En me baladant à Namur, je suis tombé sur un marchand de gyropodes, hoverboards, skates électriques… mais aussi et surtout des trottinettes électriques. Alors je connaissais les trottinettes pour enfants, à classer dans les jouets. Il y a ensuite les trottinettes (sans moteur) pour adultes. C’est assez risible de voir des grandes personnes faire de grandes enjambées pour se déplacer ou de pousser péniblement leur engin dès que la route monte un peu. Soyons honnête, ce n’est ni pratique, ni fiable, ni agréable à utiliser. Ensuite, il y a les trottinettes électriques. Et là, il y en a pour tous les goûts. La surenchère de ces petits monstres électriques avait commencé en France où il y avait un flou juridique sur les limitations de vitesse. Du coup, on pouvait croiser des bolides sans que ça soit explicitement interdit. Depuis 2019, la législation française s’est rangée aux directives européennes. Tout comme en Belgique, les trottinettes électriques sont rangés dans la catégorie des engins de déplacement motorisés (EDM) et ne peuvent dépasser 25 km/h… du moins en théorie. Revenons chez nous.

❖ Du jouet au véhicule de déplacement

Tout le monde s’y est mis. Même les hard-discounters vendent des trottinettes électriques pour 200 ou 300 euros. On est clairement dans de la camelote. On ne peut pas espérer rouler régulièrement et se sentir en sécurité. Là où ça commence à être intéressant ce sont les modèles à partir de 600 euros. Avec ces engins, on vise la multimodalité: on prend la voiture ou le train et on complète son parcours pour se rendre à l’école, au travail avec un peu de trottinette. C’est un investissement mais ça peut être intéressant. Et ceux qui trouvent ça nul, je les invite à les tester gratuitement. C’est très surprenant. Les vendeurs mettent des modèles à disposition pour les essayer directement sur la voie publique. Évidemment, plus on monte dans les prix, plus les engins sont sophistiqués avec un ou deux moteurs, deux amortisseurs, des leds colorés, des freins à disques, une alarme, un compteur…

En voyant tous ces modèles, je me suis demandé quel était l’intérêt de faire des engins imposants, lourds et coûteux si finalement ils vont tous à 25 km/h ? Ou alors j’ai raté un truc sur la classification. En réalité, ce sont bien des EDM et comme l’oblige la réglementation belge, les moteurs sont bridés à 25 km/h (18 km/h autrefois).  Sur les fiches techniques on trouve plein d’infos mais rien sur la vitesse. En revanche, on met l’accent sur la puissance. Évidemment, plus le deux roues est équipé, plus il est lourd et plus il faut de la force pour le mouvoir. Aussi, les constructeurs doivent offrir un produit qui convient aussi bien à un gamin de 55 kg qu’un quadra de 90 kg. Sans parler de la nature du revêtement et du dénivelé.

❖ Des trottinettes bridées

En se penchant sur la définition de l’engin de déplacement motorisé (art. 2.15.2.2°), on évoque une vitesse maximale mais aucune limite de puissance. Comme le confirme le vendeur, tous les modèles sont bridés pour satisfaire à la réglementation… mais rien n’empêche de les débrider. Ah, nous y voilà ! Évidemment, on pourra toujours dire que c’est pour rouler sur circuit fermé, en-dehors de la voie publique ou dans un pays plus laxistes envers ces engins. Et les trottinettistes auraient tort de s’en privé au prix que ça coûte. Trois mille euros pour rouler à 25 km/h c’est cher payé. Le débridage démultiplie la vitesse. On passe de 25 à 40, 50, 70 km/h et plus.

J’ai repris un tableau avec les différentes puissances maximales reprises dans le Code de la route.

véhicule puissance (kW) moteur permis de conduire
Puissance des véhicules à moteur
cycle électrique 0,25 électrique aucun
cycle motorisé 50 cm³ 1 électrique aucun
cyclomoteur classe A 4 électrique aucun
cyclomoteur classe B 4 thermique AM
quadricycle léger 6 thermique AM
speed-pedelec 4 électrique AM
moto max 125 cm³ 11 thermique A1
quad à moteur 15 thermique B
moto 35 thermique A2
moto > 35 thermique A