La STIB relance ponctuellement des campagnes de sensibilisation pour rappeler la priorité du tram sur le reste des usagers. Il est vrai que les trams sont exempts du respect du Code de la route (cf. art. 1). Ils ne peuvent évidemment pas tout faire mais la communication préfère s’articuler autour d’un même slogan pour marteler aux usagers (conducteurs et piétons) qu’ils doivent céder le passage aux trams. Au moins c’est clair pour tout le monde.

Notons au passage que cet article 1 vaut uniquement pour les véhicules sur rails empruntant la voie publique et aucunement les bus qui doivent eux respecter le Code.

Pourquoi le tram a-t-il la priorité ?

La priorité leur est donné tout simplement parce qu’ils circulent sur des rails et par conséquent ne peuvent éviter un danger en le contournant comme le ferait n’importe quel autre véhicule. Ces engins sont relativement lourds. À titre d’indication, si une voiture pèse un peu plus d’une tonne, un T2000 pèse 33,7 tonnes et 51,8 tonnes pour un T4000 (les plus longs) sans voyageurs. N’étant pas soumis aux limitations de vitesse, ils peuvent tout de même atteindre des pointes de 70 km/h. En rapport à leur poids et au système de freinage particulier, les distances de freinage sont étendues à fortiori lors de conditions climatiques humides ou la chute de feuilles.

Les tramways ont-ils tous les droits ?

La question est volontairement provocatrice. Évidemment, la réponse est négative mais l’actualité nous laisse parfois penser le contraire. J’en veux pour preuve cet accident en février 2015 où une fillette se fait happée par un tram. Réaction de Françoise Ledune, porte-parole de la STIB: « Le fait que le tram a toujours priorité c’est une disposition du Code de la route. ». Nulle part, on ne trouve une telle formulation ! [Au mieux, l’article 12.1 stipule que les usagers doivent céder le passage aux véhicules sur rails.] Ce message de priorité absolue est pourtant distillé à chaque occasion dans les médias. Le fond de vérité est que le Code a donné aux trams plus d’importance en termes de priorité par rapport aux autres usagers en raison de sa nature (engin lourd, aucune possibilité d’éviter un obstacle…). Cela ne veut pas dire qu’ils ont toujours priorité et certainement pas qu’ils peuvent tout se permettre.

Les conducteurs de trams doivent sont tenus de respecter une réglementation qui leur est propre, à savoir l’arrêté royal du 15 septembre 1976 portant sur le règlement des trams, bus, métro. Quelques exemples.

  • obéir aux injonctions des agents qualifiés
  • céder le passage aux véhicules prioritaires
  • ne pas couper des groupes d’enfants guidés notamment par un surveillant habilité
  • respecter les feux de circulation, etc.

Outre ces dispositions, l’article 27§2 précise: « Le conducteur est tenu de ralentir ou d’arrêter son véhicule lorsqu’il y a danger. ». Cela semble logique – a fortiori lorsqu’on est un service public de transport en commun – de ne pas mettre en danger la sécurité de tout usager quand bien même il serait en tort.

Une meilleure signalisation

Afin de rendre ces passages plus visibles et de mieux informer les usagers, le réseau a mis en place des marques routières, des affichettes et une série de panneaux “Priorité au tram” aux croisements avec les piétons. Si les piétons peuvent ignorer la signalisation, ils ne peuvent échapper à ces encarts de couleur qui a pour vocation d’être visible. Or, on se rend compte que le message n’est pas tout à fait clair puisque les piétons pensent que ce marquage rouge a été peint pour les protéger eux et mettre en garde les autres conducteurs. L’effet souhaité est donc contre productif.

céder le passage au tram