Le Code de la route utilise souvent cette expression: « l’allure du pas ». Si on se doute que ça ne va pas bien vite, la jurisprudence, les tribunaux ont-ils déjà eu à définir une vitesse ? Il faut bien à moment convenir d’une moyenne, d’une limite qui permettrait de trancher. Un jeune homme en bonne santé et sportif est plus vigoureux qu’un enfant ou qu’une vieille personne.

Cette notion est reprise à plusieurs reprises dans le Code. Quelques exemples.

– « L’utilisateur d’un engin de déplacement qui roule à une vitesse qui ne dépasse pas l’allure du pas n’est pas assimilé à un conducteur. » (art. 2.15.2)

– « Dans ces zones [piétonnes], les piétons peuvent utiliser toute la largeur de la voie publique. Les conducteurs qui sont admis à y circuler doivent le faire à l’allure du pas. » (art. 22sexies.2)

– « En passant près d’un obstacle que les piétons doivent contourner en empruntant la chaussée, les conducteurs doivent laisser un espace libre d’au moins 1 mètre le long de cet obstacle. Si cette condition ne peut être respectée et si un piéton circule à hauteur de l’obstacle, le conducteur ne peut longer l’obstacle qu’à l’allure du pas. » (art. 40.6)

Tous ces articles concernent les conducteurs ou les assimilés conducteurs. On ne précise rien sur l’allure du piéton. Parfois, on peut remarquer des personnes se presser sur le passage pour piétons pour ne pas gêner la circulation. C’est bien aimable de leur part mais ce n’est nullement une obligation. Chacun va à son rythme et c’est bien normal. On ne peut imaginer une vieille dame, un homme lourdement chargé, une personne handicapée devoir se presser. Le Code fait référence à une ‘allure normale’ (art. 40.4.1) pour traverser la chaussée. Elle dépend de chacun. Certains courent volontairement et d’autres avancent plus lentement.

Dans cette palette d’individus aux motivations diverses, on distingue généralement trois catégories en milieu urbain.

  • un enfant, une personne âgée: 1 à 3 km/h
  • un adulte: 4 à 6 km/h
  • un jogger: 12 à 15 km/h

L’allure du pas varie donc de 1 à 15 km/h. De ces données, on a gardé deux valeurs: la vitesse moyenne sur un passage pour piétons (1 m/s ou 3,6 km/h) et celle observée ailleurs sur la chaussée (1,2 m/s ou 4,32 km/h).

Quelle est alors la vitesse retenue pour les conducteurs obligés de respecter l’allure du piéton ? Pour faire simple, les formateurs parlent d’une vitesse de ± 5 km/h. Cette valeur est d’ailleurs reprise en jurisprudence. Comme toujours, il s’agit là de définir une limite théorique. L’automobiliste ne va pas zieuter son compteur numérique pour être certain d’être à la bonne allure. Il a alors une référence chiffrée, à lui ensuite de s’adapter à son environnement et aux circonstances. La conduite défensive c’est surtout prévoir ce qui pourrait se passer. Et si le piéton devant lui sur la chaussée se mettait à changer de trajectoire. Serait-il capable d’anticiper ? L’esprit de la loi vise à protéger tous les usagers et a fortiori les plus vulnérables, c’est-à-dire ceux qui sont directement exposés au danger.