À Bruxelles, le vol de vélo est surreprésenté par rapport au reste du pays. Sont visés les vélos ordinaires, mais aussi les vélos électriques et notamment les batteries. L’usage de la bicyclette est en augmentation constante et le vol suit la même courbe. La crainte de se faire dérober son bien dissuade beaucoup de personnes. Les chances de le retrouver sont maigres; moins de 5 % pour les vols après déclaration. Or, on sait que la grosse majorité des vols ne sont pas déclarés.

❖ Prendre de bonnes habitudes

Avant de donner des conseils, il est bon de rappeler les fondamentaux; tous les antivols sont faillibles ! Tout va dépendre de la motivation et l’équipement du voleur. Il y a les opportunistes sans équipement particulier et des bandes organisées qui n’hésitent pas à sortir les gros moyens. Grâce à quelques précautions simples, vous pouvez décourager ou retarder le moment du vol. Un cadenas ordinaire se sectionne avec un simple pince. Un cadenas de type boa se coupe à la pince monseigneur. Il n’existe pas de cadenas indestructibles même si certains sont très résistants comme ceux de la marque Kryptonite ou Abus. Tout cède à la disqueuse portative.

Ne laissez pas votre vélo sans verrou sur la voie publique — ou à l’intérieur d’un hall, un centre commercial — même pour un bref instant. Et les voleurs n’hésitent pas à entrer dans les propriétés accessibles comme un hall d’entrée, une cage d’escalier, une cave, etc. La plupart des cycles sont chipés alors qu’ils ne sont pas attachés. Par exemple, le vélo est sorti du garage pour faire un peu de rangement. Notre présence à proximité nous donne ce faux sentiment que le vélo ne peut pas être vélo. C’est justement là qu’il est le plus facile à piquer. Il suffit d’une opportunité et c’est parti ! Mieux vaut être trop prudent que pas assez.

Pour ceux qui laissent leur vélo sur la voie publique, on conseille de l’attacher à un endroit régulièrement fréquenté par des piétons même si les pillards opèrent au culot et en plein jour. Pour les trajets domicile/boulot/domicile, essayez d’avoir un petit coin à l’intérieur du bâtiment verrouillé. Ainsi, votre moyen de locomotion est protégé du mauvais temps et des éventuels voleurs ou vandales. Vous pouvez aussi faire la demande pour le ranger dans un box vélo. Renseignez-vous auprès de Cycloparking. Il en existe dans 17 des 19 communes bruxelloises.

Concernant les cadenas, il y en a tellement qu’il est difficile de tous les énumérer. Référez-vous aux tests comparatifs publiés par les associations de cyclistes¹. Bien souvent, elles recommandent le cadenas en U pour sa robustesse. En effet, il est impossible de le couper à la pince ordinaire ou à la scie à métaux. Évitez d’avoir un cadenas à même le sol. Il est alors très facile de le casser par un coup de masse. Il faut aussi privilégier deux types de verrous différents. Par exemple, le système de blocage de la roue arrière (très fréquent sur un vélo de ville) ne suffit pas car le vélo n’est pas relié à un point fixe. Le cadenas doit de préférence être accroché à la roue avant et sur un support fixe, comme un arceau ou un poteau de signalisation. Il est également important que cette deuxième attache se fasse sur deux points du vélo. Le cadenas passe par la roue avant, fait le tour de l’arceau et se termine par le cadre.

vélo attaché à un arceau
vélo attaché à un arceau, cadenas boa à l’avant et antivol de cadre à l’arrière

Certains malotrus se contentent de voler des pièces du vélo, comme la roue ou plus couramment la selle. Avec un système de fermeture de type papillon, c’est un jeu d’enfant de retirer une selle. Préférez un écrou ou retirez-la systématiquement dès que le vélo est sans surveillance. Ne laissez aucun accessoire détachable comme une pompe à vélo, un bidon, un chronomètre, des LEDs, un smartphone (!), une sacoche accrochée au porte-bagage.


¹ Pro Vélo ou le Gracq à Bruxelles.

❖ Soyez proactif !

Les gens ne sont pas suffisamment sensibilisés à cette problématique du vol. Ils négligent les précautions élémentaires d’un bon cycliste prévoyant. Tout commence dès l’achat de la bicyclette. La première chose à faire quand on acquiert un vélo c’est de prendre des photos: des plans larges, mais aussi des plans serrés sur les différents composants (le dérailleur, les freins, la suspension, la batterie) ou les éléments distinctifs. Scannez votre facture et conservez l’originale précieusement à la maison.

Ce n’est pas tout. Il faut également étiqueter son nouveau bébé. Le sticker Mybike est gratuit et s’appose aisément sur le cadre (de préférence sur une surface plane). Sur l’autocollant, on retrouve le numéro de référence du vélo et un QR Code. La colle est prévue pour s’intégrer parfaitement au cadre après un délai de quelques heures. Il devient difficile ensuite de le décoller sans abîmer le cadre.

étiquette Mybike sur le cadre de vélo
sticker MyBike sur le cadre du vélo

Jadis, on faisait graver le cadre. Selon moi, ce n’est vraiment pas la meilleure solution. Premièrement, la gravure détériore le cadre. Ensuite, le numéro poinçonné est votre numéro de registre national. Cette donnée personnelle ne devrait pas être affichée au regard de tous. Enfin, en cas de revente c’est toujours un peu plus délicat puisque la gravure ne s’efface pas.

❖ Une assurance vélo, utile ?

C’est clair que si votre vélo reste dans votre garage la plupart du temps et que vous ne le sortez que pour deux sorties mensuelles dans les bois, ça ne vaut pas la peine de l’assurer. En revanche, si vous l’utilisez au quotidien et de surcroit dans les grandes villes, une assurance vélo est un atout. Les tarifs sont variables en fonction du type de vélo. Il existe des vélos ordinaires à 300 euros comme il existe des vélos électriques à 3 000 € ou encore des speed-pedelecs. Allez sur les sites des différentes assurances pour faire une simulation. Ethias propose une assurance Bike & More. Dans mon cas, la simulation me propose une assurance de 60 euros par an pour mon vélo de ville d’une valeur de 800 euros.  Elle couvre les blessures éventuelles lors d’un accident (même en tort) ainsi que le vol. Évidemment, cela suppose que vous prenez toutes les mesures pour bien attacher votre vélo et que le cadenas est de qualité. L’assureur exige, en plus de la facture d’achat du vélo, la preuve d’achat d’un cadenas en U, à chaîne ou pliable et labélisé ART 2 étoiles. Lors de la constatation du vol, des photos du cadenas détruit sont un plus. Une déclaration de police est obligatoire ainsi que la remise des deux clés du cadenas (comme ça se fait pour les voitures). Et n’écoutez pas les personnes qui prétendent qu’il faut faire des photos chaque fois qu’on dépose son vélo afin de prouver qu’il était bien attaché à un point fixe !

❖ Que faire en cas de vol ?

Agir au plus vite ! Certains auteurs de vol le font pour se procurer de l’argent. Ils revendent le cycle sur un marché, un réseau social, un site de seconde main, via des connaissances… Les vélos plus coûteux sont généralement destinés à l’étranger pour éviter. Le premier réflexe est de faire une déclaration à la police. Cette procédure peut se faire en ligne. Ensuite, rendez-vous sur Bikebank (anciennement velostrouves.be) pour faire une déclaration. Enfin, il est toujours bon de se rendre sur les pages Facebook de la police locale concernant les vélos volés/retrouvés (« Bruxelles, vélos volés ») et sur les sites de deuxième main. Avec un peu de chance, vous retrouverez votre précieux moyen de locomotion.

Certains vélos électriques sont équipés d’une puce de géolocalisation comme sur les vélos belges de la marque Cowboy. C’est une bonne chose, mais faut-il encore avoir une autorisation judiciaire pour pénétrer dans la propriété privée. Cela peut prendre du temps et le vélo est peut-être déjà parti pour l’exportation. Le même problème s’est posé avec le vélo-appât. Un vélo est équipé d’une balise GPS permettant de le localiser en temps réel pour éventuellement remonter une filière organisée. La pratique est contestable sur le plan juridique, raison pour laquelle le système n’a jamais pris en Belgique.