Lors d’un léger rétrécissement de la chaussée, le signal fixe A7 trouve sa place si le gestionnaire estime que le rétrécissement représente un danger pour la circulation. Ce signal peut aussi être temporaire et amovible pour un obstacle fixe comme le conteneur déposé le long de la chaussée. Sans panneau routier, c’est la règle du croisement (article 15.3): « le conducteur dont la progression est entravée par un obstacle ou la présence d’autres usagers doit ralentir et au besoin s’arrêter pour laisser passer les usagers qui viennent en sens inverse ».

Dans d’autres situations, l’aménagement de la voirie prévoit un rétrécissement pour casser l’allure des conducteurs. Si le rétrécissement se fait d’un côté de la chaussée, la priorité de passage suit la règle générale des manœuvres (art. 12.4). Le conducteur qui rencontre le rétrécissement cède la priorité. Dans une chicane, un pont étroit, ou un rétrécissement des deux côtés de la chaussée par exemple, le gestionnaire de voirie appose les signaux B19 et B21 afin de définir un ordre de priorité. Dans le premier cas, cela aide les conducteurs. Dans le dernier cas, ça évite les hésitations lorsque deux conducteurs arrivent en même temps.

coussin berlinois
coussin berlinois, ordre de passage par B19 et B21

Ces deux signaux routiers vont toujours de pair. Autrement dit, s’il y a le cercle rouge dans un sens, le rectangle bleu se trouve dans l’autre sens. Ils ne peuvent être placés que si la visibilité entre les deux signaux est totale et que le croisement est impossible. Le B21 est généralement placé pour celui qui a le moins de visibilité.

❖ Des signaux de priorité malgré leur forme

À l’origine, la catégorie des signaux de priorité n’existait pas. Il n’y avait que les signaux de danger et d’interdiction. Le B19 se trouvait classé dans les interdictions et le B21 dans les signaux de danger. La catégorie des signaux relatifs à la priorité a vu le jour plus tard. Le législateur a choisi d’intégrer ce duo dans ce nouveau classement. Cela peut parfois créer la confusion dans l’esprit des jeunes apprenants en raison de leur forme.

❖ Des signaux orientés dans le mauvais sens

On le sait, les signaux de priorité ont des formes particulières (triangle sur pointe, octogone, losange). Il y a des exceptions comme les B19 et B21. L’un a l’apparence d’un signal d’interdiction (cercle rouge sur fond blanc) et l’autre celle d’un signal d’indication (rectangle sur fond bleu). La définition est la même pour les deux: passage étroit. Ensuite, on précise sa fonction selon la priorité. Le premier (B19) oblige de céder le passage aux conducteurs venant en sens opposé alors que le second (B21) donne la priorité aux conducteurs en sens opposé. On pourrait s’en tenir à ça mais les symboles des flèches descendante et montante colorée donne du fil à retordre aux élèves. En théorie, ils ne devraient se soucier que de la forme du signal et pas des flèches. Pourtant, les responsables de la signalisation ne sont pas toujours très attentifs au respect des règles.

Dans l’exemple ci-dessous, le signal est mal orienté et le message est contradictoire. Placées dans le mauvais sens, les flèches s’opposent à la définition et induisent donc des erreurs d’interprétations dans le chef des conducteurs.  Le responsable du chantier s’est concentré sur le placement des signaux mais sans vérifier la couleur des flèches. Elles sont malheureusement à l’envers. Dans un tel cas, les signaux ne sont plus “réguliers dans la forme” comme l’impose le règlement (cf. art.5) et sont donc caduques. C’est donc la règle générale (article 15.3) qui s’impose alors que l’idée était d’inverser la priorité pour permettre aux véhicules – dont la chaussée est entravée – d’être prioritaires dans une situation où la visibilité sur le trafic en sens opposé est très mauvaise.

b19 à l'envers
B19 placé au bon endroit mais les flèches sont à l’envers
b21 à l'envers
b21 placé au bon endroit (moins de visibilité) mais les flèches sont à l’envers