Une fois le permis théorique réussi, vous recevez une attestation. L’administration communale vous donnera un permis provisoire. Avant novembre 2018, il existait que deux filières. La filière libre permet de rouler accompagné d’un guide nominatif pendant maximum 36 mois (PCP36). Une solution bon marché mais il faut un véhicule à disposition et une personne expérimentée disponible. La filière auto-école offre l’avantage au candidat de rouler seul directement après les 20 h de cours pratique dans une auto-école agréée (PCP18).

❖ Quatre filières de formation

1. Filière libre (PCP 36 mois)

  • réussite de l’examen du permis de conduire théorique ⇨ attestation
  • remise de l’attestation à la commune pour obtenir le permis provisoire
  • stage de min. 9 mois et max. 36 mois avec un ou deux guides nominatifs
  • formation aux premiers secours
  • road-book 1.500 km
  • réussite du test de perception des risques et réussite de l’examen pratique

2. Filière mixte 14 h

  • réussite de l’examen du permis de conduire théorique ⇨ attestation
  • remise de l’attestation à l’auto-école
  • 14 h de conduite minimum avec moniteur et approbation
  • remise des attestations de réussite aux examens à la commune pour obtenir le PCP
  • formation aux premiers secours
  • stage min. 6 mois et max. 36 mois, tenue d’un journal de bord
  • réussite du test de perception des risques et réussite de l’examen pratique

3. Filière auto-école (PCP 18 mois)

  • réussite de l’examen du permis de conduire théorique ⇨ attestation
  • remise de l’attestation à l’auto-école
  • 20 h de conduite min. avec moniteur ⇨ certificat d’aptitude
  • remise des attestations de réussite aux examens à la commune pour obtenir le PCP
  • depuis novembre 2018, formation aux premiers secours
  • stage min. 3 mois et max. 18 mois, tenue d’un journal de bord 1.000 km
  • réussite du test de perception des risques et réussite de l’examen pratique

4. Filière directe

  • réussite de l’examen du permis de conduire théorique ⇨ attestation
  • remise de l’attestation à l’auto-école
  • 30 h de conduite min. avec moniteur ⇨ certificat d’aptitude
  • remise des attestations de réussite aux examens à la commune pour obtenir le PCP
  • formation aux premiers secours
  • pas de stage, pas de journal de bord
  • réussite du test de perception des risques et réussite de l’examen pratique
Vous n’êtes pas autorisé à circuler sans votre permis provisoire même avec cette attestation. Vous risquez une amende de 60 à 3.000 € et un risque de déchéance pour conduite sans être porteur d’un permis de conduire valable !

❖ L’examen pratique: conditions

Il faut avoir au minimum 18 ans au moment de passer l’examen. Chaque candidat est libre de choisir le centre d’examen: Schaerbeek ou Anderlecht. Il doit être en possession de l’attestation de réussite de l’examen théorique pour la Région Bruxelles-Capitale (valide 3 ans) et des documents concernant son stage et/ou son apprentissage (attestation d’enseignement, journal de bord, l’attestation des premiers secours, le document de réussite¹ du TPR…). Le véhicule est celui de l’auto-école âgé au maximum de 5 ans et d’un contrôle technique périodique semestriel. L’instructeur ou le stagiaire instructeur accompagne le véhicule. Pour la filière libre, le candidat et son guide se présentent habituellement avec un véhicule privé en ordre de marche, en bon état et propre. Il doit avoir 4 roues, au moins trois places, un habitacle et atteindre au moins la vitesse de 10 km/h sur une route en palier. Il faut avoir la preuve d’assurance, le certificat d’immatriculation, le certificat de visite au contrôle technique et le permis provisoire (si pas filière directe). Le véhicule doit être propre.

Chaque présentation à l’épreuve pratique (ou TPR) coûte 36 euros.


¹ Il faut au minimum 60 % pour réussir.

❖ L’examen pratique: l’épreuve

Avant d’aller sur la voie publique, le candidat doit passer son test de perceptions des risques¹. Une fois réussi, il peut passer à l’épreuve sur la voie publique. Elle dure au maximum 40 minutes. Dans le véhicule se trouvent le candidat, son guide ou un moniteur (ou le stagiaire), l’examinateur. Il peut y avoir éventuellement un interprète et plus rarement un inspecteur du Ministère.

L’examen prend fin si le candidat est incapable de conduire, conduit de manière dangereuse ou en cas d’intervention de l’instructeur ou du guide.


¹ Après deux échecs à l’examen pratique ou après deux échecs au TPR ou après un échec au TPR et un échec à l’examen pratique, le candidat est obligé de prendre 6 h en auto-école agréée.

❖ Le protocole

En France, l’examinateur remplit une grille d’évaluation appelé « Bilan de compétences ». Ce document complété est donné aux élèves après l’examen. Cela permet de se rendre compte de ses erreurs. De nombreux moniteurs utilisent ce document pour faire des examens blancs en préparation de l’épreuve pratique. En Belgique, c’est le flou artistique. On parle souvent du protocole, c’est-à-dire des règles à suivre, à respecter. On retrouve les points précis dans l’article 3.2.2 de l’arrêté du gouvernement de Bruxelles-Capitale du 29/03/18. J’ai repris quelques critères d’évaluation:

  • Insertion et sortie d’autoroute.
  • Dépasser et croiser.
  • Maîtrise du véhicule: rétroviseurs, feux, pédales, boîte de vitesse, ceinture de sécurité, appuie-tête, siège, direction.
  • Ecoconduite.
  • Position correcte sur la route, les bandes de circulation, le ronds-points et dans les virages, en fonction du type et des caractéristiques du véhicule.
  • Maintient d’une distance suffisante à l’avant et à côté du véhicule.
  • Conduite indépendante.
  • Les manoeuvres: demi-tour dans une rue étroite et stationnement derrière un véhicule.
  • Les contrôles préalables: régler le siège du conducteur, les rétroviseurs, la ceintures de sécurité, l’appui-tête, contrôle aléatoire de l’état des pneus, des freins (!), de la direction, des fluides, des feux, de la ventilation, des indicateurs de direction et de l’avertisseur sonore.

L’évaluation porte sur 12 points précis:

  1. utilisation du véhicule
  2. place sur la chaussée
  3. virages
  4. croiser et dépasser
  5. changer de direction
  6. priorité
  7. signaux lumineux et injonctions
  8. vitesse et sens du trafic
  9. comportement vis-à-vis des autres usagers de la route
  10. conduite défensive
  11. conduite indépendante
  12. manoeuvres

Chaque rubrique est évaluée avec les mentions suivantes: « satisfaisant », « réserve », « insuffisant » ou « mauvais ». Il y a échec à l’examen dans plusieurs situations: une évaluation mauvaise, deux rubriques insuffisant, une rubrique insuffisant et deux réserve ou quatre rubriques réserve. Le candidat peut également échouer s’ils commet des erreurs de conduite ou un comportement dangereux qui mettent en cause la sécurité immédiate du véhicule d’examen, de ses passagers ou des autres usagers de la route (cf. « Les fautes graves éliminatoires).

Les documents du Ministère restent confidentiels et ne sont remis à l’élève qu’après la prestation. Le document reprend les éventuelles mentions d’évaluation et l’examinateur explique oralement les choses à améliorer ou à corriger.

L’examinateur reste le seul maître de sa décision. Dans une certaine mesure, il peut y avoir une interprétation personnelle sur des situations ambigües mais qui ne présentent pas un danger pour la sécurité. Pour une même situation, on peut avoir un avis différent en fonction du contrôleur.

Contrairement à ce qu’on peut entendre, il n’y a pas de connivence entre instructeur et examinateur. Certes, il y a des affinités mais il serait très mal venu de vouloir influencer d’un côté comme de l’autre la décision finale. La seule solution pour l’élève tout comme le moniteur, c’est de faire recours administratif. C’est assez compliqué à entreprendre à moins que l’inspecteur ait déjà eu plusieurs réclamations. En théorie, il existe des inspecteurs du Ministère en charge de vérifier le respect des procédures et l’objectivité de l’examinateur. Il faut bien reconnaître qu’ils sont extrêmement rares, voire inexistants.

❖ Examen raté plusieurs fois

Après deux échecs successifs à l’examen pratique (c.à.d. deux échecs au test de perception des risques OU deux échecs à l’épreuve sur la voie publique OU un échec au test de perception des risques et un échec à l’épreuve sur la voie publique), il est obligatoire de suivre une formation de 6h de cours pratiques en école de conduite agréée et de présenter le certificat d’enseignement pour pouvoir présenter l’examen une nouvelle fois. Les cours suivis avant les 2 échecs ne seront pas pris en considération. Le nouvel examen sur voie publique devra être présenté avec l’école de conduite.

parcours de l'examen pratique pour le permis de conduire

Pour plus d’infos sur les centres à Bruxelles, consultez le site Autocontrole.be ou Securiteautomobile.be (en remplacement du Goca) ou encore le site de Bruxelles Mobilité.  Pour la Wallonie, il faut se rendre sur l’AIBV.