Une voiture électrique se meut grâce au courant fourni par une batterie. Elle convient avant tout pour la ville. On peut citer la Tesla, la Renault Zoé, la Toyota Prius, la Nissan Leaf. De plus en plus de constructeurs se lancent dans ce type de motorisation. En 2018, la place de ces voitures représente à peine 0,2 % du marché automobile belge, mais les constructeurs automobiles misent sur cette alternative. En témoignent les nouveaux modèles exposés au salon de l’Auto 2020 au salon du Heysel.

Selon moi, l’orientation vers des véhicules électriques est complètement absurde. Les constructeurs, tout comme le gouvernement, sont en train de nous faire croire que c’est l’avenir. Face à un problème majeur, on vient nous dire que plutôt que de consommer moins, la technologie va nous venir en aide et on pourra continuer à garder un niveau de vie élevé et confortable. Chacun sa petite voiture zéro émission et tout ira bien. C’est un leurre qui ne durera pas. Une fois que la folie humaine aura exploité toutes les ressources de la Terre, il ne restera plus rien.

❖ Les avantages de la voiture électrique

Son atout majeur est son émission quasi nulle de CO2. C’est évidemment un argument marketing, mais c’est vite oublier que pour produire du courant, il faut bien souvent des énergies fossiles. Mais restons dans les agréments. La voiture électrique est douce à l’utilisation et donne de bonnes performances notamment dans les reprises. Les recharges sont peu coûteuses; 2 à 3 euros aux 100 km en heures creuses. En Flandre, une prime d’achat de 2 000 à 4 000 euros est proposée en fonction des modèles et les taxes sont fortement réduites.

❖ Les inconvénients

Prix d’achat — Un prix d’achat élevé. Il faut compter 25 000 € pour une citadine de base. On peut espérer une baisse du prix si la part de marché des véhicules électriques augmente. La Chine a déjà commencé en 2020 à produire en masse des véhicules abordables.

Énergie propre ? — Le bilan écologique est catastrophique si on considère toute la chaîne de production: de l’extraction des matériaux au recyclage des batteries. Les matériaux de base sont issus de l’industrie du charbon et le raffinement fait appel à des matières très toxiques. Elles ont besoin de métaux rares limités comme le nickel, le cuivre, le lithium et surtout le cobalt.

Durée de vie des batteries — La batterie est une technologie en constante évolution. Que vaut une batterie de plus de 8 ans d’âge ? L’autonomie de la batterie est un autre point noir. Elle oscille entre 250 à 400 km, mais on n’est souvent loin du compte en pratique. Elle dépend notamment du type de conduite (sportive, économique), de la météo (hiver, été), du parcours (urbain, autoroute), de la topographie (plat, dénivelé). Dans le cadre d’un trajet domicile/travail, l’électrique est intéressant mais dès qu’on sort de ce cadre, le problème de la recharge se pose.

Temps de recharge — Le plus gros défit de l’électrique est certainement celui-là: comment faire le plein en un minimum de temps. Une recharge par secteur (2,5 kW/h) est possible, mais décourageante. Pour une Hyndai Kona, il faut compter 42 h de recharge. L’installation d’une charge rapide (50 kW/h) réduit considérablement ce temps. Certaines avancées montrent que la technologie (notamment les batteries au graphène) sera capable de faire face à ces défis.

Réseau domestique — À l’heure actuelle, 88 % du territoire bruxellois est encore équipé de l’ancienne technologie monophasée à 220 volts qui date des années 60. Depuis, rien n’a été fait pour les améliorer. Il faut 12 à 24 heures pour charger une Tesla. Peu de gens le savent, mais le débit affiché est le flux maximum disponible. C’est une valeur théorique disponible dans les meilleures conditions. Sans compter que certains modèles (Smart, Renault Zoe) ne se branchent pas sur les bornes lentes monophasées. Sans avoir recours au nucléaire, peut-on raisonnablement penser que l’offre sera à la hauteur alors qu’il est déjà aléatoire pour le moment ?

Et si l’électrique se démocratise, il faut encore trouver une solution pour les habitants d’un immeuble, sans garage.

Câbles de recharge – Les technologies ne cessent d’évoluer et on se trouve avec une panoplie de prises différentes. Pour recharger sur le réseau public, il faut d’abord connaître le type de prise de votre véhicule. Ensuite, voir si celui de la borne est compatible. Sans omettre de ne pas dépasser l’ampérage maximum du véhicule. Il faut avoir la bonne prise et/ou le bon câble.

Les bornes de recharge — Le nombre de bornes électriques est insuffisant en Belgique. La grande majorité se trouve en Flandre. Le dernier gouvernement 2020 essaye de rattraper son chemin en installant des bornes un peu partout (cf. carte interactive ChargeMap). L’Europe n’est pas mieux lotie. Dans ces conditions, il est difficile de planifier un voyage en toute tranquillité.

Freins et pneus plus polluants — L’objectif des mesures restrictives envers la voiture vise à l’amélioration de la qualité de l’air dans les grandes villes. Pourtant, il y a deux éléments plus toxiques que les émissions de CO2: les particules de frein et les déchets entraînés par les pneumatiques.

Taxation — Il est fort à parier que la taxation suivra la demande. En France, les acheteurs d’un véhicule électrique bénéficient d’un bonus (réduction à l’achat), mais cet incitant ne sert qu’à encourager au changement.

Full électrique ? Les motorisations à combustion actuelles sont fort critiquées d’un point de vue écologique. Il n’en reste pas moins qu’elles ont fait leurs preuves. Elles sont fiables depuis des dizaines d’années. Le futur semble plutôt s’articuler entre des véhicules électriques et des motorisations diesel. Pas certain que tout ce beau monde d’experts abandonne ce modèle pour se convertir rapidement à l’électrique.