Carine m’écrit. Elle est commerciale pour une grande marque automobile. Dans son travail au quotidien, elle est amenée à faire de la prospection à travers la capitale. Pour cela elle utilise un véhicule de société. Il lui sert également d’objet publicitaire du dernier modèle de la marque. Elle n’a donc pas une plaque d’immatriculation fixe, ni un véhicule attitré. Elle déplore que des véhicules communaux viennent occuper la zone bleue, là où elle pourrait ranger son véhicule. Puisque ces camionnettes d’ouvriers disposent d’une dérogation, elle trouve qu’ils devraient plutôt se stationner en zone verte. Cela permettrait à d’autres, comme elle, de profiter des deux heures gratuites du stationnement à disque.

Je comprends la position de Carine. Il est toujours plus intéressant de stationner gratuitement surtout dans des zones à cheval entre deux réglementations. Cela étant, tous ces véhicules se trouvent sur la voie publique. Par définition, la voie publique est ouverte à quiconque, peu importe sa motivation, sa raison, son statut, sa détention d’une carte ou d’un privilège… Il n’y a aucune règle si ce n’est celle du premier arrivé, premier servi. En règle générale, les personnes se stationnent le plus près possible de leur destination. Les ouvriers ont certainement un local à proximité. Il semble impensable de commencer à réfléchir à qui pourrait servir au mieux les zones. Où doit se ranger un médecin avec une carte de dérogation, un agent de police en visite, un technicien en intervention, le quidam de passage… ? Aussi, il serait saugrenu de demander aux riverains de la rue de bien vouloir mettre leur automobile dans les rues avoisinantes, en zone payante. Tout comme on ne demande pas aux personnes en possession d’un garage de ne pas se stationner sur l’espace public mais dans leur emplacement privé. La voie publique est à tout le monde et chacun y stationne comme bon lui semble.