La “rue réservée au jeu” trouve sa place dans le Code de la route. D’une part via une définition à l’article 2.36 où on explique pas grand-chose si ce n’est la façon de la reconnaître. D’autre par l’article 22septies fait référence au comportement attendu dans cet espace fermé ainsi que les usagers autorisés à passer. Voilà pour les références au Code.

Une rue réservée au jeu, oui mais laquelle ?

N’importe quelle rue ne se prête pas à ce genre d’activité. La vitesse doit être limitée à 50 km/h. La rue ou le quartier doit être orienté vers l’habitation et ne pas être sur le chemin des transports en commun. Elle se situe généralement en ville dans les zones où les espaces verts sont rares et les plaines de jeux lointaines. La rue au jeu permet aux enfants de s’amuser, de faire de nouvelles rencontres, de s’initier à des jeux d’extérieur et de développer leur créativité. Tout cela stimule la vie du quartier et permet de tisser des liens sociaux. La chaussée est alors un lieu de rencontre et n’est plus dédiée exclusivement à la circulation.

Concrètement, comment ça se passe ?

Il s’agit bien d’une initiative personnelle d’un ou plusieurs riverains. Ils deviennent alors “parrain” et “marraine”. Pour mener à bien ce projet, ils doivent obtenir une majorité d’avis positifs des habitants. C’est souvent le cas. Il arrive que certains riverains préfèrent leur tranquillité. Ils ne souhaitent pas voir arriver les enfants des rues avoisinantes et craignent pour leur voiture stationnée.

Les jours de fermeture et la plage horaire sont définis par les organisateurs selon leur convenance. Par exemple, la rue est réservée quelques jours d’affilée pendant les grandes vacances ou tous les premiers dimanches de chaque mois. Ensuite, la demande et les signatures sont envoyées à la commune. En concertation avec la police, elle remet un avis. Quelques jours avant, la commune installe des signaux d’interdiction de stationnement. Cela permet de libérer totalement l’espace. La veille, le même service apporte les barrières avec la signalisation correspondante et les dispose sur le trottoir. Le jour J, les responsables ferment la rue et surveillent du coin de l’œil les enfants. Bien évidemment, chaque parent reste responsable de son enfant. À la fin de la période, les enfants sont informés les jeux retirés et les barrières sont mises de côté.

Quels jeux et pour qui ?

Généralement, la motivation première des riverains est de mettre un espace sécurisé à disposition des enfants. Il n’est pas toujours nécessaire d’animer des activités. Le mieux est de laisser libres les enfants. On trouve souvent des jeux de récré: foot, touche-touche, poisson rouge, jeux de billes, saut à l’élastique, dessin à la craie, marelle, cache-cache, corde à sauter… Les parents peuvent organiser des ateliers, louer un château gonflable mais ce n’est pas une obligation. Dans certains quartiers, les adultes se mettent de la partie et organisent de la pétanque, un jeu d’échecs géant… Des infrastructures de jeu ou de détente peuvent être aménagés mais ils ne doivent pas entraver la circulation des véhicules autorisés à circuler. La commune peut aussi prêter du matériel comme des bancs ou des tables.

Et ça marche ?

D’après le service technique de Schaerbeek, 44 demandes ont été acceptées et mises en place depuis le début de l’année 2015. Ce n’est pas énorme en raison de la superficie de la commune. De manière générale, elles sont peu connues et peu répandues.

Je signale au passage une initiative assez similaire qui consiste à fermer la rue pour organiser des activités diverses. La demande du comité de quartier se fait auprès de la commune et de la police. Une ordonnance de police pour la fermeture temporaire de la rue est octroyée pour un jour défini et suivant une plage horaire. La rue est interdit l’arrêt, le stationnement et les accès sont fermés par des barrières Nadar avec les signaux C3 et D1. Bien souvent les riverains mettent en place un barbecue, des tables, des chaises et un espace est dédié aux enfants. . Dans mon quartier, chaque dernier samedi des grandes vacances, le comité de quartier organise une rencontre des riverains autour d’un drink et un barbecue.

Quelques conseils d’Olivier Quisquater de la police fédérale: « Rue réservée au jeu ».