➽ Objectif: maîtriser la pédale d’embrayage à faible allure, maîtriser l’espace du véhicule.

Le « stationnement derrière un véhicule en marche arrière » est une manœuvre imposée pour l’examen pratique sur la voie publique. Qui dit manoeuvre dit: allure lente, pas prioritaire par rapport à tous les usagers, clignotant. Le mouvement se fait en forme de ‘S’. Ce n’est pas un créneau puisqu’une large place est laissée à l’arrière. La manœuvre doit être exécutée à faible allure en raison des nombreux points d’attention. Sur une automatique, on joue uniquement avec le frein. Sur une manuelle, on joue avec la pédale d’embrayage. Le déplacement doit être fluide et si possible en deux temps: une marche arrière suivie d’une marche avant.

Il s’agit bien d’une manœuvre. L’élève doit donc indiquer son intention suffisamment tôt. Il n’est prioritaire sur aucun usager. Si des véhicules arrivent d’un côté comme de l’autre, il doit les laisser passer. Tout comme un piéton qui souhaite traverser la chaussée à hauteur de l’emplacement vide. Si l’élève se trouve à manœuvrer et qu’un usager arrive, il n’est pas toujours possible de lui céder la place. Dans ce cas, il est légitime de continuer sa manœuvre pour écourter au plus vite la gêne occasionnée. Un geste de la main pour remercier l’autre partie est vivement apprécié.

Les points d’attention: la vitesse, les usagers prioritaires, le trottoir et les véhicules en stationnement.

Procédure

Étape Manoeuvre
Stationnement en marche arrière, côté droit
À un moment du parcours, dans une rue à double sens où le trafic est modéré, l’examinateur désigne un endroit et demande au candidat de stationner. L’emplacement se trouve toujours du côté droit. L’espace est suffisamment dégagé d’une longueur de ± 10 m (deux véhicules). Le véhicule désigné peut être une voiture, une camionnette, rangé dans le bon sens ou dans le sens contraire. Indiquer son intention à l ‘aide du clignotant droit.
Se positionner à la hauteur du véhicule désigné; rétro contre rétro, à une distance proche (± 50 cm ou un bras de distance entre les deux carrosseries). Les voitures doivent être parallèles. Les roues sont droites. Vérifier l’environnement et céder le passage aux véhicules venant en sens inverse, ceux venant de l’arrière mais aussi un piéton qui souhaite traverser par derrière du véhicule. Clignotant côté droit. Enclencher la marche arrière et reculer en ligne droite à faible allure.
Au 1er point de repère, tourner le volant à fond à droite tout en reculant prudemment. L’avant va se déporter vers la chaussée. Vérifier constamment de ne gêner personne. Au 2e repère (angle d’ouverture entre 30 et 45°), redresser les roues d’un tour et demi à gauche pour avoir les roues droites. Reculer lentement dans une trajectoire rectiligne jusqu’au 3e repère (la roue arrière droite doit se trouver dans le prolongement du véhicule stationné devant). On peut alors braquer dans l’autre sens. Attention à rentrer sans toucher le véhicule de devant. La roue peut toucher la bordure du trottoir et le porte-à-faux peut empiéter sur le trottoir. En aucun cas, la roue ne peut monter sur le trottoir. Prudence avec une bordure basse ou biseautée: l’examinateur vous laissera faire mais ce sera un échec.
Remettre la marche avant et se placer à environ 1 mètre du véhicule devant. La voiture doit être parallèle au trottoir, à 30 cm max. de celui-ci. À l’arrière, il y a toute la place nécessaire. Les roues doivent être droites (volant droit) et parallèles au trottoir. Point mort et frein à main. Couper le contact si on vous le demande.
L’examinateur reste généralement dans la voiture et donne son accord avant de repartir. Parfois, il demande au candidat de quitter le véhicule comme s’il rentrait à son domicile. Il doit alors faire abstraction des occupants et agir comme s’il était seul. Il doit veiller à fermer les fenêtres, éventuellement le toit ouvrant et ne pas laisser d’affaires personnelles. Pour sortir, il regarde dans le rétro intérieur puis celui de gauche, ouvre prudemment la portière d’un cran, tourne la tête vers le trafic et ouvre plus largement la portière. En sortant, il repart face au trafic pour rejoindre le trottoir. Il verrouille le véhicule à distance. Il peut alors revenir à son véhicule, mais cette fois-ci en passant par l’avant de la voiture face au trafic.
Faire les contrôles nécessaires et démarrer. Reculer environ d’un mètre. Contrôle rétro, clignotant gauche si la voie est libre. Braquer à gauche en portant son regard vers l’avant pour s’assurer d’un dégagement sans toucher le véhicule précédent. Avancer lentement, s’assurer un dégagement suffisant avant de redresser la direction. Porter le regard vers le bout de la rue et contrebraquer pour remettre le véhicule en parallèle avec la chaussée. La manœuvre est terminée lorsque le véhicule participe à nouveau à la circulation.

Bon à savoir

Stationnement interdit — Étant donné qu’il s’agit d’un stationnement au sens du Code, la manœuvre peut être exécutée à un endroit où normalement le stationnement n’est pas autorisé. L’examinateur désigne l’emplacement. Il n’y a donc pas de piège.

Un tour et demi de volant — À titre informatif, la direction compte – en général – 3 tours de volant d’une extrémité à l’autre. Après avoir braqué dans un sens, il suffit de faire un tour et demi dans l’autre sens pour remettre les roues droites.

Orientation des roues — À l’examen, la manœuvre se fait sur une route plate. Les roues doivent être droites. Dans le cas d’une descente, il est bon d’orienter les roues vers le trottoir. Ainsi, si le frein à main lâche ou si la voiture se fait percuter par l’arrière, le véhicule va buter contre la bordure. En côte, si le frein à main cède, c’est l’inverse: les roues sont orientées vers la chaussée. Pour ajouter une sécurité, bien des conducteurs enclenchent la première vitesse. Pour certains, ce n’est pas l’idéal. En cas de choc violent, il est plus coûteux de remplacer un câble de frein qu’une boîte de vitesses.

Ne pas braquer à l’arrêt — Immobilisé, il n’est pas bon pour la direction de braquer les roues – et notamment les rotules – alors que le véhicule ne bouge pas. Mieux vaut avancer/reculer légèrement pour soulager la direction et réduire le frottement des pneus sur le bitume. Ceci est un conseil pour l’usage du véhicule. L’inspecteur n’en tiendra pas rigueur si le stagiaire n’applique pas cette recommandation.

Remonter les vitres — Une fois la manoeuvre terminée, il faut prendre toutes les dispositions comme si on voulait quitter le véhicule. Cela suppose de tirer le frein à main, fermer le toit ouvrant, remonter les fenêtres, verrouiller les portières… Sur certains modèles, les vitres électriques restent fonctionnelles après avoir coupé le contact pendant une minute. Cela vous évite de devoir remettre le contact juste pour une vitre entre-ouverte.

Bloquer le volant — Avant de quitter le véhicule, la colonne de direction peut être verrouillée mais ce n’est pas exigé à l’examen. Néanmoins, c’est un bon réflexe de le faire systématiquement.

Un véhicule derrière — Si un autre véhicule veut se stationner derrière vous, tenez compte de cette situation modifiée. Le cas échéant, repartez.

Reculer avant de repartir — Si l’espace est trop réduit pour quitter l’emplacement d’une traite, ne pas hésiter à reculer. Toucher ou heurter un autre véhicule (ou obstacle fixe) entraîne immédiatement l’interruption de l’épreuve.

La distance avec la bordure — Avant 2006, il fallait ranger son véhicule à – de 30 cm de la bordure. Cela laissait un passage pour le filet d’eau dans la rigole. Actuellement, il n’y a pas de distance précise. Le Code dit « à la plus grande distance possible de l’axe de la chaussée ». Le mieux est de laisser quelques centimètres avec la bordure pour faciliter le départ.

Régler ses rétros avant la manœuvre — Sur certains véhicules, la marche arrière modifie l’inclinaison des rétroviseurs externes. Ils permettent alors de mieux visualiser la bordure. Si le véhicule est équipé de cette aide, elle est autorisée lors de l’examen. En revanche, il n’est pas permis de faire cette adaptation manuelle uniquement pour la manœuvre du stationnement en marche arrière. Seule la modification des rétros en cours de parcours est autorisé.

Selon les véhicules, la taille du miroir peut être plus ou moins grande et permettre de visualiser la bordure sans modifier l’orientation.

large rétroviseur droit
large rétroviseur droit

Manœuvre compromise — Dans l’idéal, l’exercice se fait en deux temps. Si la manœuvre est compromise, ce n’est pas l’échec. L’examinateur attend de l’élève qu’il trouve la façon de se reprendre. Le plus important est de le faire en toute sécurité. Trop proche du trottoir? il faut alors contrebraquer vers le trottoir en marche avant et reprendre en marche arrière. Trop loin du trottoir ? il faut contrebraquer dans l’autre sens. Si l’avant droit risque de toucher l’arrière du véhicule en stationnement – il est aussi permis de recommencer. Cette reprise n’est pas rédhibitoire mais compte à la cotation. Dans ce cas, pas plus d’un essai.

Ouvrir la portière — Il n’est pas permis d’ouvrir la portière pour visualiser l’espace.

Port de la ceinture — Même si le Code autorise le non port de la ceinture en marche arrière, la documentation officielle la préconise pour l’exercice.

Comment savoir si on est à 45°C?

Un angle droit c’est 90°. La bonne inclinaison se forme à la moitié de l’amplitude de l’angle. Le repère c’est la moitié de la vitre arrière.

On peut aussi braquer plus tôt ou plus tard. Au lieu de choisir la moitié de la portière arrière, on choisit le début de la portière. Ainsi, le véhicule va braquer plus rapidement dans l’emplacement. C’est fort utile quand l’espace entre deux est fort réduit. Le devant de la voiture va alors frôler l’arrière du véhicule stationné. On peut également choisir d’un repère plus loin, après le montant entre les deux portières s’il y a suffisamment de place à l’arrière.

repères pour la marche arrière lors du créneau

Les repères, c’est pour les débutants!

C’est une phrase qui revient souvent dans la bouche de conducteurs plus expérimentés. Or, le moniteur s’adresse avant tout à un novice. D’un point de vue pédagogique, il est important de le guider et de lui donner des balises. Quand il aura expérimenté la chose des centaines de fois, il sera alors plus à l’aise avec la manœuvre et pourra la faire au feeling. À noter que chaque moniteur à ses propres repères. À chaque apprenant de trouver ce qui lui convient.

Et le créneau dans tout ça ?

À l’examen pratique, on ne vous demande pas d’effectuer un créneau entre deux véhicules. Le stationnement en ‘S’ est plus simple dans la mesure où l’espace à l’arrière est plus confortable. Inutile donc de contrebraquer trop rapidement. En fonction du moniteur, il peut vous indiquer différents repères visuels à respecter. Un entraînement régulier permet de s’en affranchir. Nicolas, un instructeur expérimenté, ne propose aucun repère pour le stationnement en ‘S’. Ils ont tendance à monopoliser l’attention alors que le regard doit être panoramique. En revanche, pour le créneau, il préconise de braquer à gauche dès qu’on aperçoit les phares de la voiture en stationnement à l’arrière. Les mouvements doivent être plus francs qu’un stationnement en ‘S’ en raison de la réduction de l’espace libre. Le reflet dans la vitre des commerces peut être une aide appréciable pour juger de l’espace disponible avec la voiture de derrière.