La question mérite d’être posée tant les avis divergent. Même au sein des moniteurs, on n’a pas le même son de cloche. C’est embêtant… surtout pour l’élève.

Rappel utile: le cycliste est un conducteur à part entière quand bien même son encombrement sur la route est relativement faible et qu’il roule à vitesse réduite. Lorsqu’on se propose de dépasser un cycliste par la gauche, on effectue un mouvement. La manière de l’effectuer est détaillée dans le Code. Après avoir pris les précautions utiles, le conducteur qui souhaite dépasser doit indiquer son intention suffisamment à temps à l’aide du clignotant. Dans la vie courante, ce premier signalement est rarement respecté surtout si le dépassement n’entraîne aucun déplacement latéral sur un chaussée large sans bandes de circulation. Sur ce point, les moniteurs font respecter les consignes.

Là où le bât blesse c’est pour le second clignotant; celui du rabattement. Les instructeurs sont nombreux à ne pas l’exiger. Il n’aurait pas la même importance. Dans la première partie du mouvement, le conducteur suiveur est averti du danger potentiel. Il remarque la présence du cycliste. Inutile ensuite d’activer son feu droit surtout si aucun déplacement latéral n’est effectué. C’est vrai que sur les grands axes où la chaussée ne se trouve pas divisée en bandes de circulation, il paraît dérisoire d’être aussi procédurier. Et pour peu que les ‘obstacles’ se suivent, l’élève finit par clignoter continuellement. Et pourtant…

Le Code oblige les conducteurs à en faire usage. Il n’est pas question de choisir entre l’un ou l’autre mais d’appliquer la règle. Et s’il y a bien UNE personne pour rappeler les fondamentaux, c’est le moniteur ! Accessoirement, c’est toujours utile à l’examen pratique. Un inspecteur pointilleux pourrait tiquer de l’œil et faire remarquer cet ‘oubli’. Ce n’est pas une critique éliminatoire mais cela fait partie de la matière à maîtriser: technique, respect du Code de la route et conduite défensive.

Occupation de l’espace

J’ai parlé de l’encombrement du cycliste sur la chaussée. Dans l’article sur le dépassement, on stipule que le conducteur doit s’écarter autant que de besoin du conducteur à dépasser (art. 16.5). On suppose que cela concerne les véhicules en mouvement qui circulent sur une même partie de voie publique. C’est le cas d’un cycliste sur la chaussée, un cycliste sur une bande cyclable mais pas un cycliste sur une piste cyclable. Cela ne veut pas dire que le conducteur est autorisé à frôler un deux roues sur une piste cyclable marquée ou surélevée. Dans ce cas, on se réfère aux généralités de l’art. 40ter. Le conducteur doit laisser une distance latérale d’au moins 1 m entre son véhicule et le cycliste. Cela concerne le dépassement, le croisement et peu importe l’occupation sur la voie publique (piste ou bande cyclable). Ce mètre est une distance de sécurité vis-à-vis des usagers en équilibre et directement exposés à différentes variables: mauvaises conditions climatiques, état de la route et son encombrement, aménagement des lieux, etc. De plus, un cycliste prudent se tiendra à 1 bon mètre du bord droit de la chaussée, surtout si le bord est réservé au stationnement. En sachant que la largueur moyenne d’un cycliste fait 0,75 m, son espace occupe pratiquement 3 m sur la chaussée. Il ne s’agit donc pas simplement de le dépasser en le frôlant mais de s’assurer qu’il ne court aucun danger.

Cycliste, espace de sécurité