Voilà un sujet qui fait beaucoup rire les motards. Pour une fois, le législateur a laissé une certaine latitude aux conducteurs de deux roues dans le choix de son équipement. Selon moi, il aurait pu prévoir des protections intégrées, une résistance supérieure à l’abrasion, au frottement et des coutures résistantes au déchirement.   J’ose espérer que les moniteurs de pratique font un maximum pour sensibiliser les élèves aux risques et à l’importance de l’équipement. Le règlement fixe le cadre mais rien d’autre. Un jeune motard fougueux peut échapper à un PV mais une fois au sol ce n’est pas son jeans ou sa chemise qui va lui éviter les blessures aux endroits vulnérables comme les épaules, les coudes, les genoux. Alors oui c’est un budget, oui c’est contraignant mais accessoirement ça protège et ça sauve des vies. À chacun de voir ce qu’il estime utile pour sa sécurité.

On parle bien ici des motos, c’est-à-dire tout véhicule qui dépasse 50 cm³. Ne sont donc pas concernés les cyclomoteurs de classe A ou de classe B. Ces conducteurs ne doivent porter uniquement un casque homologué. Cela dit, il y a moto et moto. Un scooter 125 cm³ peut ressembler comme deux gouttes d’eau à un cyclomoteur mais ça reste catégorisé comme une moto au même titre qu’une Harley même si vous ne dépassez pas les 45 km/h.

❖ En short et en tongs ?

Avant 2011, seul le casque était obligatoire. C’est sans doute très grisant en terme de liberté mais très largement insuffisant pour une protection efficace. Une chute d’un deux roues — même à faible allure — avec pour seule protection le casque peut avoir des conséquences tragiques. En France, en plus du casque les gants sont obligatoires ainsi que le gilet de haute visibilité. En Belgique, depuis septembre 2011, le Code de la route complète l’équipement. L’article 36 fait référence aux casques et vêtements de protection.

Les conducteurs et les passagers de motocyclettes doivent porter un casque de protection (…), des gants, une veste à manches longues et un pantalon ou une combinaison ainsi que des bottes ou des bottillons qui protègent les chevilles. — { Code de la route }

En caricaturant, on pourrait très bien rouler à moto avec un casque de vélo, un anorak, des gants de jardinage ou de cuisine, un jogging et des sneakers hautes. On peut en rire mais certains se baladent vraiment en training et chemise légère. Je ne suis pas certain que ça passe à l’examen pratique du permis de conduire pratique ni en cas de contrôle de la police. On parle bien de vêtements de protection. Certes, il n’y a pas plus de description mais une chemise en flanelle ne vous protège de rien. Outre le risque important de blessure en cas de chute, l’assurance pourrait aussi vous rendre les choses plus compliquées. Concernant le gilet rétroréfléchissant, il est recommandé mais pas obligatoire.

❖ Le casque de protection

Le casque doit répondre à des normes de sécurité. En Belgique, pour être vendu en magasin, il doit être homologué. La marque d’homologation est la lettre “E”. Elle est souvent accompagnée d’un label ECE suivi d’un nombre. Je n’y connais rien en homologation mais ce n’est certainement pas un gage infaillible de qualité. Renseignez-vous auprès des motards et des revendeurs pour vous faire une opinion. Il n’est pas toujours nécessaire de mettre le paquet pour avoir un bon casque. Tout va dépendre aussi de votre usage. Globalement, il y a trois types de casques. Le casque intégral couvre l’ensemble de la tête et du visage. Il est équipé d’une visière amovible. C’est le plus recommandé en termes de protection. Le casque intégral modulable permet de relever la mentonnière. Le casque jet couvre uniquement la tête. Le visage est complètement dégagé. Enfin, les casques d’occasion sont à proscrire (à moins d’avoir une totale confiance dans la personne) car il peut avoir subit un choc important suite à un accident. Le casque peut sembler en bon état mais la coque est déformée et inefficace.

❖ Veste, gants, pantalon, bottes

Un équipement de qualité vous protège de l’abrasion mais il sert aussi de protection contre le froid et les projections. Il n’est pas nécessairement utile d’avoir la totale en cuir si ce sont des petits trajets en ville. Il existe actuellement des modèles relativement confortables qui conviennent à chaque type de motard. En magasin, n’hésitez pas à demander de l’aide pour savoir ce qui vous convient le mieux. Les vendeurs sont souvent des motards aguerris et passionnés.