J’avoue ne pas l’avoir vu venir… la rue scolaire. Eh pourtant, ce concept existe depuis plusieurs années, notamment en Flandre. À Gand, elle est d’application depuis 2004 et 2005 pour Anvers mais elle n’avait pas de fondement légal. Depuis le 20 octobre, le Code de la route se voit doté d’une définition et d’un article 22 undecies. Quezako ?

Tout comme la rue réservée au jeu, la rue scolaire est annoncée par le signal C3 complété par le panneau additionnel « rue scolaire ». Il se trouve placé en amont de l’entrée principale de l’école. Et comme un panneau ne suffit pas à contraindre la circulation des véhicules motorisés, des barrières empêchent l’accès à la rue. Cela peut être des barrières Nadar ou des barrières fixes qu’on soulève. Ces barrières sont gérées par des volontaires (parent, professeur) ou des surveillants habilités. Une petite formation leur sera donnée pour sensibiliser les personnes qui ne connaissent pas le principe et pour faire face aux éventuels parents agressifs. La fermeture se fait ordinairement 30 minutes avant le début des cours et 30 minutes après la fin des cours à l’exception du mercredi ou c’est le midi.

L’objectif de ce dispositif est d’accroître la sécurité aux abords des écoles. On connait trop bien le capharnaüm dans certaines rues proches des écoles. Les parents en voiture tentent toujours d’être le plus près possible de l’entrée. On voit du stationnement sauvage et des comportements égoïstes. Dans une rue scolaire, les voitures sont exclues. L’environnement direct de l’école se trouve alors apaisé et devient un lieu agréable, propice aux rencontre et aux échanges spontanés. Sans compter les bienfaits sur la qualité de l’air et une diminution du bruit ambiant.

Pour mener à bien ce projet, il faut que l’école fasse une demande auprès de la commune. L’investissement et la motivation de tous les acteurs sont absolument nécessaires. Il faut également impliquer les riverains dans la discussion car ils sont directement concernés par la fermeture temporaire de la rue. À notez que cette disposition ne concerne que les écoles avec un problème d’accès qui crée une insécurité reconnue par l’école, les parents, les résidents, la commune. Selon les écoles, les conditions liées à l’élaboration de la rue scolaire sont plus ou moins nombreux. Il faut par exemple que l’école soit partie prenante, que la rue à un caractère résidentiel, qu’elle ne fasse pas partie d’un itinéraire de transport en commun, que la fermeture de la rue n’entraîne pas de nuisances de circulation dans les rues avoisinantes, etc.