Abrégé en SUL, le Sens Unique Limité permet aux cyclistes de circuler dans les deux sens d’une rue à sens unique. Dans un sens, la rue se trouve annoncée par le signal voie à sens unique (F19) et du panneau additionnel M4 représentant une bicyclette. De l’autre côté de cette même rue se trouve placé un sens interdit pour tout conducteur (C1) et un panneau M2 autorisant les cyclistes à circuler.

Le SUL est d’application depuis janvier 1991. Contrairement à l’avis de certains automobilistes, la circulation se fait sans encombre et les accidents y sont moins fréquents. En 2013, sur 992 accidents impliquant un cycliste, seulement 12,7 % s’est produit dans un SUL et 4,7 % dans le concerne autorisé (source: Via Secura n°89, pp. 18-19). Voici les principaux types d’accidents:

  1. ne pas avoir cédé la priorité (dans le chef des deux usagers) en carrefour
  2. le mauvais positionnement des usagers impliqués en carrefour
  3. un véhicule virant en carrefour, coupant la trajectoire du cycliste venant en sens opposé
  4. une sortie d’un emplacement de stationnement en section
  5. des piétons traversant en section (chaussée de Gand !)

À Bruxelles, les SUL sont monnaie courante. D’ailleurs, cet aménagement de la voirie est obligatoire par les communes depuis le 1er juillet 2004 par arrêté ministériel du 18 décembre 2002. La mise en place doit respecter certaines conditions: vitesse maximale autorisée de 50 km/h, passage libre de la chaussée d’au moins 3 m (hors stationnement) et ne pas présenter un danger. En Wallonie, les communes sont à la traîne à ce niveau et notamment Charleroi pour ne citer que cette grande ville. Dans le contexte actuel où la mobilité des grandes villes est un véritable problème, il semble important de s’y intéresser.

Le SUL a pour but de promouvoir la pratique du vélo en offrant aux cyclistes des itinéraires plus sûrs (trafic dense, vitesse des véhicules) et sans détour en raison des nombreuses rues à sens unique. Il stimule donc les déplacements alternatifs non polluants. Au niveau de la circulation, le cycliste en contre-sens peut établir rapidement un contact visuel avec l’automobiliste. Les deux peuvent prendre les dispositions nécessaires pour ne pas se gêner. L’automobiliste doit laisser 1 m de distance entre son véhicule et le vélo. Dans ce cas de figure, l’automobiliste se trouve du côté ou s’effectue le croisement et peut donc mieux évaluer les distances. De même, le cycliste doit veiller à garder 1 m de distance avec les véhicules en stationnement à sa droite ou par rapport au bord droit de la chaussée.

Quelques conseils

Comme je l’ai déjà indiqué, les cyclistes sont autorisés à circuler en sens opposé uniquement si les signaux correspondant sont apposés. Dans certains cas, ces signaux sont complétés par un marquage au sol comme un début de piste cyclable mais c’est nullement une obligation du gestionnaire de voirie. Ce marquage ne peut à lui seul définir un SUL.

Signaux et panneaux du Sens Unique Limité

Les cyclistes autorisés sortant d’un sens interdit garde leur priorité par rapport aux conducteurs du carrefour. La priorité de droite est donc toujours d’application. Les automobilistes – mais aussi les cyclistes ! – doivent être particulièrement prudents à l’approche des rues à sens unique. C’est surtout le cas en agglomération.

Certaines rues à haut trafic donnent du fil à retordre aux cyclistes circulant en sens inverse. Les conducteurs venant des rues adjacentes n’ont pas l’habitude de vérifier dans les deux sens avant de s’engager. Il en va de même pour les piétons qui croisent la chaussée sans jeter un œil derrière eux avant de traverser. Ils sont loin d’imaginer qu’ils peuvent être une gêne ou une source d’accident avec les véhicules silencieux qui les suivent.

Comme le prévoit le Code, les cyclistes peuvent rouler à deux de front en agglomération pour autant que le croisement est possible. Cela dit, je vous conseille vivement de rouler en file indienne en raison du risque d’ouverture de portière inopiné des véhicules en stationnement. Il est plus difficile de faire un écart d’urgence avec un autre cycliste à sa gauche.

Je crois savoir qu’en France le SUL est appelé “double sens cyclable” (DSC).