum.

Les véhicules remorqués au moyen d’une attache de fortune ou d’une attache secondaire conformément aux dispositions de l’article 49.5. doivent quitter l’autoroute à la première sortie. — { CdR, art. 21.5 }

Mon formateur de l’époque, un brin rigide sur les règles, avait d’ailleurs prétendu que rouler sur la bande d’urgence dans pareille situation pouvait entraîner une amende. Il fallait rouler sur la première bande et interdiction d’utiliser les feux de détresse. C’est à mon sens totalement contraire à l’article 51.1 qui précise que le conducteur d’un véhicule en panne doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la fluidité de la circulation.

Pour avoir pris mes renseignements auprès de la police de la route, aucun motard n’était prêt à sanctionner ce type de comportement, bien au contraire ! Ils préféraient voir circuler ces véhicules lents sur la bande d’arrêt d’urgence plutôt que de risquer l’accident avec un poids lourds lancé à 90 à l’heure.

Il a fallu attendre 2014 pour que cette règle absurde soit retirée. Dorénavant, les véhicules en panne sur autoroute doivent faire appel à un dépanneur professionnel ou à la police.